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9
mai
2016

Afrique du Sud : une université abandonne l’afrikaans (la langue du colon) pour l’anglais

La prestigieuse université sud-africaine de Stellenbosch enseignera désormais en anglais. Après des mois de contestation, les étudiants ont obtenu l’abandon de l’afrikaans, la langue de la minorité blanche instaurée par l’apartheid.

C’est une décision très symbolique qu’a prise la grande université sud-africaine de Stellenbosch. Cédant à la pression de ses étudiants, elle a officiellement décidé du fait que désormais, les cours ne seront plus donnés en afrikaans mais en anglais. L’afrikaans est une langue germanique issue du néerlandais qui était parlée par la communauté blanche durant l’apartheid.

« Considérant que l’anglais est la langue la plus communément parlée en Afrique du Sud, tous les enseignements à l’université de Stellenbosch seront donnés en anglais », a annoncé la direction de l’université dans un communiqué. L’université de Stellenbosch, qui a formé plusieurs théoriciens de l’apartheid, « reste engagée à promouvoir l’afrikaans » comme langue optionnelle d’enseignement, a cependant précisé le communiqué.

Un long combat pour faire tomber les signes et outils de l’apartheid

Cette décision intervient après des mois de vives protestations estudiantines à Stellenbosch contre l’utilisation de l’afrikaans comme langue principale d’enseignement qui, selon les manifestants, désavantageait les Noirs. Les étudiants dénonçaient aussi le racisme et l’absence de transformation raciale de l’université, 21 ans après la fin officielle du régime d’apartheid.

L’afrikaans, « outil d’exclusion et d’oppression », est remplacé par « une langue partagée par tous en tant que langue officielle », s’est réjoui le groupe « Open Stellenbosch », à la tête du mouvement de protestation. Il s’agit « d’une victoire significative dans notre lutte pour l’accès à l’éducation », a-t-il ajouté.

« Nous nous souvenons de ceux qui, pendant les longues années de lutte contre l’apartheid, sont morts pour que cela devienne possible, en particulier les étudiants de 1976 », a-t-il encore dit dans un communiqué. Cette année-là, les jeunes de Soweto, un immense township de la banlieue de Johannesburg, s’étaient rebellés contre la volonté du gouvernement d’apartheid d’introduire l’afrikaans comme principale langue d’enseignement au lycée.

Une mobilisation nationale qui sait se faire entendre

La victoire cette semaine des étudiants de Stellenbosch s’ajoute à celles remportées plus tôt cette année en Afrique du Sud. En avril, à l’université du Cap, les étudiants avaient obtenu que la statue du colonisateur Cecil Rhodes soit déboulonnée du campus.

Le mois dernier, un mouvement national avait forcé le gouvernement à geler pour 2016 l’augmentation des frais de scolarité pour les universités, une hausse qui aurait surtout affecté les étudiants noirs les plus pauvres.

Source : Le Figaro Etudiant



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