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23
mai
2016

Après 40 ans d’interdiction, les Américains vont pouvoir exporter leur pétrole

Le compromis budgétaire négocié entre les républicains et les démocrates place les États-Unis à la direction de la politique énergétique mondiale.

Un accord de principe entre leaders du Congrès rend désormais possible la reprise des exportations américaines de pétrole. Il y a 40 ans, à la suite de l’embargo de l’OPEP qui avait déclenché une pénurie d’essence aux États-Unis, le Congrès avait pratiquement interdit les exportations de pétrole américain. Barack Obama et de nombreux démocrates se sont opposés depuis des mois à la levée complète de ces restrictions. En revanche l’industrie pétrolière américaine, impatiente de trouver des débouchés pour sa production implore Washington d’agir au-delà des quelques allégements déjà consentis. « Nous avons la meilleure technologie, le meilleur pétrole et avec le temps nous allons supplanter le pétrole russe, saoudien et iranien...La levée de l’interdiction place les États-Unis à la direction de la politique énergétique mondiale.

C’est une énorme victoire », claironne Joe Barton, élu Républicain du Texas, premier État pétrolier des États-Unis. L’effondrement des cours du pétrole américain, « Light sweet crude », de 65% depuis 2014, l’envolée de 90% de la production domestique américaine depuis 1998, l’accumulation de stocks record de pétrole aux États-Unis et une nouvelle vague de suppressions d’emplois dans le secteur de l’énergie, ont changé les termes du débat à Washington sur ce dossier. Dans le cadre d’un accord budgétaire qui garantit le financement normal du gouvernement fédéral jusqu’en septembre 2016, les leaders de la majorité républicaine ont pu conclure un marché avec les Démocrates : en échange de la levée de l’interdiction d’exportation de pétrole brut, les Démocrates obtiennent en particulier le renouvèlement d’avantages fiscaux aux énergies renouvelables.

9 millions de barils par jour

Une telle mesure votée individuellement aurait probablement été bloquée par la Maison-Blanche. Mais dans le cadre d’un compromis budgétaire plus large, Barack Obama semble prêt à l’accepter. Il reste néanmoins aux élus des deux chambres à voter d’ici jeudi l’énorme loi de finance qui couvre 1100 milliards de dollars de dépenses publiques. Pour l’industrie pétrolière américaine, fière de la remontée de la production domestique au plus haut depuis 1971 à plus de 9 millions de barils par jour, la nouvelle tombe à point nommé. L’accord de la COP 21 au Bourget le week-end dernier, représente en effet un défi à moyen et long terme pour tout le secteur.

En outre le veto récent mis par Barack Obama au projet d’oléoduc Keystone, reliant la province canadienne de l’Alberta au Texas, représentait une autre défaite pour le lobby de l’énergie fossile. Les exportations de produits rafinés ne sont pas couvertes par l’interdiction en place depuis 40 ans. En outre les États-Unis exportent déjà vers le Canada tous les jours, car le voisin du nord n’est pas couvert par la loi. Enfin le Département du commerce a ouvert la porte aux exportations de pétrole américain en 2014, en autorisant les producteurs à qualifier de « produits raffinés » certaines catégories particulières de pétrole.

La levée de toutes les restrictions ne bouleverserait pas le marché mondial dans l’immédiat, puisque la surproduction continue de déprimer les cours. En outre, il faudra plusieurs mois de travaux pour que les terminaux du Golfe du Mexique, conçus pour l’importation, soient équipés de manière à faciliter des exportations.

Source : Le Figaro



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