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13
janv
2015

Après avoir été demis de ses fonction pour avoir critiqué Ouattara, Tiburce Koffi se confesse et regrette Gbagbo

L’ex-directeur général de l’Institut supérieur des arts et de l’action culturelle (Insaac), Tiburce Koffi a été « suspendu de ses fonctions » le mercredi 31 décembre 2014.

Dans un livre publié récemment et intitulé « Présidentielle d’octobre 2015 : Non à « l’appel de Daoukro », qui est le mot d’ordre de Konan Bédié, le président de son parti, le PDCI, pour une candidature unique d’Alassane Ouattara à la présidentielle de 2015, il dénonce ce qu’il appelle une tricherie.

Supportant la candidature de Charles Konan Banny, il affirme à Ouattara dans ce livre : « Votre départ à la « retraite politique » aurait sans doute sonné la fin du cycle maléfique-les temps de tornade, de feu et de plomb qui ont sérieusement abîmé ce pays. Et la Côte d’Ivoire entamerait ainsi un cycle nouveau, avec des hommes nouveaux et de nouvelles espérances, pour une nouvelle histoire nationale sans cette culture de la violence qui nous a tant divisés… »

Poursuivant l’écrivain soutient : « …cet « Appel », aux fondements douteux, est une invite insidieuse à la tricherie ! Oui, c’est tricher que de chercher à se faire élire sans adversaire de poids-par conséquent, de manière hautement antidémocratique ».

Après ce pamphlet, l’auteur a été débarqué de son poste et regrette amèrement Laurent Gbagbo qu’il a pourtant longtemps vilipendé. Voici son texte daté d’il y a quelques jours après son limogeage.


Propos de Tiburce Koffi :

« Derrière M. Ouattara, il y a tout une génération, tout un groupe de politiciens qui a été nourri à une culture de la violence à un point que vous ne pouvez pas soupçonner. Or ce pays ne peut pas continuer comme ça avec des hommes qui incarnent la violence, la guerre et les palabres ».

« Je suis le frère que M. Banny n’a pas eu et il est le frère que je n’ai pas eu. Je suis très lié à M. Banny qui est aussi très lié à moi. Je ne suis pas certain que ce soit un délit, c’est même un privilège d’avoir quelqu’un comme lui dans ses relations. Un monsieur brillant, un monsieur généreux ».

« Venance Konan n’est pas un ami pour moi, c’est mon frère. (…) La langue est dans la bouche (…) Est-ce que la bouche refuse d’abriter la langue ? Est-ce que la langue n’habite pas la bouche ? »

« J’ai commencé à m’attaquer au régime de Laurent Gbagbo à partir du 23 mars 2004. (…) Et puis, quatre ou cinq mois après, un jour je vais à la banque, je vois que je n’ai pas de fric. Ils ne m’ont pas payé, quoi. Je comprenais : je m’attaque au président, il est tout à fait normal qu’on ne me paie pas. (…) Il paraît que quand Laurent Gbagbo a appris que les gens ont supprimé mon salaire depuis 4 mois, il les a appelés et il leur a dit : « en quoi ça vous regarde, les palabres entre Tiburce Koffi et moi ? Reversez lui son salaire ». Les gens m’ont reversé mon salaire avec rappel. Pour une fois, j’ai été millionnaire dans ma vie ! (…) Aujourd’hui, je regrette un peu, je me dis qu’est-ce que j’ai fait comme ça à Laurent ? Est-ce que ce n’est pas ce que je suis en train de payer ? Cet homme m’aimait, était prêt à me gâter, m’aurait couvert de millions, et rien que pour défendre des idées et une cause, je l’ai abandonné (…) [Ce qui lui arrive] est injuste. On ne va pas me dire que dans cette affaire, M. Laurent Gbagbo a pris un pistolet pour tuer ses partenaires à lui. Mais c’est Laurent Gbagbo, Blé Goudé et les partisans de M. Gbagbo qui sont en prison. (…) La rébellion a commis plus de crimes que le camp Gbagbo. Aucun d’entre eux n’est en prison. Moi, ça me fait mal. Il faut qu’on comprenne que Laurent Gbagbo en prison, c’est la Côte d’Ivoire qui est en prison chez les Blancs. Et ce symbole m’exaspère. Je ne peux plus le supporter. (…) C’est une capitulation pour l’Afrique, c’est une honte. »

« Cela fait trois messages que je reçois, d’amis qui sont de la police, qui disent : « M. Koffi ne venez pas. L’ordre nous a été donné de vous tuer (…) Je rentrerai dans mon pays. S’ils veulent me tuer, qu’ils me tuent ».

« Banny était candidat, je voulais que Banny soit candidat en 2010. J’avais mis en place une structure pour que Banny soit candidat. Vous savez pourquoi il ne l’a pas été ? Parce qu’ils lui ont promis de passer en 2015. On lui a demandé de ne pas faire de vagues, de se retirer, de laisser la place à Bédié. Et quand Bédié a été battu, Banny a aidé Ouattara. (…) 2015 arrive, on dit « non, tu vas pas ». Mais ils sont malades ? Banny ira à l’élection. Il faut tenir parole. Qu’est-ce que c’est que ces dirigeants qui ne peuvent pas tenir parole ? »

Source : La Dépêche d’Abidjan



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