L'article

4
juil
2016

Après le blé et le maïs, le sucre aura peut-être bientôt son propre marché à terme

Euronext lancera prochainement un nouveau contrat à terme sur le sucre, dans l’optique de la disparition des quotas sucriers en octobre 2017. Il doit encore être approuvé par le régulateur.

Les agriculteurs qui cultivent des betteraves à sucre pourront bientôt vendre directement leur production sur les marchés à terme, comme certains le font déjà pour le blé ou le maïs.

En effet, Euronext compte lancer à l’automne un contrat à terme sur le sucre blanc raffiné. Il sera coté en euro sur le Matif (Marché à terme international de France). « Cette initiative s’inscrit dans la lignée des modifications de la politique agricole commune qui se libéralise », explique Nicholas Kennedy, directeur du développement commercial matières premières d’Euronext.

En effet, après le lait en avril 2015, les quotas sur la production de sucre disparaîtront à leur tour le 1er octobre 2017. « Dans un contexte de libéralisation des marchés européens du sucre, les producteurs de betterave à sucre pourront librement augmenter leur production, insiste pour sa part Michel Portier, directeur général d’Agritel, cabinet spécialisé dans la gestion des risques de prix des matières premières agricoles. Déjà familiarisés avec ce type d’outil financier lorsqu’ils vendent leurs céréales à terme, ils auront besoin d’avoir une visibilité sur les prix ». Ce nouveau contrat concernera aussi les autres acteurs de la filière, comme les transformateurs et les agro-industriels qui devront eux aussi couvrir leur risque en achetant sur le Matif du sucre.

Concurrence européenne

Ce nouveau contrat à terme, basé à Paris sur des livraisons physiques, doit encore être approuvé par le régulateur français. Libellé en euros, il vise particulièrement les transactions sur le marché intracommunautaire. Après le Brésil et l’Inde, l’Union européenne est le troisième producteur mondial de sucre avec 16 à 18 millions de tonnes échangés par an. Il viendra concurrencer un contrat sucrier déjà existant à Londres : ICE. L’enjeu est de taille pour la France et ses agriculteurs. Le pays est le premier producteur sucrier de l’Union européenne, avec 5,35 millions de tonnes dont 2,30 millions à l’exportation. Il compte bien rester leader d’un marché totalement libéralisé dans lequel nos voisins européens, comme l’Allemagne, n’attendent qu’une seule chose : produire plus pour dépasser la France et devenir à son tour le numéro un sucrier européen. « Nous nous réjouissons de l’initiative d’Euronext et nous sommes convaincus que ce contrat sera un franc succès pour les agriculteurs et la filière », souligne Michel Portier.

Source : Le Figaro



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