L'article

22
octo
2015

Au Royaume-Uni, les travailleurs étrangers font reculer le chômage

Pour la première fois de l’Histoire, le nombre de salariés issus de l’Union européenne et installés de l’autre côté de la Manche a atteint les deux millions de travailleurs. Un facteur clé au moment où le taux de chômage au Royaume-Uni a baissé de 0,7% en un an.

Un vent de changement souffle et s’installe durablement chez nos voisins britanniques. Alors que le Royaume-Uni a confirmé fin juillet sa bonne santé économique en affichant une croissance de 0,7% au second trimestre, les chiffres de l’emploi poussent, eux aussi, à l’optimisme. Dans son rapport trimestriel publié jeudi, l’Office national des statistique affiche un taux de chômage de 5,6%. Un chiffre en baisse puisqu’il y a un an ce dernier était de 6,3% quand celui de l’ensemble de l’Union européenne était de 9,6%. Le Royaume-Uni fait donc partie des bons élèves européens en matière d’emploi.

Reste que ce rapport livre aussi une réponse chiffrée aux promesses de campagne des dernières élections législatives britanniques au cours desquelles travaillistes et conservateurs avaient promis de réduire l’immigration en cas de victoire. Pour la première fois de l’Histoire, le nombre de travailleurs migrants au Royaume-Uni a atteint les 3,2 millions de salariés, dont plus de 60% de ressortissants de l’Union européenne. Aujourd’hui, un emploi sur dix est assuré par un travailleur expatrié, soit une progression de 220% depuis 1997 où à l’époque un emploi sur 27 était occupé par une personne non-britannique. La grande majorité de cette tranche, environ la moitié, vient d’Europe de l’Est, principalement de Roumanie et de Bulgarie. Depuis le deuxième trimestre 2014, 257.000 travailleurs étrangers supplémentaires se sont installés au Royaume-Uni, soit un petit plus que l’ensemble de la population vivant à Lille.

167.000 emplois perdus par des citoyens britanniques depuis janvier Là est en réalité le nœud du dilemme pour David Cameron, le premier ministre conforté à son poste en mai dernier. Lors de la dernière campagne pour les élections législatives, Cameron avait présenté sa volonté de réduire la part nette de migrants à moins de 100.000 par an alors que le Royaume-Uni avait enregistré 298.000 nouvelles arrivées en 2014. La raison ? Les conséquences pour le marché de l’emploi de salariés britanniques. Depuis le début de l’année, 167.000 Britanniques de naissance ont perdu leur poste alors qu’en parallèle, 84.000 ressortissants étrangers ont trouvé un employeur au cours de la même période.

Andrew Green, le responsable de MigrationWatch, a vivement réagi à l’annonce de ces chiffres, appelant le gouvernement à « une discussion rapide avec les responsables européens pour mieux contrôler l’arrivée massive de migrants ». Aujourd’hui, la bonne santé économique pousse les migrants à vouloir rejoindre l’eldorado britannique. Le tout grâce à une réalité : une procédure d’asile plus rapide qu’en France, un système communautaire très développé, l’accès simple à des jobs clandestins - dont David Cameron a fait son cheval de bataille - et, l’absence de carte d’identité dans le pays. L’accès au travail y est alors simplifié, nécessitant une carte de demandeur d’asile et un permis de résidence biométrique. En trois ans, près de 500.000 travailleurs étrangers supplémentaires ont été recensés sur le sol britannique.

Source : Le Figaro



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