L'article

15
déce
2014

BURKINA/ EXCLUSIF : Que deviennent les barons du régime Compaoré ?

Ils étaient des piliers du régime de Blaise Compaoré. La chute de l’ex-président burkinabè les a contraints à se faire discrets ou même à quitter le pays. Découvrez en infographie la nouvelle vie de ces anciens caciques du pouvoir.

Ils sont frères, ministres, ou encore conseillers, et tous ont tenté de maintenir Blaise Compaoré au pouvoir après 2015. Comme celui du "chef", leur destin a basculé le vendredi 31 octobre 2014, jour de la démission de l’ex-président du Faso. Certains ont fui le pays, d’autres sont restés. Mais que ce soit à l’étranger ou au Burkina, tous s’efforcent désormais de se faire le plus discrets possible.

Gilbert Diendéré, Alizéta Ouédraogo, Assimi Kouanda... Autant de noms qui incarnent le régime Compaoré et qui sont aujourd’hui dans une posture délicate. Que deviennent aujourd’hui ces proches de "Blaise".

CHANTAL COMPAORE

L’épouse de Blaise Compaoré a fui le pays avec lui le 31 octobre. Le couple est alors transféré, avec l’aide des services français, à Yamoussoukro en Côte d’Ivoire. Il y passe près de trois semaines à l’hôtel Président, avant de s’envoler pour le Maroc le 20 novembre. Selon nos informations, Chantal et Blaise Compaoré se sont installés dans une vaste villa proche de Casablanca mise à leur disposition par un ami. Ils se font depuis très discrets et ne reçoivent que des proches en qui ils ont une entière confiance. Depuis le vendredi 12 décembre, elle est retournée en Côte d’ivoire.

François Compaoré

Le 30 octobre, jour de l’incendie de l’Assemblée nationale, les manifestants s’en prennent aussi à plusieurs symboles du régime Compaoré. La villa de François, frère cadet de Blaise, est très rapidement saccagée. Le lendemain, il quitte Ouagadougou à bord de l’imposant convoi présidentiel. C’est là que sa trace disparaît. A-t-il suivi l’ancien président à Yamoussoukro ou pris la direction du Bénin avec sa femme et sa belle-mère ? Aujourd’hui, alors que certains l’annoncent à Cotonou ou même Paris, il est le seul membre du clan Compaoré à rester introuvable.

Alizéta Ouédraogo

Surnommée la "belle-mère nationale", Alizéta Ouédraogo, ancienne présidente de la Chambre de commerce et d’industrie, est accusée par de nombreux compatriotes d’avoir largement profité du régime Compaoré. Elle aussi a vu sa villa brûlée et pillée par les manifestants, le 30 octobre dernier. Le lendemain, elle embarque dans le convoi présidentiel et quitte Ouagadougou. Elle ne va pas en Côte d’Ivoire mais prend la direction du Bénin. De Cotonou, elle s’envole quelques jours plus tard pour Paris avec sa fille, l’épouse de François Compaoré. Rencontrée par Jeune Afrique dans la capitale française, elle dit ne pas avoir vu venir la chute de "Blaise" et espère pouvoir rentrer au pays.

Assimi Kouanda

Le patron du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), le parti présidentiel, était un soutien actif du projet de modification constitutionnelle de Blaise Compaoré. Chargé d’animer la campagne politique en faveur de l’ancien président, Assimi Kouanda s’est attiré les foudres de nombreux opposants et sa maison a été une des premières détruites le jeudi 30 octobre. Le 5 novembre, accusé d’avoir publiquement tenu des propos pouvant causer des troubles à l’ordre publique – il avait appelé ses troupes à se défendre en cas d’attaque -, il a été interpellé et "placé en sécurité" par les militaires en charge de la transition. Selon une source sécuritaire, il est depuis interné au camp de gendarmerie Paspanga, à Ouagadougou.

Alain Yoda

Alain Yoda devait jouer un rôle important dans la mise en œuvre du projet de modification constitutionnelle de Blaise Compaoré. Le texte devant passer à l’Assemblée nationale, il avait en effet un poste stratégique en tant que président du groupe parlementaire du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP, parti présidentiel). Les manifestants, en prenant d’assaut l’Assemblée, en ont décidé autrement. Il s’est mis en sécurité durant les jours de troubles, avant de faire une apparition furtive le 6 novembre à l’hôtel Laico, où se tenaient des négociations sur la suite de la transition. Sa présence a déclenché la fureur des opposants et de la société civile, et il a été contraint de quitter les lieux sous bonne escorte. Il est aujourd’hui introuvable.

Adama Zongo

Supporteur zélé de Blaise Compaoré, Adama Zongo est le président de la Fédération associative pour la paix avec Blaise Compaoré (Fedap-BC), une association de soutien à l’ancien chef de l’État. Les mois précédant la chute de "Blaise", il n’a pas ménagé sa peine pour convaincre ses compatriotes de se rallier au camp présidentiel. Accusé de provoquer des troubles à l’ordre public, il a été interpellé le 5 novembre avec Assimi Kouanda et "placé en sécurité" par les militaires en charge de la transition. Selon une source sécuritaire, il est depuis interné au camp de gendarmerie Paspanga, à Ouagadougou, avec le secrétaire exécutif national du CDP.

Gilbert Noël Ouédraogo

Depuis qu’il s’est rallié au projet de modification constitutionnelle de Blaise Comaporé, Gilbert Noël Ouédraogo, le président de l’Alliance pour la démocratie et la fédération/Rassemblement démocratique africain (ADF/RDA), la troisième force politique du pays, est considéré comme un traître par de nombreux opposants. Son domicile fait partie de ceux qui ont été incendié le 30 octobre. Il vit depuis dans une autre maison à Ouagadougou, a fait un mea culpa et se tient en retrait de la vie politique. Il a également fait un court séjour à Marrakech, du 27 au 29 novembre, pour l’assemblée générale annuelle du "Réseau libéral africain", dont il est vice-président.

Lucien Bembamba

Lucien Bembamba était l’un des ministres les plus proches de Blaise Compaoré. Et pour cause : l’ex-ministre de l’Économie et des Finances a épousé Béatrice, une des sœurs de l’ancien président. Entre son poste stratégique et ses liens familiaux, il était donc une pièce maîtresse de l’ancien régime. Ancien directeur général du Trésor, qu’il a dirigé pendant plus de dix ans, Lucien Bembamba a disparu de la circulation après le 31 octobre. Selon la Lettre du continent, il se serait envolé pour Paris avec sa famille début novembre, à bord du même avion qu’Alizéta Ouédraogo.

Gilbert Diendéré

C’était le numéro deux du régime Compaoré. À la fois patron du Régiment de la sécuritéprésidentielle (RSP) et chef d’état-major particulier de l’ancien président, Gilbert Diendéré est l’homme de confiance de Blaise Compaoré depuis plus de trente ans. Contrairement à son "boss", il est resté à Ouagadougou après le 31 octobre. À part quelques rares apparitions dans des cérémonies officielles, il s’efforce de rester discret, alimentant les spéculations sur son rôle exact dans les coulisses de la transition. Démis de ses fonctions à la présidence, il résiderait désormais dans une villa du conseil de l’Entente, une zone sécurisée dans le centre de la capitale.

Mustapha Limam Chafi

Le Mauritanien Mustapha Limam Chafi était depuis vingt ans le conseiller spécial de Blaise Compaoré sur les questions de politique extérieure. Il n’a pas été personnellement inquiété par les manifestants mais a tout de même quitté Ouagadougou, le 1er novembre, à bord d’un jet affrété par les autorités ivoiriennes à destination d’Abidjan. Intimement lié à l’ancien président, il lui a rendu visite au Maroc et continue, selon un ancien ministre, "à évoluer dans son sillage". Dans un entretien accordé début novembre à Jeune Afrique, Mustapha Limam Chafi, qui a ses entrées dans de nombreuses capitales de la sous-région, affirmait pouvoir rentrer "quand il veut" à Ouagadougou.

Djibrill Bassolè

Emblématique chef de la diplomatie burkinabè depuis 2007, Djibrill Bassolè était une des figures du système Compaoré. Comme Luc Adolphe Tiao, il presse l’ancien président à démissionner, le vendredi 31 octobre dans la matinée. Plus chanceux que d’autres, son domicile ouagalais n’a pas été visé par les manifestants. L’ancien ministre des Affaires étrangères réside donc toujours à Ouagadougou. Envoyé spécial de l’Organisation de la conférence islamique (OCI) pour le Sahel, il effectue ponctuellement des déplacements dans la sous-région ou dans les pays du Golfe.

Sanné Mohamed Topan

Sanné Mohamed Topan, ex-directeur de cabinet de Blaise Compaoré, était un des plus proches collaborateurs de l’ancien président. Ne voyant pas pourquoi il devrait quitter le pays, cet homme calme et posé est resté à Ouagadougou après le 31 octobre. Se tenant soigneusement en retrait de l’agitation politique actuelle, il profite de son temps libre pour faire le point et s’adonner à la lecture. Il vit dans son domicile ouagalais, qui n’a pas été pillé par les manifestants.

Source : Autres Presses



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