L'article

17
mars
2015

CIV : « Bombardement du marché d’Abobo » par l’armée de Gbagbo, la CPI perd une béquille !

Le Tribunal militaire d’Abidjan (TMA) a acquitté, lundi soir, le Commandant Gnahoua Dablet et le Maréchal des logis chef (Mdl/c) Eric Brice Tanoh Kamana, poursuivis pour des faits de ‘’meurtre, coups et blessures’’ sur les populations du marché d’Abobo lors de la crise postélectorale en 2011, pour ‘’accusation mal fondée’’.

Après 12 heures d’interrogatoire des deux prévenus, de témoins-victimes et de plaidoiries de l’accusation et de la défense, le TMA présidé par la juge Ana Désirée Etia a suivi le Parquet militaire qui avait déclaré ’’les prévenus non coupables pour doute’’ dans son réquisitoire.

Selon le procureur militaire, le capitaine Francis Gabo, le parquet reste ‘’profondément dubitatif quant au jour, au nombre d’obus, à l’objectif visé’’ durant cette procédure. ‘’Il y a beaucoup de zones d’ombre qui permettent de déclarer les prévenus non coupables’’ après avoir demandé la requalification des faits.

Pendant la crise postélectorale de décembre 2010 à avril 2011, des obus lancés à partir du camp de gendarmerie d’Abobo (Nord d’Abidjan) ont causés plusieurs morts (le nombre n’a pas été déterminé à la barre) dans un marché d’Abobo et aux environs d’un village SOS de la commune, le 17 mars 2011.

Le Cdt Gnahoua Dablet a nié, tant aux enquêtes préliminaires qu’à la barre ‘’avoir donné l’ordre de tirer des obus’’. ‘’Comment puis-je donner des ordres alors que j’ai relevé mon prédécesseur ce 12 mars aux environs de 14h ?’’ s’est-il défendu à la barre.

Cependant pour les 15 témoins (tous des victimes), ils ont expliqué, formellement, à la barre avoir ‘’entendu des détonations le 17 mars ‘’ dont ils ont été victimes. L’un des témoins a affirmé avoir entendu ‘’4 défragmentations des obus’’.

Durant tous les débats, l’on ne saura pas en définitive si c’est l’obus lancé le 12 mars par Eric Kamana qui a causé ‘’des victimes’’ ou ceux dont les témoins ont entendu les défragmentations le 17 mars.

C’est pourquoi la présidente du TMA, Ana Désirée Etia a déclaré avant de suspendre l’audience pour les délibérations qu’il s’agit de répondre à quatre préoccupations.

‘’ Est-ce que le Cdt Gnahoua est coupable, est ce que son co-accusé Brice Kamana est coupable, la question subsidiaire de la requalification des faits et quelle devrait être les peines à appliquer’’, a-t-elle indiqué avant de se retirer.

Cette information va faire l’effet d’une explosion à l’arme lourde : En effet, ces deux soldats des ex-Forces de défense et de sécurité (FDS), poursuivis pour le bombardement, le 17 mars 2011, à l’arme lourde du marché d’Abobo, ont été déclarés (après deux heures de délibération) non coupables pour absence de preuves et acquittés.

La présidente du tribunal militaire, Anne-Désirée Ettia, a prononcé, « pour des faits non établis », l’acquittement des prévenus (Commandant Gnahoua Dabley et du MDL-chef Kamana Tanoh Brice-Eric) et leur mise en liberté immédiate. Le procureur militaire a finalement reconnu qu’il y avait des doutes sur les faits reprochés aux prévenus.

Selon la démonstration faite par le MDL-chef Kamana Tanoh Brice-Eric, au regard de leur positionnement ce jour-là, il n’était pas possible que l’armée régulière tire en direction de ce marché. Car, leur ligne de mire n’était autre que la forêt du Banco où étaient regroupés les combattants pro-Ouattara. Ce bombardement, sans cratère, ne pouvait être que l’œuvre de groupes incontrôlés d’Abobo pro-Ouattara, comme le « Commando invisible » du « général » Ibrahim Coulibaly dit IB, qui menaient une guerre asymétrique dans cette commune devenue Bagdad durant la crise post-électorale.

Cette décision coupe l’herbe sous les pieds de Fatou Bensouda, le procureur de la Cour pénale internationale (CPI). Car ce bombardement, présenté comme un crime contre l’humanité, est l’un des chefs d’accusation pour lequel Laurent Gbagbo, en détention à la prison de Scheveningen, est poursuivi devant la CPI.

« Un tel acte contre des civils pourrait constituer un crime contre l’humanité », dénonçait, le 18 mars 2011, l’Opération de l’ONU en Côte d’Ivoire (ONUCI) dans un communiqué. Selon l’ONUCI, « l’examen des projectiles tirés jeudi après-midi au marché d’Abobo et dans ses environs permet de confirmer qu’il s’agissait d’obus de mortiers de 81 mm. Les forces de sécurité du camp du Président Gbagbo ont tiré les obus à partir d’un camp militaire faisant une centaine de victimes, tués et blessés confondus ».

Toute cette accusation sans fondement et participant d’une campagne internationale pour diaboliser Gbagbo et son pouvoir, s’effondre comme château de cartes. Même à La Haye, les flagrantes contradictions à la barre entre le procureur Fatou Bensouda et ses témoins sur le moment permettent de s’interroger sur l’effectivité de ce bombardement.

Il y a en effet six versions pour cette allégation : 1, entre 11h et 11h30 ; 2, vers 10h ; 3, entre 14h et 15h ; 4, entre 15h30 et 16h ; 5, entre 1h et 2h du matin et 6, dans la nuit du 16 au 17 mars. Mais Fatou Bensouda, après tergiversations, a coupé la poire en six : elle a choisi 12h comme heure du bombardement. Mais, avec le verdict du procès d’Abidjan, elle vient de perdre une béquille.

Source : APA/AIP



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