L'article

23
octo
2014

CIV : Népotisme - Comment Ouattara dirige la Côte d’Ivoire en famille !

L’arbre généalogique de Ouattara prend racine au cœur du pouvoir

L’accession d’Alassane Ouattara à la tête de la Côte d’Ivoire a mis en lumière le poids des intérêts familiaux dans la gestion du pays. Oncle, frère, nièce, gendre, beaufrère… : depuis trois ans, les parents directs du chef de l’Etat – qui est entouré de onze frères et sœurs – sont cooptés à un rythme soutenu au sein de l’exécutif, mais également à la tête d’entreprises publiques stratégiques.

Les nièces en force

Baudin Sarrahn Ouattara, la fille de Gaoussou Ouattara, le frère aîné d’ADO, dirige toujours depuis sa nomination fin 2011 l’Agence nationale de la salubrité (Anasur). Dernier exemple de ce “syndrome Ouattara”, la nièce du président Nina Keita vient de rejoindre le ministère du budget comme conseillère chargée de la communication du ministre Abdourahmane Cissé. Dans une autre vie, elle officiait comme mannequin à New York. Elle était notamment l’égérie de plusieurs marques de cosmétiques comme Black up ou de lignes de vêtements telles qu’Old Navy. Plus qu’une nouvelle communicante appelée à intervenir sur des dossiers stratégiques, Nina Keita représentera son ministère de tutelle au conseil de gestion de l’Agence ivoirienne de presse (AIP), l’agence d’information publique du pays.

Elle siègera à ce titre aux côtés de sa cousine Masséré Touré, autre nièce du chef de l’Etat, chargée de la communication au palais d’Abidjan. Cette énième nomination d’un membre de la famille présidentielle vient compléter un arbre généalogique déjà bien garni au cœur du pouvoir. Parallèlement à l’influente Masséré Touré, le frère cadet d’Alassane Ouattara, Téné Birahima Ouattara, alias “Photocopie” en raison de sa ressemblance trait pour trait avec son aîné, règne en maître absolu à la présidence. Après en avoir été le directeur des affaires administratives et financières, il est désormais auréolé du titre de ministre des affaires présidentielles.

A ce poste, il gère aussi bien le budget du palais que les fonds souverains, l’agenda, les déplacements et les prises de rendez-vous médicaux du ”chef”, voire certains dossiers sensibles relevant de la sécurité via le Conseil national de sécurité (CNS). Sherpa, Birahima Ouattara n’a été nullement inquiété dans ses prérogatives par la récente réorganisation de la présidence ayant vu l’arrivée de Philippe Serey-Eiffel et de Thierry Tanoh aux postes de secrétaires généraux adjoints. Autre membre de la fratrie, Baudin Sarrahn Ouattara, la fille de Gaoussou Ouattara, le frère aîné d’ADO, dirige toujours depuis sa nomination fin 2011 l’Agence nationale de la salubrité (Anasur). Cette entité dépend du ministère de l’environnement.

Business : Mme Maleka Mourad-Condé, Dg de Sodertour-Lacs

La politique de préférence familiale s’étend au business. Oncle maternel d’ADO, Lancine Camara est le puissant président de la Société des transports abidjanais (Sotra), entreprise publique historique qui, placée sous la tutelle du ministère des transports, gère notamment les transports publics de la capitale économique. La Société de développement du tourisme de la région des lacs (Sodertour-Lacs), qui opère plusieurs établissements emblématiques dans le pays (Hôtel président à Yamoussoukro etHôtel la paix à Daoukro), est dirigée par Malekah Mourad Condé, l’épouse d’un des neveux du président. Alors que l’ex-beau-frère d’Alassane Ouattara, Ibrahim Keita, qui fut l’époux de la petite sœur du chef de l’Etat Sita Ouattara, préside toujours la Versus Bank, le gendre Benedict Senger s’est vu subitement propulsé l’an passé à la tête de Webb Fontaine Côte d’Ivoire (WFCI), la filiale de Webb Fontaine. Déjà présent au Nigeria, ce groupe helvético-dubaïote a récupéré, au terme d’une procédure de gré à gré, le marché du contrôle et de la vérification des importations dans le pays à la barbe du français Bivac, précédemment détenteur de ce contrat. WFCI gère par ailleurs le Guichet unique du commerce extérieur (GUCE). Autant dire un poids central dans l’économie du pays.

Source : La Lettre du Continent nº692 du 22 octobre 2014

Pour rappel, voici un autre article du journal la lettre du continent qui épingle la mauvaise gestion d’Alassane Ouattara en Cote d’Ivoire.

Ex-directeur général adjoint du Fmi et donc garant d’une certaine « rigueur », Alassane Ouattara n’hésite pourtant pas à rompre avec les pratiques de transparence érigées comme un sacerdoce par les institutions de Bretton Woods. Depuis son accession au pouvoir en 2011, les contrats de gré à gré pleuvent (centrale de Singrobo-Ahouaty, barrages sur la Comoé, autoroute Abidjan-Bassam…) sans que la Banque mondiale, très sourcilleuse sur cette question, ne bronche. D’autres marchés sont tombés dans l’escarcelle de parents ou proches du chef de l’Etat, créant un profond malaise dans l’environnement des affaires.

Emblématique de cette gouvernance, le marché de contrôle et de vérification des importations a été soufflé au groupe Bivac par la société de Dubaï Webb Fontaine, dans des conditions que le premier n’a toujours pas digéré. A Abidjan, la filiale de Webb Fontaine est dirigée par Benedict Senger, époux de Fanta Catherine Ouattara, la fille du chef de l’Etat. De telles relations de parentèle dans les affaires s’étendent à des conseillers influents du palais, qui n’hésitent pas à user de leur proximité avec le « chef ». L’un d’eux, Koly Kanté, par ailleurs actionnaire de référence de la Société des cimenteries d’Abidjan, voit cette entreprise bénéficier de contrats de l’Etat.

Autre conseiller à la présidence, Mamadi Diané a introduit le groupe roumain Timis en Côte d’Ivoire via son cabinet de lobbying Amex. Les filiales Pan African Minerals et African Petroleum de ce groupe fondé par Frank Timis multiplient les chantiers, dont la réhabilitation de la ligne Abidjan-Ouagadougou. A la tête d’ACE-CI depuis 2011, Daouda Gon Coulibaly, le frère du secrétaire général de la présidence, Amadou Gon Coulibaly, s’épanouit sur les marchés de contrôlequalité de plusieurs filières agricoles, dont celle du cacao.

Ministres, conseillers, parents… de Ouattara, tous impliqués

Les ministres ne sont pas en reste. Un réseau dense de patrons gravite autour de l’un des plus fidèles soutiens du président Ouattara, le ministre de l’intérieur Hamed Bakayoko, à commencer par son frère Zoumana Bakayoko. Ce dernier, actionnaire de la société spécialisée dans les infrastructures de télécoms Swindevco, a introduit en Côte d’Ivoire, le Franco-Libanais Philippe Nakad, patron d’Agro West Indutries. Hamed Bakayoko a lui même ouvert les portes du pays au Turc Nihat Ozdemir, président de Limak Group of Companies. Ce groupe vise la construction de centrales hydroélectriques sur le fleuve Sassandra. Pour sa part, après avoir créé coup sur coup Stylus Sarl et Tanassa Technologies en 2012, entités spécialisées dans l’intermédiation financière et la biométrie, Bintou Toungara Kamara, la fille du ministre de l’Energie et du Pétrole, Adama Toungara, travaille aux côtés de la Petroci et de la Sir.

Patrons cadeautés

La Côte d’Ivoire de Ouattara restera dans les annales pour avoir évincé un membre du gouvernement suspecté de détournement de fonds publics sans que ce dernier ne soit inquiété par la justice. Mieux, Adama Bictogo, ex-ministre de l’Intégration africaine proche de la Première dame, Dominique Ouattara, réalise de nombreuses opérations dans le secteur lucratif de la biométrie via sa société Snedai. Il s’appuie aussi sur ses relais à la présidence ivoirienne pour introduire des intérêts turcs, à l’instar du Yildirim Group qui va ouvrir une filiale à Abidjan en vue de concurrencer la société de transport Sotra.

Toute la fratrie Bictogo s’implique autour du « grand frère » Adama. Moumouni Bictogo et Salif Bictogo ont ainsi fondé la firme minière Lagune exploration, détentrice de plusieurs permis aurifères. Mohamed Sidi Kagnassi est une autre « singularité ». Cet homme d’affaires en vogue sous le régime de Laurent Gbagbo et proche de Guillaume Soro, a su rebondir grâce à son entregent. Du jour au lendemain, il est devenu un magnat du BTP sans posséder aucune société dans ce secteur. Après avoir décroché le marché de la réhabilitation des universités ivoiriennes, il a opportunément fondé la Simdci (LC nº677). Il négocie actuellement un contrat pour la construction de 10 000 classes.

Par La Lettre du Continent n°678 du 12 mars 2014

NDLR : Le Titre est de la rédaction



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