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27
octo
2014

COGITARE-BUDGET D’INVESTISSEMENT PUBLIC : COMPRENDRE LE POURQUOI, ET LE COMMENT.

Dans une approche cognitive et analytique de la structure juridique et financiere des entreprises, mes Maitres jadis, m’ont appris a operer un premier distinguo "degrossissant" entre deux types de structures :
1) Celles dotees d’une autonomie juridique et financiere, qui dans la grande majorite des cas evoluent dans le secteur concurrentiel ; avec pour but de faire du profit,
2) Celles qui, investies d’une mission d’ordre public, fonctionnent a l’aide de subventions de l’Etat.
Sans etre une entreprise, l’Administration correspond davantage a la deuxieme categorie, et c’est le cas de figure qui nous interesse aujourd’hui. La rubrique du report a nouveau apparaissant dans les capitaux propres inscrits a l’actif du bilan, toute seule, permet souvent a l’Expert de se faire une premiere idee, d’un coup d’oeil rapide, sur la qualite de la gestion qui est faite des ressources allouees, sur la base de la mission initiale, exprimee en termes de besoins chiffres.
Sans entrer dans les meandres magistrales de la comptabilite, il est a savoir que le report a nouveau peut etre, soit deficitaire, soit excedentaire. Dans le cas d’espece, le report a nouveau n’apparait pas dans le cadre de documents comptables individualises, mais est repris dans le cadre de l’exercice budgetaire suivant selon les cas, soit au titre du deficit, soit au titre d’excedent budgetaire.
Pour une structure investie d’une mission d’interet public, la persistance ou la non satisfaction du besoin doit se traduire en fin d’annee, soit par un deficit pour insuffisance de moyens, soit par un equilibre, dans le meilleur des cas. En revanche, qu’il y ait excedent interpelle toujours, et est surprenant, car cela voudrait dire soit que l’allocation etait trop importante comparee au besoin, soit que le besoin a ete entierement satisfait ; et que dans un cas comme dans l’autre, cette ligne budgetaire doit etre soit reduite, soit supprimee dans le cadre de l’exercice budgetaire suivant.

Dans le cas present, nous avons d’une part une insuffisance de realisation du budget, c’est-a dire des besoins satisfaits a hauteur de 15%* a deux mois de la cloture de l’annee budgetaire ; et d’autre part une difference d’allocation de 85%, qui va etre reconduite au titre d’excedent budgetaire pour l’exercice 2015 !

Ceci appelle deux interrogations, pour l’essentiel :

1) A quoi sert-il d’elaborer des budgets sectoriels repris par la prevision budgetaire generale soumise au vote du Parlement, si l’on n’est pas capable par la suite de consommer les fonds alloues sur la base de besoins exprimes ?

2) Que doit-on penser, un an apres le dernier discours de fin d’annee du President Biya, ou il denoncait deja ces memes carences dans l’execution du BIP ; et dans des proportions quasi analogues ?

Dans son allocution, le President Biya avait alors evoque l’individualisme comme etant la cause principale de cette traduction d’un recul de la culture du bien public autant que du respect de l’interet commun. Commentant la declaration du Chef de l’Etat et tout en accordant le benefice du doute, j’avais a l’epoque eu a souligner qu’il semblait enfin decouvrir une chose que les Camerounais vivent dans leur chair au quotidien depuis 32 ans. Qu’est-ce qui a change depuis un an, en depit des attentes suscitees par le discours en question du President Biya ?
Bien qu’un reel besoin de reforme existe sur le plan structurel, l’individualisme n’est pas un probleme de structure : c’est un probleme humain, un probleme comportemental. Doit-on s’etonner de la reedition du resultat, etant donne que les memes hommes sont restes aux memes postes entre temps ? Force est de souligner ici que les besoins non satisfaits de la sorte, en depit de l’existence de moyens ne s’amenuisent guere d’une annee a l’autre, leur courbe reste croissante !
Ne pas appeler les choses par leur nom et garder le silence sur l’origine du mal nous exposerait une fois de plus au hors-sujet, et pecherait sans doute par un manque de patriotisme :
LE CAMEROUN A BESOIN D’UNE NOUVELLE RACE DE DIRIGEANTS, DES HOMMES ET DES FEMMES QUI SAURAIENT PRECISEMENT POURQUOI ILS SONT LA ; QUI AURAIENT AUSSI A COEUR DE SERVIR, PLUTOT QUE DE SE SERVIR.

IL Y EN A ! C’EST LOIN D’ETRE LA CHOSE LA PLUS RARE DANS NOTRE PAYS !!!

* Si l’on s’en tient aux pourcentages mentionnes.

Hippolyte N. a Nwal
Juriste d’Affaires,
Specialise dans la Gestion Bancaire et
Prospective des Institutions Financieres.
Universite ParisV Rene Descartes
Business Consultant
Philadelphia, USA.



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