Cameroun : 3e renvoi du procès de journalistes inculpés après un débat TV

Le procès de trois journalistes et d’un enseignant camerounais inculpés après un débat télévisé a été renvoyé mardi pour la troisième fois depuis son ouverture en janvier, a déclaré l’avocat d’un des accusés interrogé depuis Yaoundé.
Le tribunal de première instance de Douala-Bonanjo (sud, capitale économique) a programmé la prochaine audience pour le 13 avril, a affirmé à l’AFP Me Francis Ngnié Kamga, avocat du journaliste indépendant Alex Gustave Azebaze.
C’est le troisième ajournement de ce procès ouvert le 12 janvier.
"L’avocat de Thierry Ngogang (un des accusés) a sollicité le report du procès parce qu’il est absent du pays", a expliqué Me Ngnié Kamga.
MM. Azebaze et Ngogang de la chaîne de télévision privée STV2, ainsi que leur confrère Anani Rabier Bindji de la télévision privée Canal 2 et le professeur d’université Aboya Manasse Endong ont tous quatre été convoqués en justice pour avoir "relaté publiquement une procédure judiciaire non encore définitivement jugée" et "révélé sans autorisation un fait confidentiel", selon les termes de leur citation à comparaître.
Le 1er juin 2008, tous quatre avaient animé ou participé à un débat sur STV2 consacré à l’opération "Epervier" de lutte contre la corruption lancée fin 2004 par les autorités. Ils avaient parlé "preuves à l’appui, de la justice à double vitesse" de cette opération, selon le Syndicat national des journalistes du Cameroun (SNJC).
D’après la Fédération internationale des journalistes (FIJ), un quatrième journaliste ayant participé au débat télévisé, Jean Marc Soboth, a fui le Cameroun mi-janvier, se disant victime de menaces pour avoir "condamné publiquement la procédure engagée contre" ses confrères.
Selon des sources concordantes, il se trouve actuellement au Canada.