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18
mai
2014

Cameroun : Déclaration sur la grave attaque perpétrée contre un détachement de l’armée camerounaise et des citoyens chinois dans la région de l’extrême nord

FONDATION NATIONALE DE POLITIQUE ETRANGERE

CONSEIL NATIONAL DE POLITIQUE ETRANGERE


Dans la nuit du 16 au 17 mai 2014, un groupe non identifié d’une centaine de hors la loi lourdement armés, a livré une véritable bataille rangée contre un détachement de l’armée camerounaise au cours d’une attaque menée sur un chantier de travaux publics situé dans l’extrême nord du pays.

En dépit de la résistance de valeureux soldats camerounais contraints au repli tactique, l’attaque s’est soldée par la mort d’un des leurs, et l’enlèvement d’une dizaine de travailleurs chinois qui ont été emmenés vers une destination inconnue.

Cette attaque fait suite à plusieurs autres qui ont touché des postes de gendarmerie, des commissariats de police et des missions religieuses, et entraîné des morts et des enlèvements. IL s’agit donc d’un scénario identique qui est monté en puissance jour après jour, et donne le sentiment à la fois de s’appuyer sur un réseau de renseignements très précis, des complicités locales actives, et un centre de commandement efficace, effectif et élaboré. Les assaillants ont non seulement des informations trop exactes sur le niveau de protection des sites, mais également sur le mouvement des forces de sécurité, leur nombre, leurs équipements et certainement leur niveau opérationnel d’ensemble.

La gravité de l’attaque de la nuit du 17 au 18 Mai se situe dans un contexte particulier, et prends de ce fait une signification qui devrait interpeller avec le même degré de gravité, d’urgence et de devoir, tous les citoyens et citoyennes camerounais. En effet la gravité est manifestée par l’absence du Chef de l’Etat, chef de l’exécutif et chef suprême des armées du pays. Celui-ci prenait justement part à une rencontre internationale d’urgence qui se tenait à Paris à l’initiative de son homologue français, pour examiner et convenir avec divers partenaires intéressés, des voies et moyens d’une coordination de la lutte contre la nébuleuse terroriste Boko Haram.

Mieux, cette attaque intervient à la vaille du 20 mai, fête nationale la plus importante du Cameroun, dont le temps fort est généralement le somptueux et minutieux défilé des forces de défense et de sécurité. Les conditions du déroulement de cette attaque, les moyens utilisés, l’insolence des assaillants et la démonstration d’arrogance dont ils ont fait preuve, placent le Cameroun, ses citoyens et citoyennes, ses amis et partenaires de toute catégorie et de tout statut, dans une logique de guerre incontestable.

Face à cette situation, sans doute la plus grave menace contre sa souveraineté, sa dignité et sa crédibilité internationale sur ses capacités d’organisation, de gestion et de protection en tant qu’Etat souverain depuis son indépendance, une véritable alerte devrait être proclamée. Cette alerte doit conduire à une profonde interrogation, une réflexion honnête, et des aménagements voire des changements sans complaisance à tous les niveaux de considération de la sécurité du pays et dans le pays : sécurité des frontières ; sécurité des biens et des personnes ; sécurité des installations stratégiques et des institutions. La réflexion à venir, nous imposera de revoir de fond en comble notre système de construction sécuritaire et militaire, à partir de l’ensemble de toute la philosophie dont dépend le cadrage politique de la définition des forces et des centres de commandement, de la détermination des doctrines d’emploi et enfin du choix des éléments. Le Cameroun est dorénavant placé dans l’obligation de revenir aux formes modulaires et aux missions originelles de ses centres et écoles de formation d’une part, et de l’utilisation des ressources budgétaires affectées à ces causes d’autre part. Il s’agit dé vérifier et de corriger, les recrutements et les dépenses, puis le niveau de préparation effectif au combat pour l’armée, et au maintien de l’ordre pour la police et la gendarmerie. Nous devons mettre fin à l’existence des forces de toutes les catégories comme source de résorption du chômage et de placement familial d’une part, et comme source d’enrichissement et d’exubérance de hauts cadres et des officiers supérieurs d’autre part. La situation de guerre qui est imposée au pays par des bandes armées solidement organisées, résulte donc de nos nombreuses défaillances, impréparations, laxismes, déviations et amoindrissements de patriotisme au fil des ans. Nous sommes en Afrique l’un des tous premiers pays à avoir conçu et mis en place avec le concours de partenaires, des centres et écoles de formation de qualité et de renommée. Hélas !

Parce que l’heure est grave, la cohésion nationale s’impose. A ce propos l’engagement patriotique clair, sincère, et effectif de tous, de même que la prédisposition concrète de tous les citoyens et citoyennes de l’intérieur et de l’extérieur, pour travailler à l’accompagnement des services officiels, des pouvoirs publics et des responsables de l’exécutif partout sur le territoire national pour une mission permanente d’information et de renseignement vouée à la victoire contre les terroristes, ne devraient souffrir d’aucune entorse. Parce qu’il est clair que le principal danger vient dorénavant de la région du nord du pays, le commandant en chef, commandant suprême des forces de sécurité et de défense, devrait porter ses efforts d’urgence vers cette région. Dans cette optique, il s’agit de positionner sur place un maximum d’unités combattantes les plus aguerries et les mieux formées, encadrées par nos meilleurs officiers, surtout sans aucun sectarisme ni subjectivisme. IL s’agit également de procéder sans délai, à un vaste mouvement dans le commandement civil : Gouverneurs, Préfets et sous Préfets devraient être remplacés. Ils ont tous failli, et même s’ils ne sont pas directement responsables de ce qui nous arrive, les mutations à intervenir sonneront comme un signal fort à tous les terroristes sur la réponse du Cameroun face à l’adversité, la provocation, le crime, l’injure, et l’indignation. Dans cette lourde mission si urgente et certainement impérieuse, le chef de l’Etat devrait selon un calendrier d’urgence adapté à l’affront ressenti pas tous les fils et filles du pays, de l’intérieur comme de l’extérieur, engager une vaste concertation avec les principaux acteurs sociaux : chefs des partis politiques ; dignitaires traditionnels ; leaders d’opinion respectés ; dignitaires religieux. Une telle démarche a eu lieu lors des réformes du code électoral, et sans que cela ne prenne l’allure d’une messe inutilement ostentatoire, même si les résultats n’ont pas toujours été ce que la rue attendait.

Auréolé d’une telle démarche et porté alors par les confidences et la confiance de ses concitoyens les plus représentatifs, le Président de la République disposera de la latitude institutionnelle, de la tranquillité d’esprit et de l’énergie à la fois physique et mentale, de même que de l’aura politique et diplomatique, pour rétablir la sécurité, la crédibilité et la dignité du Cameroun en vrai chef suprême. Il n’y a pas de demi-mesure possible, ni de renvoi à une date ultérieure acceptable. Enfin, la gravité de la situation exige que le Chef de l’Etat s’adresse au pays par une allocution solennelle retransmise en direct par tous les médias audio visuels.

Fait à Yaoundé, le 18 Mai 2014 Le président du comité exécutif provisoire SHANDA TONME



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