L'article

14
juil
2015

Cameroun : les Américains indexent le tribalisme du regime Biya

« Un véritable baromètre » Gérard Kuissu. Le coordonnateur du Tribunal article 53 fait une lecture des rapports annuels des Usa sur les Droits de l’Homme au Cameroun.

Les Américains indexent le tribalisme du regime Biya.

Discriminations. Dans leur rapport annuel sur la situation des droits de l’homme au Cameroun, les Etats-Unis affirment que les membres du groupe ethnique du président occupent les positions les plus importantes." Ces rapports mettent le gouvernement camerounais dos au mur, parce qu’ils ne peuvent pas réfuter les faits qui sont contenus dans ce rapport. La preuve, le gouvernement n’a jamais cherché à faire un démenti. Et ce rapport qui est rendu public nous conforte dans ce que nous dénonçons nous-mêmes au quotidien. L’impact ne peut pas être véritablement mesuré à l’instant. "

Quelle lecture faites-vous du dernier rapport sur les Droits de l’Homme au Cameroun produit par les Usa ?

Je l’ai trouvé complet sur l’état des Droits de l’Homme au Cameroun. Parce que ce rapport est parti du cas du capitaine Guérandi, aux journalistes Ebolè, Ntongué et Baba Wamé qui ont été sous contrôle judiciaire, en passant par le cas de Mowha Franklin qui vient d’être libéré.

Quelle évaluation faites-vous de ces rapports publiés chaque année ?

Je pense que ces rapports sont un véritable baromètre. Ils se basent sur des faits qu’ils remettent au goût du jour pour pouvoir juger le gouvernement sur pied. Ils interrogent les acteurs de la société civile et particulièrement ceux des Droits de l’Homme et parfois ils s’adressent aux victimes elles-mêmes. J’ai eu à discuté avec le chef de service des affaires politiques de l’ambassade des Usa au sujet des Droits de l’Homme. J’ai remarqué qu’ils avaient une certaine maitrise des atteintes aux Droits de l’Homme au Cameroun. Le rapport n’invente rien. Le rapport redit ce que les gens disent en longueur d’année. Les Usa sont un pays, dont la voix porte et ils ont l’habitude de dresser ce rapport dans chaque pays. Donc le rapport a un certain poids.

D’après-vous quel est l’objectif de tels rapports ?

Les occidentaux en général veillent à ce que les Droits de l’Homme soient respectés. Ils ont des Ong et associations spécialisées dans cette thématique. Ils ont un regard particulier sur l’oppression. Leur objectif vise la promotion des Droits de l’Homme et la préservation de la vie, des minorités. Même si eux-mêmes ne sont pas irréprochables dans ces domaines.

Quels impacts peuvent avoir ces rapports sur l’état des Droits de l’Homme au Cameroun ?

Ces rapports mettent le gouvernement camerounais dos au mur, parce qu’ils ne peuvent pas réfuter les faits qui sont contenus dans ce rapport. La preuve, le gouvernement n’a jamais cherché à faire un démenti. Et ce rapport qui est rendu public nous conforte dans ce que nous dénonçons nous-mêmes au quotidien. L’impact ne peut pas être véritablement mesuré à l’instant. Mais lorsque le gouvernement de Biya sera traduit devant les tribunaux, ces rapports pourront être des arguments incontournables que l’on produira à la justice. On ne voit pas des changements directs, mais ces rapports servent de plaidoiries, d’archives, de sources d’informations à l’opposition, aux acteurs de la société civile. Mais l’impact peut être perçu au niveau des victimes. Le fait de les mettre en avant de la scène, ça les sert de protection et de mise en lumière. Aussi, dans les relations bilatérales, nos dirigeants sont mis à mal devant ces rapports et l’image du pays en prend un coup. Imaginez-vous qu’un journaliste étranger qui ne connait pas le Cameroun reçoive un publi-reportage de la présidence et ce rapport. A votre avis qu’est ce qu’il dira ?

Propos recueillis par Mathias Mouendé Ngamo

Copyright © Mathias Mouendé Ngamo- Mutations, Douala - Cameroun



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