L'article

16
déce
2014

Cameroun-loi antiterroriste : La diaspora combattante prend d’assaut les ambassades du Cameroun le 10 décembre à Bruxelles, Paris et Washington.

Correspondance de Benoît Joël Essama, Patrick Noubissié et P. F. Bozanga, membre du Front-UNI.

Le mercredi 10 décembre 2014 dernier, journée mondiale des droits de l’homme, les différentes organisations membres du Front Uni de la Diaspora pour une Alternative au Cameroun se sont illustrées par une action concertée dans les ambassades du Cameroun en Belgique, en France et aux USA.

L’occasion était tout trouvée pour que les leaders de la diaspora combattante répondent au coup de folie perpétré par le régime aux abois de Yaoundé, qui à travers son assemblée nationale aux ordres, a décidé de façon grotesque de marcher sur l’infime portion de libertés qui était jusque-là octroyée sur du papier au peuple camerounais.

Protestant contre la loi inique portant répression des actes terroristes votée au parlement camerounais le 04 décembre dernier, les membres du Front Uni entendaient également réagir en écho aux différentes manifestations et réactions d’opposition exprimées sur place au Cameroun. Cette loi replonge le Cameroun dans un Etat d’exception qui ne dit pas son nom, avec comme prétexte la lutte contre un terrorisme qui frappe le Nord-Cameroun. « Désormais, nous allons travailler autant pour nos propres agendas que pour soutenir, amplifier et répercuter les actions de nos compatriotes qui résistent sur le terrain. Sachant chaque peuple a toujours eu des fils en diaspora, qu’ils s’appellent Pierre, Paul ou Jacques, c’est aussi cela le rôle d’une diaspora. Surtout lorsqu’une dictature aussi féroce que celle de M. Biya brime et étouffe le peuple sur place », nous a confié un des leaders de cette Plate-forme. Informés des actions que préparaient des partis politiques ou des organisations de la société civile à Yaoundé et à Douala notamment, les membres du Front ont rédigé une lettre qu’ils ont déposé dans les ambassades citées ci-dessus. Se considérant comme les voix des sans-voix, les leaders du Front Uni ont décidé de monter au créneau pour inviter et soutenir le peuple camerounais à rejeter en bloc et de façon manifeste cette forfaiture.

Le coup d’envoi de la campagne d’opposition du Front contre la loi liberticide en cette journée mondiale des droits de l’homme a commencé à Bruxelles. C’est sur le coup de 13H10 que ce mercredi 10 décembre 2014, le Dr Ndjoumi a appuyé sur la sonnerie de l’ambassade où on ne les attendait certainement pas. Ne les ayant manifestement pas distingués, un fonctionnaire a ouvert distraitement la porte. A peine entrés, ils ont été reconnus par une employée de l’ambassade qui les a salué avec un mélange d’admiration et de crainte. Apprenant de sa bouche que l’ambassadeur du Cameroun en Belgique est présent dans les lieux, les Dr Ndjoumi et Essoh foncent alors directement vers le premier étage, où est situé le secrétariat de l’ambassadeur. Ils y trouvent le secrétaire de ce dernier, à qui le Dr Ndjoumi remet une enveloppe renfermant le courrier de protestation du Front contre la scélérate loi soi-disant antiterroriste. Entretemps, alertés par l’employée que « Ces gars sont là, en haut », un vent de panique s’est emparé des quelques fonctionnaires présents en cette période de lunch. Deux d’entre eux montent 4 à 4 les marches et s’intercalent, l’un devant la porte du secrétariat, l’autre sur le chemin de la porte du bureau de l’ambassadeur, en position de « défendre leur chef ». Mais les deux membres du FRONT les ignoraient. En leur présence, le Dr Essoh exhibe même un large tract dénonçant la dictature de Paul Biya. Médusé, l’un des fonctionnaires a vainement tenté d’empêcher la caméra de Nkulu Leko de continuer à filmer l’action. C’est ensuite sous leur regard impuissant qu’ils ont regardé les Dr Ndjoumi et Essoh redescendre tranquillement au rez-de-chaussée et distribuer des tracts aux quelques compatriotes qui se trouvaient dans la salle d’attente pour leurs documents administratifs. Les employés de l’ambassade, à qui le Dr Essoh tend des tracts, refusent comiquement d’en recevoir. Une discussion très instructive et encourageante pour les membres du Front s’engage entre les membres du Front et les compatriotes dans la salle d’attente. Une vingtaine de minutes après leur entrée, les combattants du Front ont terminé leur action en placardant sur la pancarte de l’ambassade le tract « Cameroun danger ! Paul Biya veut tuer tous les opposants avec une loi liberticide ». Pendant tout ce temps, l’ambassadeur, sans doute informé par téléphone dès que l’employée a signalé la présence des membres du Front au sein de l’ambassade, est resté terré dans son bureau.

C’est ensuite à Paris que les membres du Front ont pris le relais de l’action concertée.

Sous la houlette du Général Waffo Wanto Robert avec à ses côtés le Commissaire Junior Zogo et l’inoxydable René Emeh Elong, l’équipe de choc du Front a entamé l’opération vers 14H30. La seule évocation des noms des meneurs de l’action auraient fait fuir l’Ambassadeur qui a préféré partir par une porte dérobée.

Pendant que la campagne de sensibilisation et d’affichage battait son plein le long de la rue d’Auteuil, autour de l’Ambassade et dans l’Ambassade, une délégation du FRONT constituée par Emeh Elong, Gervais Younkep, « l’homme fort » et Patrice Ekwé Silo était reçue par deux collaborateurs de l’Ambassadeur porté disparu.

Le FRONT ayant pris soin d’infiltrer au sein de l’Ambassade cinq membres transformés pour l’occasion en usagers, les services de protection de l’Ambassade ont vite compris que le rapport de force jouait en leur défaveur, et ont été forcés de coopérer sous le regard des caméras déployées à l’intérieur et à l’extérieur et tenues par des combattantes parmi lesquelles la « dame de fer », Salomène Tchaptchet.

Le déploiement du FRONT UNI aurait été parfait n’eût été la saillie malencontreuse d’un thuriféraire du régime se présentant comme un certain Florent MBIA. Ce dernier tenta de rappeler que les affichages sauvages ne correspondent pas aux normes de la société française. Ce à quoi les leaders du FRONT UNI lui ont répondu que ce n’était pas de leur faute s’ils venaient d’un pays où les normes avaient simplement disparues, et qu’il fallait leur concéder ce nécessaire temps d’adaptation. Ce garçon visiblement mal intentionné, et accompagné par M. Joan Joseph Atangana le ministre conseiller, a vu ses ardeurs refroidies par la ferme autorité du Commissaire Junior Zogo.

A la fin de l’audience, la délégation est ressortie sous l’escorte des accompagnateurs infiltrés. Une déclaration à la presse a été faite par le Général Waffo Wanto. Ensuite, une demi-heure durant, la campagne d’affichage et de sensibilisation de l’opinion s’est poursuivie dans les encablures du 73 Rue d’Auteuil dans le XVIème. Les habitants du quartier et/ou de la rue d’Auteuil ont une fois de plus exprimé leur exaspération de cohabiter avec cette mission diplomatique qui « ne fait pas la fierté des riverains de par les exactions dont l’administration qu’elle représente est coupable assez régulièrement » dixit Monsieur Pascal G., voisin de l’Ambacam.

Enfin, c’est par Washington, le lendemain 11 décembre, que le Front a clôturé cette première campagne d’action. Une douzaine de Camerounais, au nom du “FRONT” voulant faire entendre leur voix, contre les lois liberticides du dictateur Paul Barthélemy Biya Paul, se sont curieusement retrouvés devant un domicile privé qui abriterait les services de l’Ambassade du Cameroun aux USA. L’adresse officiellement fournie pour cette ambassade est le 3400 International Dr. Il se trouve pourtant que l’entrée du domicile où se trouverait réellement le siège de l’Ambassade du Cameroun est plutôt le 3007 Tiden Tr. Dans la confusion concernant la localisation exacte de l’Ambassade du Cameroun, la garde de la sécurité de l’ambassade d’Ethiopie sort pour attester que nul ne sait où se trouve l’ambassade du Cameroun, mais indique aux membres du Front où se trouve le 3400. Devant cette entrée, il n’y a personne pour renseigner l’usager, comme cela est le cas pour toutes les ambassades environnantes. Après plusieurs recoupements et coup de fils, les combattants du Front concluent donc qu’il faut aller devant le 3007 Tiden Tr. Derrière une entrée privée avec un front desk, une charmante dame, comme on voit dans tous les complexes d’habitations privées aux USA, les accueille et leur demande s’ils ont rendez-vous. Par curiosité, le Dr Jean Bosco Tagne, qui emmène la délégation, se rend dans une pièce à côté du Front desk. Quelle n’est sa désolation de voir, dans cette toute petite pièce, 5 sièges et une feuille de papier collée au mur avec l’inscription “Ambassade du Cameroun”. Quatre personnes y attendaient d’être servies. Ainsi, l’information que leur avait donnée les services secrets américains était donc vraie : l’ambassade du Cameroun aux USA est logée dans une chambre au 3ieme niveau de ce complexe d’habitation. La désolation du Dr Tagne de voir son pays réduit à ça, est telle qu’il ne peut s’empêcher d’avoir des larmes aux yeux. “It doesn’t make any sense to me”, dit-il. Cette tristesse est exprimée dans une vidéo (https://www.youtube.com/watch ? v=rOF4kwshRxE&feature=youtu.be) que le Front a réalisée à cette occasion. Un responsable du Front relève que tout chef d’état étranger de passage aux USA se repose avec fierté et dignité dans son Ambassade, mais que, hélas, « Le démon de Paul Biya avec lequel le bon Dieu nous a puni, ne connait même pas ou est logée son ambassade », avant de ponctuer « Pauvre Cameroun ! ».

Selon nos informations, les contestations des compatriotes dans ce domaine prive rendent les occupants très nerveux, et ces derniers ne se sentent plus tranquilles avec un tel voisinage et voudraient voir les occupants de la chambre du niveau 3 déguerpir.

L’action s’est poursuivie par une manifestation devant le lieu ainsi identifié, avec des images comme celles du martyr Jacques Tiwa et des autres atrocités commises par le régime du dictateur Paul Biya, qui vote ses lois contre les manifestations publiques, visant à tuer les opposants au lieu d’utiliser l’argent du Cameroun pour maintenir au moins le rang du Cameroun à l’étranger par des ambassades dignes de ce nom.

« Nous au “FRONT” sommes déterminés à faire partir ces voleurs », conclura un des responsables du Front.

Après cette série de 3 actions menées avec brio, le Front a assuré de son soutien, toutes les composantes résistantes et progressistes qui, sur place au Cameroun, s’organisent et manifestent leur opposition à cette loi scélérate et au régime dictatorial de Paul Biya. Et nul doute que cette connexion ne fait que commencer.

Reportage conjoint de Benoît Joël Essama, Patrick Noubissié et P. F. Bozanga, à Bruxelles, Paris et Washington.



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