L'article

9
sept
2015

Cancer de la prostate : Encore plus de récidive chez les fumeurs

Le tabac augmente le risque de cancer de la prostate, mais aussi le risque de rechute en cas de premier cancer diagnostiqué.

S’intéresser à l’influence du tabagisme sur le cancer de la prostate peut sembler surprenant, car le principal facteur de risque est l’âge. Plus on vieillit, plus le risque augmente, en particulier après 40 ans. Voilà la livre de chair payée à l’allongement de l’espérance de vie. Cela étant, la plupart des hommes mourront sans même savoir qu’ils ont un début de cancer de la prostate car, à partir de 70 ans, âge médian du diagnostic en France, les autres raisons de mourir ne manquent pas.

Deux autres facteurs de risques sont bien établis, rappelle l’Institut du cancer (Inca) sur son site d’information (www.e-cancer.fr) : les antécédents familiaux de cancer de la prostate (père, frère, grand-père, oncle) que l’on retrouve dans environ un quart des cas, et l’origine ethnique et géographique, avec un risque accru pour les hommes d’origine afro-antillaise et dans les pays d’Europe du Nord et d’Amérique du Nord.

Risque de récidive après opération pour les fumeurs

En revanche, le tabac n’est pas cité dans les différentes recommandations. Du moins pas encore. Ce n’est qu’en 2014 qu’une vaste méta-analyse, c’est-à-dire une synthèse statistique des études les plus rigoureuses sur le sujet, concluait à l’influence « modeste mais statistiquement significative » du tabac sur le risque de mourir d’un cancer de la prostate.

Une nouvelle étude publiée dans la revue European Urology vient compléter cette analyse en montrant qu’il y a également un risque accru de récidive après opération lorsque l’on est fumeur ou ancien fumeur. « Quand le Pr Shahrokh Shariat, de l’université de Vienne, m’a contacté pour participer à cette étude, j’avoue avoir été un peu dubitatif, raconte au Figaro le Pr Morgan Rouprêt, chirurgien urologue à la Pitié-Salpêtrière (APHP). J’aurais été plus enthousiaste s’il m’avait parlé du rein ou de la vessie, par exemple. »

Mais le Pr Shariat est un homme têtu, et après avoir fait la même démarche auprès de collègues d’une dizaine de pays différents, il avait rassemblé 6538 patients ayant eu une prostatectomie radicale (la prostate est retirée chirurgicalement) sans nécessité de traitement hormonal.

80 % de risques en plus

Il ne restait plus qu’à vérifier régulièrement l’absence de récidive biologique, autrement dit que le taux de PSA (marqueur sanguin du volume prostatique) restait bien en dessous de 0,2 ng/ml. Au final, avec un suivi médian de 28 mois, les résultats montrent un risque de récidive biologique accru de 80% pour les fumeurs et de 63% pour les anciens fumeurs. Il fallait avoir arrêté de fumer depuis au moins dix ans pour revenir au même risque de base que les non-fumeurs.

« Soyons franc, on ne s’attendait pas à trouver cette association, reconnaît le Pr Rouprêt. Cela montre qu’en plus de ses autres méfaits le tabac augmente également le risque de cancer de la prostate et, à partir du diagnostic, le risque de récidive et de progression de la maladie. »

Source : Le Figaro Santé



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