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11
nove
2014

Cancer du sein et bouffées de chaleur

Certaines femmes arrêtent leur traitement à cause d’effets secondaires très handicapants.

Les symptômes vasomoteurs (bouffées de chaleur) sont l’un des inconvénients possibles du traitement du cancer du sein. Malheureusement, l’impact de cette gêne est souvent sous-estimé par les médecins. C’est le double enseignement des travaux réalisés par les universités de Southampton et de Warwick, qui viennent d’être dévoilés au Congrès annuel de l’Institut national de recherche sur le cancer du Royaume-Uni.

Le Dr Deborah Fenlon et ses collègues ont eu la bonne idée de croiser le vécu des patientes traitées pour un cancer du sein avec la perception des médecins. 94 % des 666 femmes ayant répondu à l’enquête disent souffrir de bouffées de chaleur, très invalidantes pour 75 % d’entre elles. Pourtant, les médecins estiment eux que seules « 10 à 30 %» des femmes traitées y sont sujettes.

Ces bouffées de chaleur peuvent résulter de la ménopause (naturelle ou induite par la chimiothérapie) mais c’est aussi l’un des effets indésirables bien connu des traitements hormonaux adjuvants tels que le tamoxifène ou les anti-aromatases prescrits aux femmes ayant un cancer sensible aux hormones (hormonodépendant). « Ces effets secondaires bien réels et souvent niés par un corps médical préoccupé uniquement à nous sauver la vie s’installent non pas pour quelques mois comme pour la chimiothérapie mais bien cinq longues années, allant jusqu’à empêcher toute vie sociale ou professionnelle acceptable », témoigne Catherine Cerisey, patiente engagée qui partage depuis plusieurs années son expérience sur son blog. Prise en charge complexe

À tel point que le bénéfice de l’hormonothérapie à long terme (réduction de la mortalité et des récidives) s’efface parfois, pour les patientes, derrière les inconvénients au quotidien. « Les traitements hormonaux agissent généralement en réduisant la production d’œstrogène, une hormone qui favorise la croissance et la dissémination du cancer, souligne le Dr Fenlon. C’est dire l’impact désastreux des bouffées de chaleur pour que des femmes envisagent d’interrompre leur traitement ! »

Dans l’étude anglaise, 25 % des femmes étaient dans ce cas. D’autres travaux montrent que près d’une femme sur deux ne va pas au bout des cinq ans d’hormonothérapie. Les bouffées de chaleur peuvent y contribuer. Pour atténuer l’intensité des symptômes vasomoteurs, il existe des médicaments (IRSS, clonidine, gabapentine…) et des approches complémentaires (yoga, acupuncture, etc.) mais le plus efficace, le traitement hormonal substitutif, est contre-indiqué. « La prise en charge est d’autant plus complexe que les traitements antidépresseurs de type IRSS, qui sont souvent prescrits dans cette indication, diminuent de manière très significative l’efficacité du traitement antiœstrogène en raison d’interactions pharmacologiques méconnues des médecins eux-mêmes », ajoute Mahasti Saghatchian, oncologue médicale à l’Institut Gustave Roussy de Villejuif en région Parisienne.

Source : http://sante.lefigaro.fr/actualite/...



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