L'article

22
octo
2015

Ces panneaux solaires qui illuminent les rues kenyanes

Une start-up basée à Nairobi travaille depuis 2010 pour offrir progressivement la lumière aux foyers d’Afrique subsaharienne. Son principe : un versement quotidien d’argent par téléphone mobile.

Du haut de sa tribune, Barack Obama, de retour en juillet dernier dans le pays de son père, l’a affirmé : « Aujourd’hui, un jeune Kenyan, s’il a de l’ambition et la volonté de s’en sortir n’aura pas besoin de suivre les pas de mon grand-père et de servir les maîtres blancs. Vous pouvez désormais construire votre futur ici, et maintenant ». C’est sur cette envie de changer les choses que la jeune start-up de Nairobi, M-Kopa, a construit ses fondations en 2010. Son objectif est simple : offrir l’accès à l’électricité, à moindre coût, à l’ensemble du Kenya mais aussi de la Tanzanie et de l’Ouganda.

L’idée est partie d’un constat simple. Aujourd’hui, encore deux personnes sur trois n’ont pas accès au réseau électrique kenyan. Dès 2012, Chad Larson et deux de ses amis ont lancé le commerce de petits panneaux solaires qu’ils proposent aux villages du pays. « On a très rapidement reçu le soutien d’investisseurs internationaux qui étaient prêts à nous aider et nous faire grandir rapidement », explique Larson. Depuis, M-Kopa a déjà connecté plus de 200.000 foyers au Kenya, en Tanzanie et en Ouganda, et affirme procéder, chaque jour, à l’installation de 500 nouveaux panneaux solaires.

42 centimes par jour payés par téléphone

Dans un reportage diffusé sur Bloomberg TV, Rebecca, une mère de famille de 35 ans vivant dans le village de Ndela, situé à 80 kilomètres à l’est de Nairobi, raconte qu’elle payait jusqu’ici « 100 shillings par jour (environ un dollar) pour du kérosène ». Après installation du système par M-Kopa, la femme ne paie plus que 42 shillings par jour, soit 42 centimes de dollar, pour une plaque solaire générant 8 watts et pouvant faire fonctionner deux ampoules LED. Elle explique que désormais, son fils de 18 ans, peut « lire et faire ses devoirs le soir ». Une libération et un développement qui « va pouvoir permettre une meilleure éducation, stimuler la production et actionner définitivement la croissance économique du pays », selon Chad Larson.

Le paiement du système solaire s’effectue à l’aide des téléphones portables. Paradoxalement, 78% des Kenyans possèdent actuellement un forfait téléphonique ce qui permet un échange de monnaie par un service de paiement mobile. Si le paiement quotidien n’est pas effectué, le panneau solaire est désactivé via la carte SIM. Si le client paie, le système continue de fonctionner.

Le principe a été adoubé par Barack Obama lors de sa récente visite au Kénya. Si le président américain a avoué « ne pas vouloir donner sa carte de crédit » dans un éclat de rire, il a également affirmé souhaiter voir « s’allumer des milliers, des dizaines de milliers, des centaines de milliers et à terme des millions de foyers à travers l’Afrique ». Le continent compte aujourd’hui plus de 600 millions de personnes privées d’un accès régulier à l’électricité, soit un peu de 50% de la population africaine. M-Kopa espère maintenant que « la visite de Barack Obama va permettre de faire bouger encore un peu plus les choses, notamment au « niveau local ».

Source : Le Figaro



repondre Réagir à cet article    

Les commentaires (0)

> L'ARTICLE EN IMAGE
> L'AUTEUR
> Audience
  • 64 visites
> Faire suivre l'info

ARTICLES SIMILAIRES


 
Administration