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1er
févr
2015

Chine-France : le rêve africain

Les autorités chinoises ont fait passer un message fort au Premier ministre français lors de rencontres politiques à Pékin : la Chine souhaite développer des partenariats avec la France pour aller explorer ensemble les marchés extérieurs. Le Premier ministre chinois a été très explicite lors de la conférence de presse commune : "La France et la Chine doivent promouvoir des sujets structurants, comme le nucléaire, l’aéronautique, le chemin de fer, et développer ensemble les marchés des pays tiers", a déclaré Li Keqiang.

Lors des conversations, la Chine a parlé plus spécifiquement d’Asie du Sud-Est et d’Afrique. Et au sens chinois, l’Afrique englobe tout le continent : du Maghreb à l’Afrique du Sud, en passant par l’ensemble du monde arabe. Pour le Premier ministre chinois, c’est une manière pour la Chine de proposer une solution au déficit commercial qu’enregistre la France à son égard (plus de 25 milliards d’euros, selon les chiffres français, environ 20 milliards, de source chinoise), un déséquilibre qui embarrasse Pékin. "La Chine ne cherche pas à avoir un excédent commercial avec la France, elle voudrait atteindre l’équilibre pour permettre de développer entre les deux pays une relation commerciale à long terme", a déclaré Li Keqiang.

La Chine, premier investisseur en Afrique

Pour le président Xi Jinping, qui est revenu sur le sujet en soulignant les perspectives de croissance, la vision est d’ordre plus stratégique. La Chine s’est intéressée de nouveau à l’Afrique à la fin du XXe siècle, lorsque le reste du monde regardait vers... la Chine. Voyant "l’opportunité historique" de développer son influence sur cet immense continent délaissé par les anciennes nations coloniales, Pékin a d’abord voulu y aller seule. Animée par la nécessité de s’approvisionner en matières premières et en pétrole, la Chine a contribué à développer des infrastructures en Afrique, construisant hôpitaux, écoles et routes (reliant les ports et les gisements) en échange de concessions.

La Chine est ainsi devenue en 2010 le premier investisseur en Afrique et ses échanges commerciaux avec le continent ont dépassé les 100 millions de dollars. Ce faisant, la Chine a révélé aux Occidentaux l’existence d’une nouvelle génération africaine, désireuse à son tour de s’enrichir et de se développer. Aujourd’hui, le monde voit l’Afrique comme un continent d’avenir. Mais les Chinois ont eu aussi des déboires en Afrique, leurs méthodes trouvant leurs limites. Dans plusieurs pays (le Niger, par exemple), des manifestations de protestation contre la présence chinoise ont même eu lieu.

Sourde aux offres du Quai d’Orsay

Sourds il y a dix ans aux offres du Quai d’Orsay pour travailler ensemble, voilà à présent les Chinois demandeurs de partenariats. "Les Africains ont le marché, les Chinois veulent investir leur argent à l’étranger, les Français ont les technologies, c’est gagnant-gagnant-gagnant", estime un industriel. Certains programmes existent déjà, comme Total et son partenaire chinois qui explorent des gisements pétroliers offshore au large de l’Angola et au Nigeria. D’autres sont à l’étude, comme les projets d’EDF-Areva et de leurs partenaires chinois en Arabie saoudite et en Afrique du Sud.

La lutte contre le virus Ebola pourrait constituer un projet fondateur. La Chine et la France inaugurent ce week-end à Wuhan les locaux d’un centre MP4 de recherche sur les maladies hautement infectieuses. "On a changé d’époque", a résumé Manuel Valls. C’est donc une toute nouvelle approche qui doit être imaginée. À l’écoute cette fois des besoins des pays africains, dans une logique non plus d’assistance, mais de développement...

lepoint.fr



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