vendredi, 18 mai 2012|

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Corruption, voici les preuves

Le 14ème commissariat de la ville de Yaoundé est logé dans les locaux du Labogénie au quartier Ekounou. Outre ce quartier l’un des plus enfiévrés de la capitale, ce commissariat est responsable de la sécurité publique dans le secteur dit Caroussel, Nkomo, Ekié et sur une bonne partie d’Ekoumdoum.

L’une des caractéristiques de cette zone de compétence du 14ème arrondissement est qu’elle héberge au mètre carré le plus grand nombre des débits de boissons de Yaoundé. Mvan, voisin d’Ekounou a pris sa revanche récemment : les bars sont collés les uns aux autres ; vociférant des sons inaudibles et tintamarresques ; ils rivalisent du volume de leurs décibels. Ces bars selon la nature de la licence obtenue pour fonctionner, ils sont tenus à la réglementation qui voudrait que ces débits obéissent à certaines heures de fermeture. Les policiers du 14ème connaissent parfaitement les heures auxquelles ces bars sont astreints. Quel qu’il soit, minuit semble être l’heure ultime pour la fermeture de tous les débits de boisson.

C’est le moment indiqué où les policiers du 14ème entrent en action. Le scénario est bien huilé : le car police a en cabine un officier ; il entame la ronde. Cette ronde n’est pas pour demander aux tenanciers de respecter la loi en fermant leur structure. Devant chaque bar ouvert, le tenancier se précipite vers l’officier, lui remet un billet ; l’officier peut contester si la somme reçue ne correspond pas à l’heure tardive de la nuit. Tous les bars ouverts seront visités et le geste se reproduira jusqu’à ce que la ronde se termine. Le pactole collecté est acheminé au commissariat. On peut imaginer la suite. Demain, la collecte reprendra, de la même manière. Les policiers ne se dissimulent pas. La simple pudeur ne les hante plus. Leur racket ; ils le font au vu et au su de tout le monde. Un tenancier de bar explique qu’après avoir versé la dîme à la police chaque soir, il augmente aussitôt le prix d’une bouteille de 50 francs afin de récupérer son manque à gagner.

Voilà un acte de corruption basique, facile à constater et à réprimer. Sans cela, dire aux Camerounais qu’il existe quelque part une réelle volonté de lutter contre la corruption serait une injure. Par essence, le policier est le reflet de la société par sa supposée droiture, par son souci de veiller sur la sécurité des habitants de la cité. Doit-on confier la sécurité des gens aux mains d’une catégorie sociale cupide et immorale ? Il existe d’autres témoignages encore inimaginables du comportement abject des policiers de ce commissariat. Ce cadre n’est pas indiqué pour les traiter.

Ce que nous venons de relater ici est vérifiable. Nous attendons que la hiérarchie de la police mène une enquête pour vérifier l’authenticité de nos propos afin de démontrer que la corruption est combattue. Nous attendons qu’un procureur de la République organise une traque. Si rien n’est fait, ne nous parlez plus de lutte contre la corruption.

La lettre du suicidé

Charles Baudelaire avait le génie, la fougue. Il était aussi hanté par un instinct régulier de mort. Plus le succès le côtoyait, plus le regard qu’il portait sur lui-même devenait bizarre. Jean Paul Sartre avait dit de cet écrivain du XIX ème siècle qu’il avait " le regard d’un homme penché, penché sur lui-même pour se regarder voir " Baudelaire écrit "Les Fleurs du Mal" ; le succès est immédiat. La critique le juge " de grossier et d’obsédé sexuel " Le Spleen de Paris" est sublime. On se l’arrache. Le 30 juin 1845, Baudelaire écrit une étrange lettre signée, datée et adressée à personne. Il dit : "Je me tue parce que je ne puis plus vivre (…). Je me tue parce que je suis inutile aux autres et dangereux à moi-même. Je me tue parce que je me crois immortel et que j’espère…" Un mois plus tard, le poète mourait, il avait alors 46 ans.

Cette lettre conservée depuis lors à l’Hôtel Drouot à Paris, a été sortie et mise en vente aux enchères depuis le 1er décembre dernier ; sa valeur est estimée à 32.800 millions de francs Cfa. Depuis ce temps, les collectionneurs se bousculent. A qui reviendra le précieux sésame dont la valeur actuelle serait multipliée par 3 dans 10 ans.


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