L'article

4
juil
2016

Des progrès remarquables contre la leucémie

Si les taux de mortalité par cancers baissent dans l’Europe entière, cette tendance est encore plus marquée pour les jeunes atteints de leucémie.

Il n’y a pas qu’en France que les taux de mortalité par cancers baissent. C’est vrai dans toute l’Europe, comme le rappelle une étude publiée fin janvier dans la revue Annals of Oncology. Cette tendance à la baisse est particulièrement marquée chez les enfants et jeunes adultes atteints de leucémie. Selon les projections des chercheurs, entre 2009 et 2016 les taux de décès liés à une leucémie chutent de 38 % chez les garçons de 0-14 ans et de 20 % chez les filles. Entre 15 et 44 ans, ces diminutions sont de l’ordre de 26 % chez les hommes et de 22 % chez les femmes. Entre 45 et 69 ans, les taux de mortalité baissent de 19 % pour l’un et l’autre sexe.

Mais derrière ces chiffres globaux, se cachent des réalités très variées. « Il n’y a pas une, mais de nombreuses leucémies. Même dans un groupe, les leucémies ne sont pas toutes identiques. C’est un peu comme une agrégation de maladies orphelines », explique le Pr André Baruchel, hématologue à l’hôpital Robert-Debré à Paris. Schématiquement on distingue les leucémies aiguës, qui se développent rapidement, des leucémies chroniques. Ces deux catégories sont elles-mêmes cataloguées en fonction des cellules touchées : les leucémies lymphoblastiques touchent les précurseurs des lymphocytes, et les leucémies myéloblastiques s’attaquent aux précurseurs des autres globules blancs.

De bons taux de guérison

Les plus fréquentes chez les enfants ne sont pas les mêmes que celles rencontrées le plus souvent chez l’adulte : les plus jeunes sont touchés exclusivement par des leucémies aiguës et plus particulièrement par la leucémie aiguë lymphoblastique (LAL), très rare chez les adultes ; dans 15 % des cas, ils développent une leucémie aiguë myéloïde (LAM).

Aujourd’hui, en pédiatrie, les taux de guérison atteignent 90 % dans les LAL et 60 % dans les LAM. « Depuis les années 1990, l’intensification des traitements a entraîné une diminution de la mortalité globale. Nous avons d’abord traité plus intensément les enfants qui, contrairement à ce qu’on pourrait penser, supportent mieux les chimiothérapies, puis les jeunes adultes », souligne le Pr Baruchel.

Chez les adultes au contraire, la LAM est la leucémie aiguë la plus fréquente. Les moins de 55 ans présentent un taux de survie identique à celui des enfants, mais la LAM se rencontre majoritairement au sein des plus de 60 ans, chez qui il est difficile d’intensifier les chimiothérapies. Résultat : la survie, proche de 30 % entre 55 et 65 ans, s’effondre à 3 % à 75 ans et plus selon les données françaises de l’INVS. « Ces dernières années, nous avons fait des progrès avec la découverte de marqueurs moléculaires qui permettent d’aller plus rapidement vers une allogreffe en cas de mauvais pronostic, ou avec l’apparition des thérapies ciblées utilisées en cas d’échec des chimiothérapies classiques. Mais pour le moment nous ne voyons pas de répercussions significatives sur la mortalité à long terme », explique le Dr Amine Belhabri, hématologue au centre Léon-Bérard à Lyon.

À l’inverse, la leucémie myéloïde chronique, qui frappe les adultes avant 60 ans, a bénéficié de l’apparition des thérapies ciblées au début des années 2000 et plus particulièrement du Glivec. Jusqu’à son apparition, la LMC était le plus souvent fatale sans recours à la greffe. « Aujourd’hui lorsque les patients sont en rémission complète nous pouvons envisager d’arrêter le traitement », affirme Amine Belhabri.

Source : Le Figaro Santé



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