L'article

14
mai
2016

En France, le chômage n’affecte pas la fécondité mais retarde l’arrivée du premier enfant

Contrairement à d’autres pays, la fécondité des couples français a peu diminué avec la crise économique. Mais les hommes et les femmes sont moins nombreux à vouloir rapidement un enfant quand ils sont au chômage, relève une étude de l’Ined.

En France, la crise économique semble avoir peu affecté la fécondité des couples, contrairement à la plupart des autres pays développés. Mais le chômage retarde tout de même l’arrivée du premier enfant, selon une étude publiée récemment par l’Institut national d’études démographiques (Ined).

La forte progression du chômage chez les moins de 35 ans, depuis le début de la crise en 2008, ne s’est pas accompagnée d’une baisse sensible de l’indicateur conjoncturel de fécondité, qui est resté autour de deux enfants par femme : 1,98 en France métropolitaine en 2014 comparé à 2,01 en 2008. Mais les hommes comme les femmes ont moins l’intention d’avoir un premier enfant dans un avenir proche lorsqu’ils sont au chômage, souligne l’étude.

Ses auteurs se sont appuyés sur une enquête réalisée par l’Ined et l’Insee entre 2005 et 2011 en France métropolitaine : 10 079 hommes et femmes de 18 à 79 ans avaient été interrogés fin 2005, puis recontactés trois et six ans plus tard*. Parmi les personnes en âge d’avoir des enfants en 2005, 24% des hommes et 38% des femmes au chômage déclaraient souhaiter un premier enfant dans les trois ans, moins que les actifs occupés - respectivement 43% et 53%.

Pas d’effet sur les chômeurs déjà parents

Pour ceux qui ont déjà au moins un enfant, il n’y a en revanche "aucune différence significative" dans le désir d’enfant entre chômeurs et actifs occupés. Alors que les chômeurs sans enfant sont plus souvent des personnes n’ayant jamais travaillé, ceux avec enfants ont généralement une expérience professionnelle qui leur ouvre des droits aux allocations chômage et rend le futur moins incertain, soulignent les auteurs.

Après trois ou six ans, les personnes qui souhaitaient un premier enfant ont moins souvent engagé une grossesse lorsqu’elle ont connu une période de chômage. Ce retard de leur projet s’explique par un report de la mise en couple pour les hommes, et par l’attente d’une situation professionnelle stable pour les femmes. En revanche, le chômage n’affecte pas la réalisation des projets d’enfants pour ceux qui sont déjà parents.

Source : L’Express



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