L'article

8
octo
2015

En France, les étudiants en médecine sont en majorité issus de milieux favorisés

Publiée en Aout dernier, une étude analyse les profils des étudiants en première année de médecine. Elle montre notamment qu’en 2013-2014, 65% des nouveaux inscrits étaient des femmes.

Intégrer médecine sans passer le concours de première année, c’est possible. Mais les places sont très chères. Pour les autres, il y a la PACES, la première année commune aux études de santé. La Drees, Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques a étudié le profil et les parcours de ces étudiants, révélant par ailleurs que ces derniers étaient en majorité issus de milieux favorisés.

La réforme des études médicales mise en place en 2010 a été portée conjointement par Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Éducation nationale, et Geneviève Fioraso, secrétaire d’État à l’Enseignement supérieur et à la Recherche. L’un des points d’orgue de cette dernière était de regrouper les quatre filières : odontologie, pharmacie, maïeutique et médecine et instaurer quatre concours différents.

Cette réforme a été un chamboulement dans les études de santé. Mais ce changement n’a pourtant « pas modifié les caractéristiques sociodémographiques des étudiants de première année, dont l’origine sociale est marquée par une surreprésentation des classes favorisées », souligne la Drees.

Une des « formations les plus clivées socialement »

Si « trois [étudiants] sur dix ont des parents cadres supérieurs ou exerçant une profession libérale » en France, « un sur dix sont des enfants d’ouvriers », rappelle l’étude. Constat pourtant bien « exacerbé » pour les étudiants en Paces, avec « quatre étudiants sur dix » provenant de milieux favorisés pour l’année 2013-2014. Une révélation qui place les études de santé parmi « les formations les plus clivées socialement, derrière les classes préparatoires aux grandes écoles ».

En somme, « un enfant de cadre a deux fois plus de chance qu’un enfant d’ouvrier d’intégrer une deuxième année » et 2,5 de plus en médecine. Seuls 37% des nouveaux inscrits en Paces en 2010-2011 et ayant validé leur premier semestre ont intégré une deuxième année d’études médicales en un ou deux ans. Ce taux est supérieur de trois points à celui de la génération précédente.

Une différenciation homme-femme

Autre chiffre mis en avant par la Drees : 65% des nouveaux inscrits en 2013-2014 sont des femmes. Par ailleurs, l’augmentation des hommes dans les écoles de sages-femmes, qui leur sont ouvertes depuis 1982, a été stoppée. Multipliés par 5 entre 2005 et 2010 pour atteindre plus de 10% du total des étudiants en 2010, les effectifs masculins ont pourtant baissé « de plus de moitié » à partir de 2011, indique l’étude.

Les étudiants doivent désormais choisir leur filière avant de passer le concours au lieu d’attendre leur classement aux épreuves, ce qui laisse supposer que les hommes avaient tendance à devenir sage-femmes par défaut. Seuls deux hommes figuraient donc parmi les 174 étudiants inscrits en Paces en 2010 et ayant parvenus à intégrer une école de sages-femmes à l’issue de leur première année.

Source : Le Figaro Etudiant



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