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8
octo
2015

Être père avant 25 ans augmente la mortalité

En comparant près de 12.000 frères ayant eu des enfants, des chercheurs finlandais ont calculé que celui qui avait eu son premier enfant avant 25 ans avait 63 % de risque en plus de mourir avant 55 ans.

Si l’on veut vivre vieux, il ne faut pas être père trop jeune. Plus exactement, si l’on est un Finlandais né dans les années 1940-1950 et que l’on a eu un enfant avant l’âge de 25-26 ans, on risque davantage de mourir jeune, c’est-à-dire autour de la cinquantaine (à cinq ans près). Or, 25-26 ans, c’est l’âge moyen de la paternité en Finlande pour cette génération.

Dans l’étude que viennent de publier Elina Einiö et Jessica Nisén, sous la houlette du Pr Pekka Martikainen de l’université d’Helsinki, on comptait même 15 % des hommes déjà pères à l’âge de 22 ans. D’ailleurs, ce sont eux qui se révèlent les plus menacés de mourir précocement car ils ont un risque accru de 73 % par rapport à leurs frères moins pressés d’avoir des enfants. Cependant, le risque est aussi accru pour les jeunes devenus pères à 23-24 ans puisqu’ils présentent une augmentation de mortalité de 63 % autour de 50 ans.

Tout l’intérêt de l’étude finlandaise publiée dans le dernier numéro du Journal of Epidemiology & Community Health est d’avoir utilisé des fratries pour effectuer les comparaisons. Sur les 30.565 pères, 11.743 avaient au moins un frère et quatre fois sur cinq ils n’avaient pas eu leur premier enfant au même âge.

Par rapport à toutes les études réalisées jusqu’ici, celle-ci permet de minimiser l‘influence des caractéristiques génétiques ou environnementales. On sait depuis longtemps que des conditions socio-économiques défavorables ou un niveau d’éducation faible favorisent les paternités précoces, mais cet écueil est ici atténué puisque les frères ont grandi dans un même foyer.

« Stress psychologique »

« Nos résultats confirment la relation de cause à effet entre une paternité survenue jeune et la mortalité », concluent les chercheurs, qui restent toutefois prudents : « Il n’est pas évident de savoir si cela s’appliquera aux nouvelles générations de jeunes pères, qui vivent d’autres types de stress et de responsabilité par rapport à leurs enfants. »

Les chercheurs rappellent ainsi qu’en Finlande près de la moitié des femmes mariées à l’âge de 23 ans dans les années 1955-1971 étaient enceintes lors de la cérémonie. « Il est donc probable, que beaucoup de jeunes hommes aient vécu une pression normative pour régulariser leur situation », suggèrent-ils, ce qui n’est sans doute plus le cas aujourd’hui. Par ailleurs, à cette époque, seuls 5 % des enfants naissaient hors mariage et 90 % des couples étaient encore ensemble après dix années de vie commune.

Pour Elina Einiö et ses collègues, « il est probable que paterner lorsque l’on est jeune accentue le stress psychologique, social et économique, ce qui renvoie à l’idée d’être à la fois père, mari et soutien de famille ». C’est pourquoi les scientifiques suggèrent « de soutenir les jeunes papas qui doivent répondre aux exigences de la vie familiale afin de promouvoir leurs comportements vertueux et leur santé future ».

D’autant que seule la mortalité a été envisagée ici mais que l’impact des paternités précoces sur la santé en général et le risque de maladie est aussi probable, comme l’indiquent d’autres études.

Par damien Mascret

Source : Le Figaro Santé



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