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6
janv
2015

France : Comment la pollution aux particules fines tue très rapidement

Selon l’Institut de veille sanitaire, qui a étudié 17 villes, la pollution aux particules fines aggrave brutalement des symptômes préexistants.

La pollution atmosphérique tue. Et à très court terme. C’est ce que révèle l’Institut de veille sanitaire (InVS) dans son Bulletin épidémiologique hebdomadaire de l’année, rapporte "Le Monde" mardi 6 janvier. Dans ce bulletin, l’InVS a quantifié l’impact des particules fines PM10, baptisées ainsi du fait de leur diamètre, inférieur à 10 microns.

Déjà en novembre dernier, le CNRS avait calculé que pendant le pic de pollution du 13 décembre 2013, les rues de Paris étaient aussi polluées qu’"une pièce de 20 mètres carrés occupée par huit fumeurs".

"L’Obs" décrypte l’impact des particules fines sur la santé.

# D’où viennent les particules fines ?

Les particules fines, aussi appelées microparticules, sont générées par les gaz d’échappement des véhicules, notamment les moteurs diesel, l’activité industrielle ou encore les systèmes de chauffage.

Les pics de pollution se produisent davantage au cours de l’hiver mais le risque de morts à court terme dues à la pollution "est sensiblement plus élevé pendant l’été, en particulier pour des raisons cardiovasculaires", relève "Le Monde".

# Quelles villes ont été étudiées ?

Comme le rappelle le quotidien, l’InVS avait réalisé en 2012 une première évaluation de l’impact à court et long termes de la pollution sur la mortalité dans neuf villes : Paris, Bordeaux, Lyon, Lille, Le Havre, Marseille, Rouen, Strasbourg et Toulouse.

L’étude publiée ce mardi se penche plus précisément sur la mortalité à court terme. Cette-fois, 17 agglomérations ont été étudiées : les neuf villes étudiées en 2012 plus Dijon, Grenoble, Montpellier, Nancy, Nice et Lens-Douai.

L’échantillon totalise près de 15,3 millions d’habitants, "dont 43 % à Paris et ses alentours". Comme le note le quotidien du soir, cela offre "une meilleure représentativité du territoire".

# Quel niveau de pollution pour ces villes ?

Aucune des villes étudiées ne dépassent la valeur réglementaire européenne de 40 microgrammes par mètre cube de particules fines PM10.

Toutefois seule Dijon respecte le seuil de pollution admis par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) à savoir 20 microgrammes par mètre cube. Au contraire, Marseille apparaît comme la ville dont l’air est le plus pollué aux particules fines. Vient ensuite Lille, Lyon, Nice, Grenoble et Lens-Douai.

Paris n’arrive qu’en septième position, devant Rouen et Strasbourg. "Les neuf autres agglomérations présentant une concentration moyenne annuelle de PM10 entre 21 et 25 microgrammes par mètre cube", note "Le Monde".

# Quel est l’impact des particules fines sur la santé ?

Dans son Bulletin épidémiologique hebdomadaire, l’InVS explique que les particules fines aggravent brutalement des symptômes préexistants. Et cela, même à des niveaux d’exposition relativement faibles.

Les particules fines augmentent donc le risque de mortalité immédiate et pas seulement sur le long terme. Les particules fines PM10 affectent les voies respiratoires et le cœur. Elles peuvent provoquer :

•Un accident vasculaire cérébral

•Une crise cardiaque

•Une rupture d’anévrisme

•Une angine de poitrine

•Ou encore une embolie pulmonaire

"Autant de pathologies qui peuvent se révéler fatales dans les cinq jours suivant une exposition", pointe "Le Monde".

Concrètement, à chaque fois que la concentration de PM10 augmente de 10 microgrammes par mètre cube, le risque de mort, hors accident, croît de 0,5%, révèle l’étude de l’InVS. "Les effets observés sont plus importants pour les personnes âgées de plus de 75 ans" avec un risque accru de 1,04%.

Les niveaux trop élevés de PM 2,5, une autre particule fine d’un diamètre égal ou inférieur à 2,5 microns, sont "responsables à long terme de plus de 2.900 morts anticipées".

Selon l’Organisme Mondial de la Santé, plus de 2 millions de personnes meurent chaque année des suites de l’inhalation de particules fines.

# Diminuer la concentration de particules fines peut-elle suffire ?

L’étude de l’InVS de 2012 montrait qu’une diminution des concentrations de PM10, au niveau de la recommandation de l’OMS, pourrait permettre d’éviter chaque année 250 morts à court terme et 1.000 hospitalisations liées à la pollution aux particules fines.

Paul Laubacher

Source : Le Nouvel Obs



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