L'article

27
août
2012

François Hollande en République démocratique du Congo pour le sommet de la Francophonie en Octobre

François Hollande a tranché : il se rendra bien, en octobre, en République démocratique du Congo pour le sommet de la Francophonie. Mais, pour ne pas servir de caution au régime de Joseph Kabila, le président français promet de "tout dire" et de rencontrer l’opposition. Cette visite en RDC sera le premier voyage officiel en Afrique du nouveau président français élu en mai. Ces derniers mois, plusieurs associations congolaises et françaises avaient demandé au président français de "ne pas se rendre à Kinshasa", pour éviter de conforter le régime autoritaire et contesté de Joseph Kabila. Aujourd’hui, dans un discours évoquant la "nouvelle donne" qu’il veut établir avec l’Afrique, Hollande a souligné l’importance d’un "enjeu" : "en 2050, 80% des Francophones seront africains, 700 millions de femmes et d’hommes". Puis il a officiellement confirmé sa participation au 14e sommet de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), prévu du 12 au 14 octobre. "J’y rencontrerai l’opposition politique, les militants associatifs, la société civile. C’est le sens de la nouvelle politique africaine de la France : tout dire partout et faire en sorte que ce qui soit dit soit fait", a-t-il assuré. Le 9 juillet, M. Hollande avait lui-même affirmé : "les autorités de la RDC doivent démontrer leur réelle volonté de promouvoir la démocratie et l’Etat de droit", dans un pays marqué en 2010 par l’assassinat du militant des droits de l’homme Floribert Chebeya. Depuis, le pouvoir congolais a mis à l’ordre du jour parlementaire un projet de réforme de la Commission électorale, évoqué la création d’une commission des droits de l’Homme... "Des résultats encore bien trop minces pour être satisfaisants", juge Cécile Marcel de l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture. "François Hollande aurait parfaitement pu se faire représenter à Kinshasa par un ministre" et "a manqué l’occasion de concrétiser la rupture promise", a estimé le président de l’association Survie, François Tarrit. "Il ne se démarque pas vraiment de la politique africaine de son prédécesseur. Nicolas Sarkozy était allé en 2009 en RDC et on avait vu cela comme un empressement à aller gagner des marchés pour la France", a-t-il rappelé.

Serge Bilé



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