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18
févr
2015

Grèce : Tsipras veut réclamer des "indemnités de guerre" à l’Allemagne

Le Premier ministre grec insiste sur "l’obligation morale et historique" de réclamer à l’Allemagne des indemnités de guerre et de rembourser le prêt imposé par le régime nazi.

Une "obligation historique" et "morale". C’est ainsi que le Premier ministre grec Alexis Tsipras évoque, dimanche 9 février, le choix de son pays à réclamer le remboursement du prêt imposé par le régime nazi et des indemnités de guerre à l’Allemagne. Un sujet sur lequel Berlin a déjà dit "non".

Cette déclaration est faite à quelques jours de réunions cruciales sur la dette de la Grèce, qui doit se tenir mercredi prochain à Bruxelles.

"Il y a une obligation morale envers notre peuple, envers l’Histoire, envers tous les peuples européens qui se sont battus et ont donné leur sang contre le nazisme, une obligation historique" à réclamer à l’Allemagne "des indemnités de guerre", déclare Alexis Tsipras en concluant son discours sur son programme de politique générale devant le Parlement.

Il a aussi demandé le remboursement du prêt imposé par les nazis à la Banque de Grèce.

162 milliards d’euros réclamé à l’Allemagne

Le parti de la gauche radicale Syriza d’Alexis Tsipras réclame une somme d’environ 162 milliards d’euros à l’Allemagne, soit l’équivalent de la moitié de sa dette publique de plus de 315 milliards d’euros.

Le Premier ministre a évoqué la lutte sur ce sujet de l’eurodéputé du Syriza, Manolis Glezos, 92 ans, figure emblématique de la Grèce, qui à l’âge de 19 ans pendant l’occupation nazie avait décroché le drapeau nazi du rocher de l’Acropole.

L’Allemagne a à plusieurs reprises refusé de payer cette somme à la Grèce en soutenant que cette affaire n’a pas de base juridique et qu’elle a perdu sa légitimité 70 ans après la fin de la guerre.

"La Grèce peut être le catalyseur"

Dans son discours devant le Parlement, émaillé d’envolées sur le thème de "la fierté nationale" rendue aux Grecs, Alexis Tsipras assure toutefois qu’il tiendra toutes ses promesses électorales.

Le Premier ministre grec s’engage, "à construire une nouvelle Grèce économiquement indépendante, souveraine, traitant d’égal à égal dans l’Union européenne et la zone euro".

"La décision inébranlable du gouvernement est d’honorer toutes ses promesses" de campagne, a-t-il assuré, "c’est une question d’honneur et de respect".

Et la Grèce veut aussi "servir sa dette" alors que pour sortir de l’austérité "la solution doit être européenne et la Grèce peut être le catalyseur", selon lui.

"C’est un problème de choix politique : aussi longtemps que nos partenaires insisteront sur l’austérité, le problème de la dette se perpétuera", lance-t-il.

Une kyrielle de mesures

Alexis Tsipras a ensuite annoncé une kyrielle de mesures, inclues dans son programme électoral, dont la plus spectaculaire est "la réinstallation" de l’ancienne télévision publique ERT. Elle a depuis été remplacée par une autre du nom de Nerit, montée à la hâte avec un cinquième des 2.600 employés de l’ERT licenciés en juin 2013.

Sans oublier des mesures pour les ménages les plus pauvres.

Mais à bien l’écouter, le discours d’Alexis Tsipras peut paraître plus raisonnable que ce que redoutaient les créanciers. Ainsi, il n’a pas annoncé de réembauches massive de fonctionnaires, mais seulement de ceux qui avaient été licenciés "illégalement", soit environ 3.000 personnes. De même, la remontée du salaire minimum de 580 à 750 euros sera "graduelle". Sur les privatisations il a refusé de "brader" les entreprises.

Source : L’Obs



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