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22
juin
2015

Hollande fait du forcing pour rencontrer Castro à Cuba : "Je voulais avoir ce moment d’Histoire"

Finalement, François Hollande a vu les deux frères Castro à Cuba lors de sa récente visite dans les Iles. Outre le président Raul Castro, il a rencontré Fidel Castro dans sa résidence. Une visite qui dépasse la politique, justifient le chef de l’Etat et le gouvernement.

Tout sourire, François Hollande sert la main de Fidel Castro, dans son éternel jogging, dont la veste ouverte dévoile qu’il porte une chemise. L’image capturée par le fils du Lider Maximo n’était pas prévue, pas plus que l’entrevue, à l’agenda de la visite à Cuba du président de la République. Cette rencontre lui a fait prendre du retard sur son programme, comme Le Point le raconte, mais qu’importe : "Je voulais rencontrer Fidel Castro", a assuré François Hollande, a posteriori.

En réalité, l’Elysée avait fait savoir la "disponibilité" du chef de l’Etat, sans trop y croire. Sans trop le vouloir non plus, peut-être ? Une réponse négative aurait "arrangé les affaires de Hollande. Il n’aura pas à se justifier auprès d’une partie de son camp et des dissidents", notait Libération lundi. Même s’il fait partie d’une génération pour qui Fidel Castro est une "figure d’émancipation", il a aussi dénoncé les "dérives" de son régime et assuré qu’il ne venait pas dans le "Cuba d’hier" mais dans l’île qui pourrait changer de plus en plus vite, alors que la perspective d’une levée de l’embargo américain se précise. "C’est un mythe, c’est plus fort que la politique"

Mais le père de la révolution cubaine en a décidé autrement. "Il y avait une part de curiosité. Un président de la République était là, il voulait le rencontrer...", a fait valoir François Hollande au Monde, se défendant de vouloir faire un coup politique. "C’est un mythe, c’est plus fort que politique", justifie Ségolène Royal auprès du Point, alors que la ministre de l’Ecologie reçoit les invités à la résidence de France de Cuba, à la place de François Hollande. Cette visite "est la moindre des choses", renchérit Christiane Taubira auprès de l’hebdomadaire : "Derrière la dimension politique inévitable, c’est une marque de respect vis-à-vis du peuple cubain."

Voici donc le président français au milieu de la famille Castro, dans sa résidence de La Havane, accompagné notamment par Jean-Pierre Bel, ex-président du Sénat devenu son émissaire personnel à Cuba et en Amérique latine. "J’avais devant moi un homme qui a fait l’histoire. Il y a forcément débat sur ce qui a pu être sa place, ses responsabilités, mais venant à Cuba je voulais rencontrer Fidel Castro", a insisté François Hollande. "Je voulais avoir ce moment d’Histoire. C’est l’histoire de Cuba, et c’est l’histoire du monde !" "Je l’ai trouvé très informé, très alerte"

Et le Lider Maximo aurait "beaucoup parlé" malgré ses 88 ans. "Je l’ai trouvé très informé, très alerte. Il avait envie de parler, a montré une acuité intellectuelle, de la réflexion", raconte François Hollande au Monde. A peine quelque "problèmes d’articulation" ont-ils été évoqués, d’après lui. Fidel Castro lui a aussi raconté "qu’il se renseignait sur Internet". Un luxe "dans un pays où la liberté de l’information est réduite au minimum et les accès à la toile quasi inexistants", ajoute le quotidien.

François Hollande lui a-t-il répété ce qu’il écrivait au sujet de Cuba en 2003, quand il menait le PS, dans les colonnes du Nouvel Obs ? Pour mémoire : "La belle révolution de 1959 (...) s’est transformée en cauchemar politique. (...) Rien ne peut excuser les dérives du régime castriste. Ni la figure emblématique de Fidel Castro, ni la persistance scandaleuse de la pression américaine, ni le symbole de la lutte pour la libération nationale." Pas sûr.

Les droits de l’homme n’ont sans doute pas eu la même place dans leur conversation que les "problèmes d’alimentation" ou la guerre, qui passionnent Fidel Castro, d’après le président français. Selon la version officielle relatée par Granma, "ils ont eu un dialogue intéressant sur les liens historiques entre Cuba et la France" avant de "passer en revue les thèmes de l’actualité internationale et d’échanger sur les complexités et les défis, dans un climat cordial et amical".

Source : L’Express



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