L'article

18
déce
2015

L’amnésie est-elle réversible ?

Lorsqu’elle fait suite à des lésions cérébrales, l’amnésie est définitive. Mais elle peut aussi venir de médicaments, d’une anesthésie, d’un traumatisme, et n’être que transitoire.

Dès que nous prenons de l’âge et si notre mémoire flanche, il est une maladie que nous redoutons : Alzheimer. Pourtant, cette pathologie n’est pas la seule qui soit responsable d’amnésie, c’est-à-dire de pertes de mémoire. Souvent, elles ne renvoient à rien d’autre qu’à des troubles de l’attention, tout à fait normaux au cours du vieillissement. Mais elles peuvent aussi faire suite à des encéphalites, des tumeurs, des accidents vasculaires cérébraux (AVC), voire des problèmes mentaux. Et selon les maladies en cause, elles se révèlent définitives ou réversibles.

Dans la majorité des cas, ce sont des difficultés à retenir des faits et des événements nouveaux : l’amnésie est dite antérograde. L’oubli du passé, ou amnésie rétrograde, peut s’y ajouter, voire exister seule, ou encore n’être que lacunaire et porter sur des moments précis. Même si, comme le fait remarquer le neuropsychologue Francis Eustache, chercheur à l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale) de Caen, « les souvenirs les plus anciens sont ordinairement préservés, car consolidés de longue date dans le cerveau ».

Enfin, on constate parfois que la personne se trompe dans les visages qu’elle reconnaît, ou encore qu’elle fabule. Quant à la mémoire des habitudes (faire du vélo, marcher, etc.), elle est généralement intacte, sauf dans les maladies de Parkinson et de Huntington. De fait, les mémoires touchées varient suivant les pathologies en cause et les zones cérébrales concernées.

Lorsqu’il s’agit du diencéphale - cette partie du cerveau située entre les deux hémisphères -, l’amnésie concerne tant le passé que les apprentissages, s’accompagne de fabulations, et le processus n’est pas réversible. C’est souvent la signature du syndrome de Korsakoff, lié à des carences en vitamine B1 et, partant, à l’alcoolisme chronique. Mais cela peut aussi se produire à la suite d’AVC. Autres causes d’amnésie définitive : des lésions dans le cerveau à la suite d’infections, d’accidents ou d’une dégénérescence des neurones. Des implants pour restaurer les souvenirs…

Pour Alzheimer, les problèmes démarrent dans l’hippocampe, une structure nichée au cœur du cerveau et jouant un rôle clé dans la mémoire. Lorsqu’elle est seule atteinte, l’amnésie antérograde est présente, l’amnésie rétrograde absente ou très limitée, et il n’y a ni fabulation ni problème de langage. En revanche, dès que les lobes frontaux sont touchés, des mots et des informations sont perdus, et la planification dans le temps devient difficile. Les lésions peuvent aussi toucher d’autres zones cérébrales et effacer de façon ciblée un type de mémoire rétrograde. Enfin, il arrive également que la mémoire soit perturbée de manière réversible à la suite d’une crise d’épilepsie, de maladies psychiatriques, de la prise de drogues, de médicaments, ou d’événements très stressants.

Les problèmes peuvent alors se régler de manière spontanée, notamment en cas d’ictus amnésique idiopathique, en clair : un trou noir de la mémoire qui peut durer quelques heures, avant de disparaître sans séquelles. Mais souvent, une prise en charge psychologique s’avère nécessaire. Quant à l’amnésie permanente, il reste toujours des pans de mémoire conservés, sur lesquels travailler. Aux États-Unis, un projet du DARPA, l’agence de recherche du ministère américain de la Défense, vise même au développement d’implants pour restaurer certains souvenirs et autoriser de nouveaux apprentissages.

Source : Figaro Santé



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