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24
déce
2014

La Chine offre son aide financière à la Russie en crise

Pékin met en avant le rôle du yuan comme source de liquidités alternative pour les entreprises russes.

La Chine a tendu la main à la Russie, en vue d’enrayer la dégringolade de son économie et de limiter les retombées qui pourraient l’affecter. Pékin est prêt à venir à la rescousse de son voisin frappé par la chute du prix du pétrole et les sanctions internationales en offrant une aide économique « dans la mesure de ses moyens », a déclaré le ministre des Affaires étrangères chinois Wang Yi ce week-end. Pour la première fois depuis l’effondrement du rouble, la seconde économie mondiale est sortie de son silence pour officiellement offrir son appui à son allié Vladimir Poutine.

Lundi, le rouble poursuivait sa remontée entamée après la panique de lundi et mardi dernier. Il a repris 24 % depuis le 16 décembre contre le dollar mais perdu 40 % depuis le début de l’année.

L’offre de services chinoise avait d’abord une portée psychologique, visant à rassurer les marchés paniqués par le décrochage de la devise russe. Elle est un appel du pied en direction de Moscou qui refuse de quémander de l’aide. « Le problème c’est que les Russes sont trop fiers ! », juge Ding Yifan, du Centre de recherche pour le développement, à Pékin. La Russie n’a pas encore actionné un accord de « swap » rouble-yuan portant sur 24 milliards de dollars qui pourrait offrir d’urgence des liquidités à l’économie russe. Cet accord conclu en octobre, en pleine défiance entre Moscou et l’Occident, qui permet de changer des roubles contre des yuans sans passer par le dollar, pourrait être élargi, a laissé entendre le ministre du Commerce, Gao Hucheng. Il contribuerait un peu plus à l’internationalisation de la devise chinoise qui joue déjà un rôle clé dans le commerce sino-russe depuis l’imposition de sanctions occidentales. La Chine est le deuxième partenaire commercial de la Russie derrière l’Union européenne.

Risque de contagion

Le soutien chinois répond à un double impératif, stratégique et économique. Sur le plan diplomatique, il s’agit de briser l’isolement croissant de Poutine, allié clé face aux démocraties occidentales. Sur le front de la croissance, il vise à cantonner le risque de contagion de la crise qui pourrait frapper par ricochet la machine à exporter chinoise, déjà en plein ralentissement. La Chine et l’Asie émergente suivent avec inquiétude la tourmente russe, craignant qu’elle ne déclenche une fuite des capitaux dans l’ensemble des marchés émergents.

Mais Pékin ne fera pas l’impossible pour sauver son allié, ayant conscience de la fragilité structurelle de son économie, si dépendante des hydrocarbures. « L’aide de la Chine ne pourrait sortir seule la Russie de l’ornière. Elle peut offrir du capital, des technologies et des marchés mais ces efforts auront un effet limité si l’économie russe continue de dépendre lourdement sur les exportations de pétrole et manque de diversité », prévient le quotidien Global Times dans un éditorial. Une leçon d’économie qui n’empêche pas Pékin de convoiter toujours autant les hydrocarbures et autres matières premières russes.

Pendant ce temps, le Russe le plus riche obéit à Poutine en rapatriant ses capitaux

Pour défendre le rouble, Vladimir Poutine a proposé une amnistie pour les capitaux rapatriés. Alicher Ousmanov, première fortune russe, a décidé de montrer l’exemple.

Vladimir Poutine, au cours de sa conférence de presse marathon de jeudi, a évoqué une amnistie pour les capitaux rapatriés. Une mesure brandie pour défendre le rouble, qui, en début de semaine, avait perdu près de 50% de sa valeur contre le dollar depuis le début de l’année, et pour enrayer la fuite des capitaux, qui aurait dépassé 100 milliards de dollars depuis janvier.

C’est l’homme le plus riche de Russie, Alicher Ousmanov, qui a donné l’exemple. Sa fortune est évaluée à 13,8 milliards de dollars par Bloomberg, soit 6,5 milliards de dollars de moins qu’au début de l’année à cause de la dépréciation de ses actifs russes. Son holding, USM, qui contrôle notamment le sidérurgiste Metalloinvest et la compagnie téléphonique MegaFon, a annoncé vendredi qu’il rapatriait en Russie ses participations majoritaires. Comme la totalité des vingt premières fortunes russes, Alicher Ousmanov avait mis à l’abri une grande partie de ses avoirs dans des paradis fiscaux. Chypre est l’une des destinations financières favorites des millionnaires et milliardaires russes.

Vladimir Poutine n’a pas attendu la crise du rouble pour réclamer le retour des quelque 1000 milliards de dollars exfiltrés par les oligarques.

Vendredi soir, le rouble avait regagné 5 % dans la journée contre le dollar après avoir perdu 16 % en deux jours au début de la semaine et jusqu’à 48 % depuis le début de l’année.

Source : Le Figaro.fr



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