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29
octo
2015

La Grèce autorise la vente de 14 de ses aéroports. Et ce n’est qu’un début

Athènes vient de donner son feu vert à la cession de 14 aéroports régionaux à un consortium allemand pour 1,23 milliard d’euros. Cette décision pourrait être suivie dans les prochains mois de nouvelles privatisations tout aussi spectaculaires.

Et maintenant les privatisations. Le gouvernement d’Alexis Tsipras vient de faire un pas supplémentaire vers la cession de 14 aéroports régionaux grecs au consortium allemand Fraport-Slentel, selon un décret publié ce mardi au Journal Officiel.

"Cela ouvre la voie à un accord définitif au cours des semaines à venir", a fait savoir une source gouvernementale grecque à l’agence Reuters, en précisant que des points techniques et juridiques restaient à régler et qu’aucun accord n’était signé pour le moment.

La relance de la privatisation de ces aéroports intervient dans le cadre des engagements pris par Athènes envers ses créanciers, en échange du troisième plan d’aide de 85 milliards d’euros, approuvé par la Vouli – le parlement grec – le 15 août dernier.

Première privatisation d’ampleur pour Syriza

L’affaire remontait à novembre 2014 quand Fraport avait remporté l’appel d’offre lancé par Taiped – le Fonds de développement des biens de la République hellénique, l’"agence des privatisations grecques". Cet accord préliminaire entre Athènes et Fraport prévoyait la cession de 14 aéroports au consortium allemand en partenariat avec le groupe d’énergie grec Copelouzos.

Le contrat d’1,23 milliard d’euros, assorti d’un loyer de 22,9 millions d’euros payés à l’Etat grec chaque année pour une durée de 40 à 50 ans, impliquait également que Fraport et Copelouzos devraient investir 330 millions sur quatre ans pour moderniser les infrastructures. Les aéroports ultra touristiques des îles de Mykonos, Rhodes, Santorin, Corfou, Kos, Skiathos, Samos, Zakynthos, Cephalonie sont concernés par ces privatisations. Idem pour l’aéroport de la Thessalonique, Kavala, Mytilène, Aktio et Chania en Crète.

Cet accord, approuvé par le précédent gouvernement grec avait été gelé en janvier avec l’arrivée au pouvoir du parti de gauche radicale Syriza et d’Alexis Tsipras. Au mois de juillet, Taiped avait republié cet appel d’offres et demandé que le consortium allemand soit de nouveau désigné pour finaliser la transaction.

La décision d’Athènes publiée mardi au Journal Officiel vient confirmer l’accord du mois de novembre. La volte-face d’Alexis Tsipras est conforme aux engagements pris par la Grèce le 13 juillet dernier et qui entraînaient la reprise du programme de privatisations.

La cession de ces 14 aéroports est la première privatisation d’une telle ampleur menée par le gouvernement d’Alexis Tsipras. Elle n’est sûrement pas la dernière.

Et après ? Ports, rails et réseau électrique

Selon le protocole d’accord établi par la Grèce et ses créanciers internationaux, les privatisations grecques devraient s’accélérer très fortement dans les prochains mois pour atteindre 6,4 milliards d’euros d’ici à 2017. 1,4 milliard d’euros en 2015, 3,7 milliards d’euros en 2016 puis 1,3 milliard d’euros en 2017. Avec cette cession à 1,23 milliard d’euros, la Grèce est donc déjà en bonne voie pour atteindre ses objectifs pour cette année.

Au mois d’avril dernier, le gouvernement actuel avait déjà finalisé la privatisation des droits des paris hippiques du pays, initiée par le gouvernement précédent, en les cédant à une société gréco-tchèque de paris sportifs pour 40,5 millions d’euros. Une goutte d’eau dans l’océan de la dette nationale.

Toujours d’après ce protocole, des "mesures irréversibles" devront être prises avant le mois d’octobre par la Grèce pour privatiser ADMIE, l’opérateur du réseau électrique du pays. Le gouvernement d’Alexis Tsipras a également jusqu’au mois d’octobre pour finaliser l’appel d’offres en cours pour les ports du Pirée, de Thessalonique, la compagnie de chemin de fer TRAINOSE et le gestionnaire du réseau ferré ROSCO. Mais ces objectifs sont encore jugés insuffisants par les créanciers d’Athènes. Ils exigent toujours la création d’un fonds de privatisation de 50 milliards d’euros, qui sera géré par Athènes mais sous la supervision d’institutions internationales.

Lucas Burel

Source : L’Obs



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