L'article

20
mai
2015

La mastectomie, la « double peine » du cancer du sein

Une Française sur 8 aura un jour un cancer du sein. Dans 9 cas sur 10, il peut être guéri, à condition d’être détecté assez tôt. Dépistage, soins, rémission, ce dossier vous guide dans les différentes étapes de la maladie, pour vous ou vos proches.

« Le cancer du sein est une pathologie connue depuis l’Antiquité »

En cas de cancer du sein, deux femmes sur cinq doivent subir une ablation traumatisante. La mastectomie, ablation totale du sein pour ôter une tumeur étendue, est une épreuve qui touche un nombre considérable de femmes : 20 000 Françaises sont concernées chaque année, soit 40 % des femmes à qui l’on diagnostique un cancer du sein. Outre la douleur physique afférente à l’opération, ces personnes doivent aussi affronter des bouleversements psychologiques devant ce corps que l’on mutile brutalement - fût-ce pour la bonne cause - et des dépenses financières parfois non négligeables qu’elles n’auraient pu anticiper, souligne le dernier rapport annuel de l’Observatoire sociétal des cancers de la Ligue contre le cancer.

Plusieurs enseignements ressortent cette enquête, qui s’appuie sur les témoignages de 992 femmes. Emmanuel Jammes, l’auteur de l’étude, distingue ainsi deux types de réaction à l’annonce d’une mastectomie : « Il y a les femmes qui, résignées, voient d’abord l’opération comme le moyen de sauver leur peau et sont presque soulagées lorsque le sein est retiré. Mais il y a aussi des femmes en colère, pour qui la perte de ce symbole de leur féminité est presque plus grave que la tumeur. »

Des coûts importants

Après le choc de l’ablation, la reconstruction mammaire, facultative, peut paradoxalement être aussi vécue comme une épreuve, même si elle est souhaitée. « La reconstruction demande une, voire plusieurs opérations, avec parfois des prélèvements de muscles ailleurs sur le corps », rappelle Graziella Fumagalli, administratrice nationale à la Ligue contre le cancer.

Soumeya, 45 ans, a pris son temps avant de se lancer. Elle sera opérée mi-août, deux ans après sa mastectomie. « Je me suis habituée à ce qu’il me manque un sein et j’envisageais de rester comme ça mais ne n’assumais pas toujours, notamment à la plage ou à la piscine.

Finalement, l’envie de la reconstruction est venue lorsque j’ai commencé à me sentir mieux. J’ai voulu avoir un corps plus en adéquation avec ce que je ressens. » Cette professionnelle de l’événementiel se dit partagée entre l’excitation et la peur - « il faut savoir que ce nouveau sein n’aura aucune sensation » - et projette de participer à des groupes de parole pour se préparer.

Les difficultés ne s’arrêtent pas au vécu de l’expérience. « C’est en voyant qu’un grand nombre de femmes avaient du mal à faire face aux dépenses liées à leur maladie que nous avons eu envie d’enquêter sur ce qui s’apparente à une double peine », explique Emmanuel Jammes. Une femme sur deux ayant subi une mastectomie dit avoir eu des difficultés pour payer le reste à charge (tout ce que la Sécurité sociale et la mutuelle ne couvrent pas dans le cadre d’une affection de longue durée). Le coût moyen revient à 456 euros après une mastectomie et 1 391 euros après une reconstruction.

« Les crèmes pour apaiser la cicatrice, le vernis pour masquer la chute de ses ongles, les prothèses externes et les soutiens-gorge adaptés, la perruque : c’est considéré comme des soins de confort par la Sécurité sociale alors que c’est quasi-indispensable », témoigne Marie, qui a dû « sacrifier le budget loisir de la famille » pour cela. Dernier poste de dépense important : le soutien psychologique, que la Ligue contre le cancer souhaiterait voir inclus dans le parcours de soin de chaque patiente en ALD.

Source : Le Figaro Santé



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