L'article

16
mars
2015

La ménopause et les bouffées de chaleur

L’intensité et la durée de ces symptômes de la ménopause sont très variables selon les femmes.

Pour beaucoup de femmes, la ménopause est synonyme de bouffées de chaleur et de suées nocturnes extrêmement inconfortables. Une étude américaine publiée en février dans la revue Jama Internal Medicineaffine les connaissances sur la durée de ces troubles. Le Dr Nancy Avis du West Forest Medical Center en Caroline du Nord (USA) a épluché les dossiers de 3.300 femmes ménopausées entre 1996 et 2013. S’il se confirme que les femmes ne sont pas toutes égales devant le vécu de la ménopause - 28 % d’entre elles connaîtront peu, ou pas du tout ces symptômes -, la durée moyenne de ressenti des bouffées de chaleur aurait été sous-évaluée d’au moins 5 ans jusqu’à présent !

Profils à risques

Parmi les femmes concernées régulièrement (au moins 6 jours sur deux semaines), la durée moyenne d’expression des symptômes était de 7,4 ans, et 4,5 après les dernières règles. Certains profils sont plus à risque. Les femmes noires sont celles qui souffrent le plus longtemps de bouffées de chaleur (10 ans) et les Asiatiques sont à l’opposé du spectre (5 ans).

Par ailleurs, plus les femmes connaissent des bouffées de chaleur tôt avant l’arrêt de leurs règles, et plus elles risquent de subir ces désagréments longtemps : 11,8 ans en moyenne contre 3,4 ans pour celles qui connaissent les premiers symptômes après leur entrée en ménopause.

« Le traitement hormonal de substitution permet de soulager efficacement, mais il s’accompagne d’inconvénients qui doivent être pris en compte lors de sa prescription », explique le Dr Dahlia Torchin, gynécologue à l’hôpital Trousseau, qui juge l’étude « très intéressante ». « Il est recommandé de réduire au maximum la durée du traitement, en ne dépassant pas, si possible, 5 ans, en raison d’un surrisque de maladies cardiovasculaires et de cancer du sein. Mais si les bouffées de chaleur persistent plus longtemps, on peut envisager de le prolonger au-delà des 5 ans, car elles peuvent être très invalidantes. C’est une question d’évaluation personnelle des bénéfices attendus au regard des risques encourus. »

« Par ailleurs, il faut rappeler que les bouffées de chaleur sont particulièrement intenses au début, mais qu’elles vont en s’espaçant », précise le D r Torchin. D’autres traitements (acides aminés, antidépresseurs, homéopathie, compléments alimentaires) peuvent être proposés, mais ils ont une efficacité variable d’une personne à l’autre.

Notons que si pour la grande majorité des femmes, la ménopause est un processus naturel qui les concerne autour de 50 ans, elle peut survenir avant l’âge de 40 ans. On parle alors de ménopause précoce, phénomène qui touche environ 1% des femmes.

Différentes maladies peuvent être en cause : anomalies génétiques provoquant le vieillissement accéléré des ovaires, syndrome de Turner ou maladies auto-immunes. Mais, parfois, la cause reste inconnue.

Par ailleurs, il existe des ménopauses secondaires à des traitements : ablation des ovaires, radiothérapie du petit bassin ou encore chimiothérapie anticancéreuse.

La ménopause de la mère influence t-elle la fertilité de la fille ?

Des chercheurs ont montré que les femmes épuisaient plus vite leur réserve d’ovocytes quand leur mère avait leur ménopause avant 45 ans. Des chercheurs danois viennent d’établir un lien entre la fertilité d’une femme et l’âge de ménopause de sa mère. Les spécialistes connaissaient depuis longtemps le lien existant entre la réserve ovarienne d’une femme et sa fertilité. Plus cette réserve, correspondant au nombre d’ovocytes pouvant être fécondés, est grande, plus les chances de fécondation le sont également.

L’équipe du Dr Janne Bentzen a donc souhaité étudier la vitesse à laquelle décroît cette réserve d’ovocytes. Pour cela, elle s’est intéressée à ses marqueurs biologiques, l’hormone anti-Mullerian (AMH) et les follicules antraux (AFC). Les chercheurs ont réalisé leur étude à l’Hôpital universitaire de Copenhague, sur 527 femmes toutes âgées de 20 à 40 ans.

Baisse de la fertilité liée à l’âge

Les résultats de cette étude parue le 6 novembre dernier, dans la revue médicale Human Reproduction , ont révélé que les femmes dont les mères furent ménopausées de façon précoce (avant 45 ans) voient leur niveau d’AMH décroître de 8,6% par an, contre 6,8% pour celles dont la ménopause maternelle eut lieu à un âge normal et 4,2% pour celles dont les mères furent ménopausées tardivement (après 55 ans). Il en est de même pour l’évolution du nombre de follicules antraux, avec respectivement des baisses annuelles de 5,8%, 4,7%, 3,2%.

Selon le Dr Thomas Fréour, biologiste, spécialiste de la médecine et de la biologie de la reproduction au CHU de Nantes, « cet article publié par une équipe de grande qualité paraît intéressant » mais « il faut surtout continuer à alerter les femmes sur la baisse de fertilité liée à l’âge, surtout si leur mère a été ménopausée jeune, mais il faut éviter tout catastrophisme qui laisserait croire à des femmes jeunes qu’elles sont forcément infertiles si leur mère a été ménopausée à 45 ans ». Aujourd’hui, aucun élément ne permet de mesurer avec exactitude l’état de fertilité d’une femme. D’une façon générale, la tranche d’âge durant laquelle les femmes disposent d’une fertilité optimale se situe entre 18 et 31 ans. La jeunesse reste donc la meilleure garantie de fertilité.

Source : Le Figaro Santé



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