L'article

12
janv
2015

La recherche sur le diabète s’intéresse aux causes

Des chercheurs ont identifié chez des diabétiques de type 1 un gène qui amplifie fortement leur réponse inflammatoire à ces virus.

Les scientifiques s’intéressent beaucoup dans le diabète de type 1 au déclenchement de la réaction auto-immune par laquelle les lymphocytes T se retournent contre les cellules bêta du pancréas. Les facteurs génétiques jouent un rôle important. Mais les soupçons se portent aussi sur un possible rôle d’infections virales par des entérovirus. « La trace de ces virus a été détectée dans le plasma d’un tiers des diabétiques de type 1, mais n’est présent que chez 2 à 4 % des non-diabétiques », explique le Pr Didier Hober (Université-CHU de Lille). Ces virus (CBV4) inoculés chez des souris déclenchent un diabète.

Des chercheurs ont identifié chez des diabétiques de type 1 un gène qui amplifie fortement leur réponse inflammatoire à ces virus. « Cette réponse exagérée pourrait initier la réponse auto-immune. Des scientifiques scandinaves ont d’ailleurs détecté chez des diabétiques la trace d’infections par entérovirus antérieures au début de la réaction auto-immune », indique le chercheur.

Côté traitements, l’immunothérapie vise à restaurer la tolérance immunitaire de l’organisme envers lui-même, grâce à des auto-antigènes impliqués dans la maladie, mais préparés pour ne pas susciter de réaction auto-immune. Avec GAD, un auto-antigène majeur dans le diabète de type 1, les résultats ont été très bons chez des souris diabétiques, mais décevants lors d’essais chez l’homme. Les anticorps anti-CD3, dirigés contre un antigène des lymphocytes T responsables de la réaction auto-immune, avaient permis, à faible dose, de rétablir une glycémie normale chez des souris diabétiques. Depuis 2000, plus de 700 patients ayant un diabète récent ont été traités par anti-CD3 pendant une à deux semaines, et ces essais ont permis de maintenir une sécrétion d’insuline pendant 1 à 4 ans, donc de réduire leurs injections d’insuline, et pour certains de les arrêter.

« Un nouvel essai de phase 3, de grande taille, est prévu, mais il faudrait l’engagement d’un grand groupe pour le piloter et assurer la production industrielle de l’anti-CD3 », explique le Pr Lucienne Chatenoud, immunologiste (Institut Necker, Paris). Or, les groupes pharmaceutiques font de moins en moins de recherche…

Vivre avec un diabète de type 1 nécessite de prendre quelques précautions

En premier lieu, la personne qui vit avec in diabète de type 1 doit surveiller son alimentation.

Elle peut se faire aider des conseils d’un diététicien. L’objectif principal de l’alimentation d’une personne atteinte de diabète de type 1 est d’éviter les trop grandes variations glycémiques. Il n’existe pas de recette type, le régime dépendant du poids, des habitudes alimentaires, du profil glycémique et de son schéma d’insulinothérapie.

Cependant, les glucides ne doivent pas en général dépasser 40 % des apports caloriques journaliers ; les protéines sont limitées au maximum à 20 % ; les lipides, n’étant pas particulièrement limités peuvent atteindre 40 % de la ration calorique quotidienne.

Quelques conseils :

- ne pas sauter un repas ;

- être régulier dans ses apports alimentaires d’un jour à l’autre ;

- bien répartir ses apports en glucides au cours de la journée (en 3 à 5 prises) ;

- réduire la dose d’insuline avant une activité physique ;

- contrôler sa glycémie en cas de malaise pour dépister une hypoglycémie et la corriger.

L’adhésion à une association ou à un groupe de soutien peut aider. Le port d’une carte de diabétique facilite la prise en charge dans les services d’urgences. L’arrêt du tabac est vivement souhaitable.

Comment marche l’autosurveillance ?

Surveiller le diabète de type 1 demande au patient d’être au cœur du dispositif. C’est lui qui fera une autosurveillance de sa glycémie capillaire en pratiquant, plusieurs fois par jour, un prélèvement de sang au doigt et en l’analysant en quelques secondes avec un lecteur de glycémie. Simple à manipuler, celui-ci retient en mémoire les glycémies et permet d’ajuster les doses d’insuline et leur répartition au cours de la journée. Il existe différents types de lecteurs de glycémie avec des systèmes d’utilisation différents. Les rendez-vous chez le médecin ou à l’hôpital sont l’occasion de faire un point sur l’adaptation du traitement. L’autosurveillance permet de les préparer au mieux.

Est-ce que je peux faire du sport ?

Il est démontré que l’exercice régulier permet une diminution de la glycémie car il rend les cellules plus sensibles à l’insuline. La plupart des sports sont accessibles aux diabétiques, hormis deux : la boxe, à cause du risque de lésions de l’œil et du cerveau, et la plongée sous-marine, sans accompagnateur, en raison du risque vital qu’elle fait courir. Pour tous les autres sports, il est toutefois indispensable d’adapter les doses d’insuline et l’alimentation en fonction de l’effort à fournir. Il faut en effet prévenir l’apparition d’une hypoglycémie grave. Concrètement, il s’agit de diminuer de quelques unités la dose habituelle d’insuline et/ou d’augmenter la quantité de sucres lents au cours du repas précédent l’exercice physique. Autre précaution : il est déconseillé de faire l’injection d’insuline dans le muscle qui sera sollicité lors de l’effort physique.

Est-ce que je peux avoir un enfant ?

Si le diabète n’est pas une contre-indication de la grossesse, il faut cependant respecter certaines précautions pour éviter les risques de complications chez la mère et le fœtus. Dans l’idéal, les glycémies doivent être à des taux normaux et l’HbA1c en dessous de 7% durant les trois mois précédant la conception et pendant toute la durée de la grossesse.

Source : Le Figaro Santé



repondre Réagir à cet article    

Les commentaires (0)

> L'ARTICLE EN IMAGE
> L'AUTEUR
> Audience
  • 184 visites
> Faire suivre l'info

ARTICLES SIMILAIRES


 
Administration