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16
octo
2015

La sieste au travail : En France, même les patrons sont d’accord

Toujours synonyme de paresse pour certains, la sieste fait pourtant son chemin et plait de plus en plus aux entreprises françaises.

Faire une sieste au travail ? C’est plus facile quand on est un patron et qu’on peut s’enfermer dans son bureau sans être dérangé... Mais allez dormir au milieu d’un openspace ! Et pourtant, 19% des salariés français avouent s’assoupir en cachette au bureau, selon une enquête de l’Institut national du sommeil et de la vigilance (INSV).

Les spécialistes du sommeil sont unanimes : la sieste améliore la concentration et rend plus efficace au travail. Selon une étude du cabinet Robert Half réalisée fin 2013, 47% des directeurs ou responsables administratifs français sont plutôt favorables à l’instauration d’une sieste de moins de 20 minutes sur le lieu de travail.

La sieste flash prisée par les entreprises

Depuis quelques années, les entreprises françaises prennent conscience des bienfaits de la sieste sur le travail des salariés. Caroline Rome, sophrologue attachée au centre du sommeil et de la vigilance de l’Hôtel Dieu, contactée par "l’Obs", détaille les nombreuses vertus de ce petit somme d’une durée de moins de dix minutes :

Il sert à récupérer de la vigilance, et notamment plus de sécurité pour des métiers dangereux."

Il restaure la mémoire automatique, celle qui permet de faire moins d’erreur et qui rend plus d’efficace."

Néanmoins, une telle sieste est trop courte pour dissoudre le stress." Contrairement aux autres roupillons, la sieste flash peut se faire "à toute heure de la journée" et dans toutes les positions... Même, pourquoi pas, la tête appuyée sur le poing, tel un penseur de Rodin. Ou à la manière de Salvador Dali qui tenait dans sa main une cuillère qui le réveillait en tombant dans une casserole qu’il avait disposée sur le sol. "Il est conseillé de ne jamais renoncer à la fatigue, ni de lutter contre la somnolence", poursuit la sophrologue qui a animé l’année dernière une formation sur la sieste devant 600 salariés d’EDF.

Les médecins du travail désormais séduits

De son côté, Nicolas Vitello, neurologue et responsable de l’unité sommeil du centre hospitalier de Vichy constate un réel engouement du monde de l’entreprise. Et plus particulièrement des médecins du travail, qui prennent conscience de l’importance de la question du sommeil sur la concentration du salarié :

Les entreprises font de plus en plus appel à moi pour des formations autour des questions du sommeil et notamment des compagnies d’assurance", dit-il à l’Obs.

Ce n’est d’ailleurs pas seulement la sieste qui intéresse la médecine du travail, mais le sommeil dans son ensemble. "Les médecins du travail demandent de plus en plus de partenariat avec nous pour dépister les troubles du sommeil et les prendre en charge. Ils ont compris, assure Nicolas Vitello, que les troubles du sommeil, et de la veille qui en découle, provoquent des troubles de l’attention, diminuent les performances au travail et augmentent le risque d’accidentologie."

Les personnes souffrant d’une pathologie du sommeil, comme des insomnies chroniques, sont néanmoins interdites de sieste car elles décalent leur rythme, déjà bousculé. Les directeurs d’entreprises semblent de plus en plus enclins à accepter ce genre d’activités en pleine journée de travail. Néanmoins, ils restent majoritairement réticents à la "sieste royale" et à l’installation de salle de sieste au sein même des locaux, contrairement aux entreprises japonaises qui privilégient ce dispositif.

Alice Lefebvre

L’Obs



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