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9
janv
2015

Le Congolais Kash salue la mémoire de ses amis de "CHARLIE HEBDO"

Un colosse furieux, armé de bras en forme de crayons, et d’une gomme. « Nous sommes tous des Charlie Hebdo et nous ne désarmerons jamais ! », a-t-il griffonné pour dénoncer l’assassinat, mercredi à Paris, de douze personnes réunies dans les locaux du journal satirique français Charlie Hebdo.

Ce dessin, publié jeudi dans Le Potentiel, l’un des plus grands journaux en République démocratique du Congo, est signé Kash, un croqueur qui ne manque pas de mordant et qui avait à cœur de rendre hommage aux dessinateurs tombés sous les balles : Charb, Cabu, Wolinski et Tignous. « Je me suis dit qu’ils ont été tués pour leurs idées et que c’était une guerre pas du tout conventionnelle : eux, pour toute arme, ils n’ont que des crayons pour exprimer leur opinion, et on leur oppose des kalachnikovs », explique Kash, habillé de vêtements sombres en signe de deuil. Continuer à dessiner pour venger

« Comme le fanatisme, l’intégrisme, se nourrit de la peur, il faut leur opposer notre arme de toujours, c’est-à-dire notre impertinence. (...) La meilleure façon de venger les copains qui sont tombés, c’est de continuer à faire ce travail avec la même virulence », ajoute ce membre du mouvement Cartooning For Peace (Dessiner pour la paix) fondé par le dessinateur français Plantu. Jeudi à midi, le Centre culturel belge Wallonie-Bruxelles a organisé, comme c’était le cas en France et ailleurs dans le monde, une minute de silence en mémoire des disparus. Des dizaines de personnes ont fait le déplacement et portaient une feuille avec la mention : « Je suis Charlie ». Pour l’occasion, un nouveau dessin de Kash a été projeté. Il représente quatre crayons criblés de balles et baignant dans une marre de sang après que deux « djihadistes » aient ouvert le feu, commente Kash. Dans le même temps, une pluie de feuilles de papier tombe d’un ciel noir pour dénoncer cette « exécution ».

« On ne peut pas tuer la liberté d’expression »

Le message que délivrent les feuilles est « Je suis Charlie », écrit dans différentes langues. Dans un coin du dessin : « La liberté d’expression ne mourra jamais ». « On ne tue pas une idée, justifie le caricaturiste. On peut tuer la personne, mais son œuvre va rester, son esprit va rester. (...) La liberté d’expression a pris un coup mais la solidarité qui s’est manifestée montre à quel point on ne peut pas tuer la liberté d’expression. » Dans la journée, le premier dessin de Kash a été repris sur le site de Radio Okapi, parrainée par l’ONU. « Tout le personnel de Radio Okapi condamne de la manière la plus ferme qui soit l’attaque sauvage contre la rédaction de Charlie Hebdo », indique un communiqué de condoléances.

Plus tard, le gouvernement congolais a réagi à l’attentat. Il « considère les journalistes de Charlie Hebdo tombés sous les balles des ennemis de la liberté et de la démocratie comme des soldats, et donc des héros morts au front de cette guerre qui demeure plus que jamais d’actualité », écrit Lambert Mende, son porte-parole

Menaces sur les journalistes congolais

Journaliste en Danger, une association congolaise partenaire de Reporters sans Frontières, dénonce régulièrement les violations de la liberté de la presse (attaques, menaces, intimidations, censure...), qui sont, accuse-t-elle, parfois le fait d’agents des services de sécurité. Selon son décompte de JED, une dizaine de journalistes ont été tués en République démocratique du Congo depuis une quinzaine d’années. La plupart des victimes – dont certaines travaillaient pour Radio Okapi – exerçaient au Nord-Kivu et Sud-Kivu, des provinces de l’est du pays où des groupes armés sèment la désolation depuis parfois vingt ans. Le dernier cas de journaliste assassiné remonte au 26 décembre dernier. Il s’agissait d’un employé de la Radio-Télévision nationale congolaise (RTNC), la chaîne publique, qui a été abattu par des hommes armés non identifiés à Goma, capitale de la province du Nord-Kivu.

lemonde.fr



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