L'article

10
déce
2014

Le VIH perd it en virulence ?

L’affaiblissement constaté du virus du sida est une tendance naturelle pour un virus et ne doit pas faire relâcher la vigilance sur la prévention. Non, il ne s’agit pas de crier victoire, et encore moins de relâcher la vigilance sur la prévention face au risque de contamination. Mais il apparaît que le virus du sida perd lentement de sa virulence, c’est-à-dire de sa capacité à infecter une personne, selon un processus courant chez ce type d’agent pathogène.

Les mécanismes en jeu sont expliqués par des chercheurs internationaux dans les Annales de l’Académie américaine des sciences (Pnas). Ils ont pour cela comparé deux des populations des plus touchées par l’épidémie mondiale. Le Botswana a été touché par le VIH plusieurs années avant l’Afrique du Sud, et le taux de personnes contaminées y est plus élevé. Pourtant, les chercheurs ont observé que le virus y était moins virulent.

En cause, la présence fréquente, au sein de la population botswanaise, de gènes spécifiques codant pour les protéines dites HLA à la surface des cellules immunitaires. Certains allèles des HLA (B*57 et B*58 : 01) assurent aux individus une protection contre le VIH. Pour contourner cet obstacle, le virus mute, c’est un réflexe de survie. Mais ce faisant, il perd en virulence, c’est-à-dire en capacité de se répliquer. Moins présent dans l’organisme, il représente alors moins de risques de contamination.

Les mêmes mécanismes liés aux HLA ont déjà été observés au Japon et aux Pays-Bas, rappellent les auteurs. En revanche, ce phénomène d’adaptation survient moins rapidement aux États-Unis, où la population, qui s’est formée par vagues d’immigration, est génétiquement plus hétérogène qu‘au Botswana, aux Pays-Bas ou au Japon. À cela s’ajoute l’évolution naturelle des virus. On oublie souvent qu’ils ont besoin de leur hôte (en l’occurrence, l’espèce humaine) pour survivre. Or les virus les plus agressifs tuent cet hôte très vite : ils réduisent ainsi leur opportunité de se diffuser au contact d’autres humains. Cela opère au fil du temps une sélection naturelle en faveur des souches les moins virulentes.

Dernier mécanisme concourant à la réduction de la virulence du VIH : la diffusion à grande échelle des antirétroviraux. Au contact de ces molécules, le virus mute spontanément pour y devenir résistant. Mais là encore, cette adaptation a des conséquences délétères sur sa capacité à se répliquer. Les antitrétroviraux ont un autre effet bénéfique connu : ils maintiennent très bas la charge virale des malades, ce qui les rend très peu contaminants, voire plus du tout. « Cette étude fournit un argument supplémentaire en faveur d’un traitement précoce des malades », conclut le Pr Jean-Daniel Lelièvre, chercheur au Vaccine Research Institute de Créteil (Val-de-Marne).

Comment le VIH s’immisce dans l’organisme

Le virus du Sida (VIH) pénètre dans le corps par voie sexuelle, sanguine ou est transmis de la mère à l’enfant. Ce virus va ensuite envahir certaines cellules du système immunitaire de l’organisme : les lymphocytes T CD4, qui jouent un rôle fondamental dans la défense de l’organisme contre les microbes.

Le VIH se développe et se multiplie à l’intérieur de ces cellules, entraînant leur destruction. La destruction des lymphocytes T CD4 conduit à une détérioration du système immunitaire qui ne peut plus remplir son rôle : lutter contre les infections. Les infections associées à une immunodéficience sévère sont baptisées "infections opportunistes" car elles se développent du fait de l’incapacité du système immunitaire à lutter contre leur développement. Le VIH infecte aussi d’autres cellules : les macrophages, certaines cellules nerveuses ou musculaires…

Le terme de sida s’applique aux stades les plus avancés de l’infection à VIH, définis par la survenue de l’une ou de plusieurs des vingt infections opportunistes ou cancers liés au VIH. Selon les estimations de l’OMS et de l’ONUSIDA, 33,4 millions de personnes vivaient avec le VIH fin 2008. Cette même année, près de 2,7 millions de personnes ont été infectées et 2 millions sont décédées du sida, dont 280 000 enfants. Les deux tiers des infections à VIH touchent l’Afrique subsaharienne.

Source : Figaro Santé



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