L'article

8
octo
2015

Le canal de Suez, « poumon » de l’économie égyptienne

Lancés il y a un an par le président Al-Sissi, les travaux de doublement du canal sont symboliques de la volonté du pouvoir de relancer l’économie. L’objectif est de doper les recettes en droits de passage d’ici 2023, dans une zone qui représente aujourd’hui près de 20% du budget de l’État.

Au départ, tout le monde l’avait pris pour un fou. Lorsque le 5 août 2014, le maréchal Abdel Fattah Al-Sissi, alors fraîchement élu président de l’Égypte, avait exigé la réalisation du doublement du canal de Suez en un an, les experts n’y croyaient pas. Ces derniers, dans différentes études, avançaient entre trois et cinq années de travaux nécessaires. Pourtant, le pari est réussi et l’Égypte inaugure ce jeudi ce chantier majeur, censé relancer une économie à la peine depuis 2011. Le directeur de l’Autorité du canal de Suez, Mohab Mamish, l’a déjà annoncé : « si Dieu le veut, ce projet inaugurera le retour de l’Égypte sur la carte des investissements internationaux ».

Car c’est bien de l’avenir du pays que l’on parle. Le canal de Suez est aujourd’hui le poumon économique de l’Égypte et l’une des voies maritimes les plus utilisées du monde, représentant environ 14% du trafic maritime mondial et 8% du commerce maritime. Chaque année, près de 20.000 bateaux traversent le canal -environ 49 par jour, ce qui permet au gouvernement égyptien de tirer 5 milliards de dollars de recettes en droits de passage. L’économie issue de cette voie représente aujourd’hui près de 20% du budget de l’État. Le doublement de ses capacités va donc permettre d’imposer, un peu plus encore, l’Égypte comme une puissance économique majeure dans la région.

Panama, le concurrent à distancer

La célérité des travaux se comprend notamment au regard du chantier parallèle engagé sur le canal de Panama, concurrent numéro un du chenal égyptien. Le projet doit s’achever à la fin de l’année 2016 et vise également à doubler les capacités du canal. Aujourd’hui, la voie reliant l’océan Atlantique à l’océan Pacifique accueille en moyenne 14.000 bateaux par an avec une part de 5% dans le commerce mondial.

Distancer définitivement son concurrent constituait le but premier du président Al-Sissi.

En effet, le doublement des capacités du canal de Suez, qui relie la mer rouge à la Méditerranée depuis 146 ans, doit permettre le passage de 97 bateaux par jour d’ici 2023, soit un peu plus de 15.000 supplémentaires par an. Naturellement, le gouvernement égyptien vise des recettes en droits de passage plus conséquentes (13,2 milliards de dollars en 2023). De quoi justifier le slogan choisi pour l’inauguration : « Le cadeau de la mère du monde au monde »... même si l’Égypte sera la première à en tirer partie.

Autre enjeu pour le pays : relancer le marché de l’emploi, toujours plombé par un taux de chômage dépassant les 13%. Selon les autorités égyptiennes, le nouveau canal de Suez permettrait la création de plus d’un million d’emplois pour gérer les nouvelles infrastructures (six tunnels routiers et ferroviaires, des ports, des zones industrielles et commerciales, etc). Ce projet gigantesque est porteur d’espoirs. L’Égypte toute entière attend maintenant d’en profiter.

Maxime Brigand

Source : Le Figaro



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