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5
févr
2015

Le cerveau de certains criminels les rend insensibles à la punition

La structure cérébrale des criminels à personnalité psychopathe présenterait des anomalies empêchant la modification du comportement après une sanction.

Punir quelqu’un après une faute est un système d’apprentissage qui ne serait pas assimilé par tout le monde de la même manière. Chez les criminels diagnostiqués comme « psychopathes », certaines zones du cerveau seraient imperméables au principe d’éducation par la sanction, révèle une étude réalisée par des chercheurs de l’université de Montréal et de l’institut de psychiatrie du Kings College de Londres, publiée par la revue britannique The Lancet.

Dans un premier temps, l’équipe de scientifiques a analysé la structure neurologique de trois groupes de personnes : 12 criminels psychopathes, 20 criminels dont le cas ne relève pas de la psychopathie, et 18 personnes supposées en bonne santé mentale, n’ayant jamais eu affaire à la justice. Les anciens détenus, recrutés auprès du service probatoire britannique, avaient été reconnus coupables de meurtre, viol, tentative de meurtre ou agression.

Récompense et punition

Après une première IRM, les chercheurs ont constaté que les hommes souffrant de psychopathie présentaient tous des anomalies au niveau de la matière grise et de la substance blanche contenues dans deux zones du cerveau associées à l’empathie, à la capacité de traitement des émotions, comme la culpabilité et l’embarras, ainsi que du raisonnement moral. « Un diagnostic caractéristique de la psychopathie », explique Nigel Blackwood, chercheur en psychiatrie médico-légale à l’université King College de Londres et auteur de l’étude, « Ces mêmes régions du cerveau sont également impliquées dans l’apprentissage de la récompense et de la punition ».

Les participants ont ensuite été évalués sur leur capacité à ajuster leur comportement face aux répercussions positives ou négatives de leurs actes. Soumis à un test simple visant à associer des images entre elles, ils ont reçu des récompenses ou sanctions sous forme de bons et mauvais points à chaque réponse.

« Les psychopathes ne sont pas parvenus à tirer des enseignements des conséquences d’une punition, ni à adapter leur comportement par la suite », souligne le Pr Blackwood. Les auteurs de l’étude se sont également penchés sur l’activité cérébrale des participants durant le test et ont constaté que les agresseurs psychopathes développent des réponses anormales face à la sanction.

« En revanche, les criminels non psychopathes ont montré un fonctionnement cérébral similaire à celui des personnes n’ayant jamais commis de crimes », précise le chercheur.

Thérapies comportementales ciblées

Pour lui, ces résultats suggèrent que le cerveau des sujets souffrant de psychopathie est organisé d’une manière différente de celles des autres. « Chez les détenus, les profils psychopathes présentent des taux supérieurs de récidive car ils ne réagissent pas bien aux programmes de réhabilitation. Comme notre recherche révèle une anomalie qui sous-tend ces comportements, elle pourrait appuyer les interventions afin de prévenir les conduites violentes ainsi que les thérapies comportementales visant à réduire le nombre de récidives », avance le Pr Blackwood.

Sheilagh Hodgkins, chercheuse à l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal et co-auteur de l’étude, estime quant à elle que « la plupart des actes criminels sont commis par des hommes affichant des problèmes de conduite dès le plus jeune âge, il faut donc améliorer les thérapies comportementales durant l’enfance, ce qui contribuerait à réduire significativement les risques de violence dans le futur ».

Source : Le Figaro Santé



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