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16
mai
2016

Le curcuma, épice anti-cancer ?

Différentes études sur les rongeurs l’ont promu « épice anti-cancer », mais les bienfaits du curcuma sur l’homme restent encore à prouver.

Issu d’une plante herbacée vivace, le curcuma, ou safran des Indes, est un des ingrédients du curry. Condiment vedette de la cuisine indienne, il est aussi employé dans les médecines traditionnelles asiatiques depuis des siècles pour ses vertus digestives, anti-inflammatoires, anti-infectieuses, mais aussi pour les propriétés antioxydantes que lui confère sa forte teneur en polyphénols. Or qui dit antioxydant dit absorption des radicaux libres endommageant l’ADN, et donc prévention du cancer : le curcuma serait donc une épice anti-cancer.

La recherche scientifique le confirme-t-elle ? « Les liens entre alimentation et cancer sont très complexes à étudier chez l’homme. On classe généralement une substance comme “anti-cancer” à la suite d’études menées sur des animaux ou sur des cellules humaines en laboratoire », explique le Pr David Khayat, chef du service de cancérologie à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris, et auteur du Vrai Régime anti-cancer (éditions Odile Jacob). Cela semble être le cas pour la curcumine, un des polyphénols du curcuma, dont les effets sur les rongeurs sont assez bien documentés dans la littérature scientifique.

En 2012, par exemple, une équipe allemande a établi que la curcumine réduisait le risque de formation de métastases chez la souris. La même année, une étude américaine publiée dans la revue Cancer Research a montré que la curcumine permettait de ralentir la croissance des tumeurs sur des souris mâles atteintes du cancer de la prostate. D’autres travaux ont aussi prouvé les bienfaits de la curcumine sur les cancers du pancréas, du sein, du côlon, du duodénum, du poumon et sur certaines tumeurs du cerveau. Enfin, in vitro, en laboratoire, cette molécule favorise l’apoptose, ou mort cellulaire programmée, le mécanisme qui fait justement défaut chez les cellules cancéreuses qui prolifèrent. Résultats scientifiques à confirmer

En revanche, chez l’homme, la recherche est moins avancée. Quelques travaux ont montré une relative efficacité du curcuma dans le traitement ou la prévention de certains cancers, mais les résultats restent limités et parfois contradictoires. Pour le Pr Khayat « ces données nous indiquent quand même qu’il est fort probable que le curcuma a un effet très positif, en particulier sur les états précancéreux ». Mais des travaux complémentaires devront donc être menés pour affirmer que le curcuma est réellement un anti-cancer.

« On estime que 20% des cancers sont liés à l’alimentation, mais il reste illusoire de penser qu’un aliment peut à lui seul prévenir l’apparition de cancers, conclut le cancérologue. Notamment parce que chaque individu est unique, génétiquement parlant. Nous ne digérons pas tous de la même façon, par exemple. Il est donc inutile de prétendre qu’il existe un régime universel contre le cancer. »

Source : Le Figaro Santé



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