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24
mars
2015

Le gouvernement russe débloque 400 millions d’euros pour l’automobile

Moscou prend des mesures pour soutenir un marché automobile local en pleine dégringolade. La semaine dernière, General Motors a annoncé le retrait de la marque Opel du marché russe et la fermeture d’une usine à Saint-Pétersbourg.

L’américain General Motors a été le premier constructeur à prendre une décision radicale sur le marché russe. Mercredi 18 mars 2015, le géant américain a annoncé le retrait de sa marque Opel d’ici à décembre 2015. General Motors continuera à vendre en Russie des Cadillac et quelques Chevrolet, comme la très symbolique Corvette, mais il va fermer son usine de Saint-Pétersbourg et enregistrer 600 millions de dollars de pertes sur le premier trimestre 2015.

Tous les constructeurs doivent aujourd’hui trouver une solution au problème russe. L’an dernier, les ventes y ont flanché de 10 %. Et, depuis le début de l’année, la chute a pris des proportions bien plus importantes, à - 32 %. En présentant les résultats annuels de Renault, Carlos Ghosn évoquait une chute « de 30 à 40 % du marché russe en 2015 ». La situation est d’autant plus difficile que le rouble a suivi le même mouvement. Une chute qui renchérit d’autant le coût des véhicules importés mais également des véhicules fabriqués sur place, mais comportant des pièces provenant de l’étranger. Or, personne ne dispose d’un taux d’intégration de 100 %. « Nous n’avons pas le niveau requis d’intégration en Russie et l’environnement de marché ne justifie pas des investissements majeurs pour augmenter ce niveau », a ainsi justifié Karl-Thomas Neumann, le directeur général d’Opel, pour expliquer le retrait de la marque.

D’apres les économistes américains, s’ils veulent rester, tous les autres constructeurs doivent couper au maximum les frais fixes, pour limiter les pertes. Les arrêts temporaires d’usines se multiplient actuellement. Dernière en date : Nissan ferme son usine de Saint-Pétersbourg pendant deux semaines. Il faut également augmenter le niveau d’intégration. PSA Peugeot Citroën, qui possède une usine sur place, vise « 60 % le plus vite possible ». En attendant, le groupe ne vend presque plus de voitures sur place. En 2014, ses immatriculations avaient déjà chuté de 34 %. Sur les deux premiers mois de l’année, elles s’effondrent de près de 80 %.

Renault-Nissan vise 40 % de parts de marché

L’enjeu est bien plus important pour Renault-Nissan. L’Alliance des deux constructeurs qui contrôle le russe Avtovaz, fabricant des Lada, domine le marché. L’an dernier, ces trois constructeurs ont vendu 31 % des voitures écoulées en Russie. Avec une telle puissance, il est hors de question d’envisager une sortie du pays. Au contraire, Carlos Ghosn, patron de Renault-Nissan, compte profiter de la situation actuelle pour s’y renforcer, grâce à un taux d’intégration plus important que celui de la plupart de ses concurrents. « Nous visons plus de 40 % de parts de marché, quand les ventes repartiront », a ainsi expliqué Carlos Ghosn début mars. Cette ambition tient à la puissance locale du groupe, mais aussi en raison de l’affaiblissement ou du départ de certains de ses concurrents. « La société (GM, NDLR) aura un désavantage lorsque le marché repartira », a du reste commenté un porte-parole du Kremlin, après l’annonce de General Motors. « Si aucune mesure de soutien n’est prise, le marché chutera de 50 %» en 2015, a prévenu Denis Mantourov, ministre de l’Industrie.

La réaction du gouvernement Russe

Le gouvernement russe se devait de réagir pour faire face à l’effondrement du marché automobile local. Dmitri Medvedev, le premier ministre, a annoncé ce lundi 23/03, le déblocage de 400 millions d’euros pour venir soutenir le secteur. Les mesures prises prévoient des subventions pour réduire le coût des crédits et les achats de véhicules utilitaires par des structures publiques.

Les sommes débloquées seront sans doute insuffisantes pour faire rebondir le marché automobile russe. Ces 400 millions d’euros ne représentent en effet que 160 euros par véhicule, rapportés aux 2,5 millions d’immatriculations enregistrées en 2014. En revanche, la chute pourrait être ralentie. Après une première baisse de 10 % l’an dernier, les immatriculations se sont effondrées de plus de 32 % sur les deux premiers mois de l’année.

Le gouvernement russe se devait de rassurer les industriels du secteur. Les arrêts temporaires d’usines se multiplient. La semaine dernière, General Motors a annoncé le retrait de sa marque Opel de Russie, et la fermeture de son usine de Saint-Pétersbourg, qui emploie 3000 personnes. Pour l’instant, les autres constructeurs n’ont pas suivi. Le groupe Renault-Nissan et Avtovaz, le premier acteur local détenu majoritairement par Renault, comptent même profiter de la période pour atteindre 40% de part de marché, contre plus de 30% actuellement. Mais cette bonne volonté pourrait être mise à mal par des arrêts d’usines de longue période.

Source : Le Figaro



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