L'article

15
avri
2016

Le mea culpa (très insuffisant) de Tony Blair sur la guerre en Irak

Dans une interview diffusée lundi par CNN, l’ancien Premier ministre britannique présente ses "excuses" pour le conflit de 2003. Mais sciemment, il oublie de dire beaucoup de choses.

Dans une interview diffusée sur CNN recemment, l’ancien Premier ministre de Sa Majesté, Tony Blair, a présenté ses "excuses" à propos de la guerre en Irak de 2003. Un mea culpa tardif (il vient douze ans trop tard) – et surtout très insuffisant.

Que dit Tony Blair ?

"Les renseignements étaient faux"

1 - "Je présente des excuses pour le fait que le renseignement était faux".

2 - "Je présente également des excuses, pour certaines erreurs de planification et ..."

3 - "... pour notre erreur dans la compréhension de ce qui arriverait une fois que nous aurions renversé le régime."

4 - "Mais il m’est difficile de demander pardon pour avoir renversé Saddam."

Et c’est tout !

Les oublis volontaires de Blair

Tony Blair oublie sciemment l’essentiel : le mensonge. Il oublie de mentionner que les renseignements sur les prétendues armes de destruction massive en Irak ont été "sex-up" (c’est-à-dire volontairement gonflés), selon le terme employé à l’époque par son spin-doctor , Alastair Campbell.

Il oublie de rappeler que certaines infos ont même été totalement inventées, comme cette affaire d’achat d’uranium au Niger.

Le mémo du 23 mars 2002

Il oublie enfin de dire qu’il a menti à son peuple et à ses alliés sur ses intentions. On a récemment découvert un mémo top secret du 23 mars 2002 écrit par Colin Powell, le secrétaire d’Etat américain à l’époque, au président Bush. "Blair est avec nous" sur l’Irak, assure l’ex-général, alors que la Maison Blanche prépare déjà la guerre qui sera déclenchée un an plus tard.

A l’époque, Blair jure les grands Dieux qu’il cherche une solution diplomatique à la crise – alors qu’en secret il a déjà décidé d’intervenir militairement aux côtés des Américains.

Voilà sur quoi il aurait dû aussi, et surtout, présenter ses excuses aux Britanniques – et au monde. Sur ses mensonges qui ont (définitivement ?) discrédité la parole internationale des dirigeants occidentaux. Mais, pour cela, il faudra sans doute attendre encore douze ans...

Vincent Jauvert

Source : L’Obs



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