L'article

12
déce
2014

Le paradoxe de Paul-Aaron NGOMO : l’analyse unilatérale d’un traitement et le silence sur l’identique

Source : correspondance d’EMEH ELONG membre du FRONT UNI POUR UNE ALTERNATIVE AU CAMEROUN

Nous te remercions ( Frantz FANON dans la résistance estudiantine ) Aaron NGOMO, qui malheureusement découvre la lune et démontre sans le vouloir une complicité inégalable dans ce texte , avec Patrice NGANANG. Voyons : "Il aura donc fallu qu’une escouade de la gendarmerie barda et mitraillette en bandoulière pour venir dire son fait à Patrice Nganang et ses compagnons du jour." Mon cher NGOMO ne découvre pas dans sa belle plume et sa phraséologie plaisante ce qu’il décrit. Ces faits ne sont pas nouveaux dans la République bananière où les bantoustans ne sont pas uniquement tribaux. Ayant eu l’occasion d’une présentation lors d’une manifestation à Paris en 2010, je me permettrais le tutoiement pour l’interpeller. Qu’il m’en excuse si ça ne le convient pas.

S’il est vrai que cette description n’est pas le simple fruit d’une imagination, Aaron NGOMO pêche dans un parti pris inacceptable qui ressort une réelle complicité avec Patrice NGANANG. N’aurait-il pas bien fait en généralisant tous les faits sur lesquels l’escouade de gendarmerie ou de policiers barda et mitraillette en bandoulière pour venir dire son fait aux indésirables ? Aaron, mon cher « FANON », j’aime ta plume, elle exprime bien et décrit exactement les faits avec une élégance inégalée, mais elle est à géométrie variable, sait s’exprimer pour les siens et malheureusement se tait pour les autres. Il y a quelques mois, un sous-préfet dont l’origine tribale dont le patronyme ne trompe personne sur son appartenance tribale est descendu dans un chic Hôtel dans la même ville de Douala avec plus de brutalité s’en prendre aux compatriotes qui avaient le seul tort de ne pas se laisser dicter une loi imaginaire. On a point entendu de cri d’Aaron NGOMO. L’ancien leader étudiant qui a fait preuve de lucidité et de maturité depuis les années 90, ne s’exprimerait-il que si les intérêts des siens sont attaqués ? Sans vouloir caricaturer le jeune frère et patriote « FANON dans la lutte des années 90 », son silence depuis qu’il a fait ses preuves demeure incompréhensible et sa sortie très utile pour la défense efficace de Patrice NGANANG interroge.

« FANON », Comme tu dis « Leur crime ? " Troubles graves à l’ordre public ". Ce motif, on le sait assez, occupe une place privilégiée dans le vocabulaire concentrationnaire de la tyrannie nationale. »
Aaron, permets-moi de te reprocher ton silence dans d’autres situations similaires où le crime que tu combats aujourd’hui pour ton proche, a plusieurs fois atteint les autres, et tu ne t’es pas manifesté, comme si le leader estudiantin avait rangé son engagement, son intelligence et son savoir dire et faire pour ne sortir que lorsque les siens sont atteints. Cher compatriote, le combat pour vaincre les bourreaux qui tyrannisent « KAFKAVILLE » que tu as si bien surnommé, a besoin de tous et ne saurait être partial et partiel. J’ai tellement apprécié ta sortie, que je suis allé jusqu’à me demander pourquoi le collègue de TENE SOP et de Robert WANTO refuse de s’exprimer depuis qu’il a réussi comme la plupart des leaders des années 90 à se faire une place parmi les compatriotes brillants de sa génération ? NGOMO, ton texte gagne à être généralisable dans son corps, car, la réduction que tu en fais pour le cas unique de NGANANG, crée des frustrations justifiées auprès de ceux qui, ayant été frappés par les mêmes interdictions, et n’étant pas uniquement Bamilékés se demandent si Aaron a choisi d’exacerber le tribalisme à la place du patriotisme et de la lutte pour la démocratie et des droits de l’Homme qu’il met si bien en évidence par ailleurs. NGOMO, sors de ton maquis, et si besoin se fait sentir comme nous autres le pensons, reprends un contact ouvert avec certains de tes camarades des années 90 qui continuent ouvertement ce que vous avez si bien engagé ensemble dans les années 90. La lutte c’est contre la tyrannie nationale comme tu le dis, et qui ne s’adresse pas uniquement au Bagangté NGANANG, mais à tous ceux qui résistent et optent pour un autre Kamerun, celui dans lequel, les excellents comme vous et d’autres médiocres demandent à vivre dans l’harmonie, la paix, le respect des droits de chacun et surtout, la jouissance du bien commun du pays de nos ancêtres.

NGOMO réduirait-il aux seuls Bamilékés le sursaut qui créerait « la phobie de l’insurrection qui hante la biyacratie depuis la chute de la maison Compaoré, tombée comme un château de cartes, au grand dam de ses griots ? » Une insurrection populaire ne suppose-t-elle pas aussi le mouvement à Yaoundé, à Eséka comme à Bafoussam, à Bertoua ou Garoua ? NGOMO oublierait-il avec quel dédain Paul BIYA et les siens méprisent les mouvements populaires qui n’ont pas atteint le Sud du pays ? Qui est-ce qui avait dit que « quand Yaoundé respire le Cameroun vit ? », je n’ose pas dire qu’il n’y a que les Bétis à Yaoundé, mais, la sauvagerie subie contre les non Bétis opposants dans les années 90 serait-elle passée aux oubliettes pour notre ancien leader des années 90 ? NON Aaron, « l’hydre du tribalisme, celui qui fait système si profondément avec le destin politique de Paul Biya » n’a pas été mis en lumière qu’avec les tribulations de Patrice NGANANG, nos ambassades et consulats à l’étranger ne sont pas fréquentés uniquement par ton ami et crois nous, nous le vivons tous mal, originaires d’autres tribus, lorsque nos compatriotes du Sud partagent un comptoir où les femmes parlent toutes la même langue de notre pays plurilinguistique et vous regardent à peine lorsqu’elles vous prennent le dossier dont les éléments sont à vérifier. Ton ami est sans doute ton héros, mais, n’oublions pas nos souffrances qui sont identiques. Et, si dans le cas de ton ami, dont les officiers connaissent de par nos patronymes les origines tribales, dans d’autres cas, le locataire des lieux où devrait se tenir la remise du prix Bibi NGOTA est en plus embarqué et interrogé pour avoir tout simplement fait une banale affaire commerciale qui consiste à louer à une organisation pourchassée par la tyrannie locale . Je refuse cette Bamiphobie qui attribuerait involontairement à tous les Kamerunais la haine du Bamiléké, car, je ne serai pas l’enfant de mon père et de ma mère qui viennent des horizons différents dans notre pays comme tant d’autres compatriotes qui sont des parents de nos différentes régions y compris les Bamilékés. Je refuse cette ignorance de certains de ma propre fille, mes neveux et nièces, comme de mes belles tantes et beaux oncles. Il y a bien une quadrature du cercle hantée par ce que tu nommes ailleurs, l’aujoulatisme et qui ne serait pas uniquement Bamiphobe. MARAFA n’a-t-il pas déclaré que BIYA ne voulait pas de Jean-Jacques EKINDI comme député en 2007 ? La candidature du feu Docteur Samuel MACK-KIT n’a-t-elle pas été rejetée en 2004 ? « FANON », je ne comprends pas pourquoi tu fais l’économie de tes compétences et de tes capacités pour un sursaut dans une vision plus large entre la conservation du pouvoir opposée à l’alternative véritable pour un changement pour le partage des richesses nationales, et tu te réduis au tribalisme Bamiphobe dans une approche qui reste répulsive et réductrice qui pourrait créer des rejets des uns et des frustrations des autres, ou alors l’indifférence d’une part et l’agressivité d’autre part. Tu es capable de faire une démonstration qui irait au-delà, et je t’ai lu par ailleurs, nous, patriotes avons besoin globalement de toi avec tes réelles et véritables compétences.

Les Bantoustans ont été érigés et entretenus pour séparer afin de bien régner, il n’y a rien de pusillanime dans la démarche d’après la guerre entre les occidentaux dans les années 40 du siècle précédent, tout a été fait par les nôtres pour que le Kamerun soit réunifié et indépendant avec comme vision l’élévation du standard de vie de nos populations. L’équilibre régional, est le résultat du processus que tu ne nommes qu’une seule fois dans ton texte, il est le fondement de la philosophie caricaturale du Gaullisme qui a tout écrasé pour ouvrir à Ahmadou Ahidjo un boulevard sans aucune contestation. Et par analogie, c’est le même boulevard que Paul BIYA et les siens qui ne sont pas uniquement membres du G-BULU pour reprendre une expression chère à Enoh MEYOMESSE, tentent de nous imposer aujourd’hui dans une loi inique en prétendant nous protéger de BOKO HARAM, groupuscule dont les ramifications multiples tentent de profiter du vide sécuritaire et économique crée par le RENOUVEAU dans le septentrion. Non (Frantz FANON), cher Aaron NGOMO, en 1992, par le travail auquel votre jeunesse a contribué, un anglo-bami a porté victorieusement le vote de notre peuple contre un paresseux qui a fini par recourir à la force des armes, alors que la même rengaine nous était déjà contée.

Les faux fuyants dans la république bananière que tu as si bien nommé KAFKAVILLE ne datent pas d’aujourd’hui, dans les actes de naissance depuis la colonisation jusqu’aux héritiers de l’AUJOULATISME, la mention race figurait en bonne place sur nos actes de naissance et nos cartes d’identité nationales. En 1976, les arrestations dont ont été victimes les compatriotes comme NOUK BASSOMB, MOUEN GASPARD, EBELLE TOBBO ou EKAMBI DIBONGUE, Le Docteur André MOUNE , NGALLE Ruthy (sortie paraplégique des tortures), BEDIMO, MAKOLLE etc sans parler de la deuxième vague des années 80 où l’on trouvait Henriette EKWE, feu Pierre ABANDA KPAMA, BOUM Jean-Pierre, DIKOUME MBONJO, Basile LOUKA, Alexis NDEMA NSAME et encore plus proche de nous les personnes comme Anicet EKANE, YONDO MADENGUE, encore Henriette EKWE, Jean-Michel TEKAM, sans compter les patriotes anglophones, font partie de cette « complomanie » qui a un nom, l’AUJOULATISME qui ne saurait être réducteur que chez ceux qu’on nomme les BAMILEKES. « La république bananière incapable de tenir ses promesses d’égalité » et qui est caractérisée par une cleptomanie inégalée de tous ceux qui sont les suppôts du système AUJOULATISTE, comme MENDO ZE, MARAFA, ABAH ABAH, Paul ATANGA NJI, BAPES BAPES, Chief INONI, MEBE NGOH, FAME NDONGO, Laurent ESSO, BOUBA BELLO, Joseph OWONA, Iya MOHAMMED, MOUKOKO MBONJO et bien d’autres sans citer le cleptomane en chef qui vient d’enterrer sa belle-mère hors du village de l’époux. Dans notre enfance, on nous parlait de race. Le Duala et le Bafoussam n’étaient pas de même race, c’est votre Histoire, nous devons vous la transmettre. Aujourd’hui, on vous demande de décliner votre « coutume. » Les stigmates du colonialisme ne disparaîtront qu’avec des hommes et des femmes dotés d’une culture que prônaient Ruben Um NYOBE, Roland Félix MOUMIE, KEGNE Abel et Ernest OUANDIE. Nous avons devant nous, à nos pieds, les éléments de construction de notre patriotisme, et, mon cher Aaron, jeune frère, aussi intelligent que tu sois, si tu ne t’ accroches pas au passé qui nous a été légué et que les paresseux tentent de nous faire oublier, comme ton ami NGANANG, tu finiras « comme par effraction et condescendance » par dire « BAGANGTE » ou Duala, ou « Bulu », ou « KIRDI » ou « Banen ». Parce que NGANANG, ayant compris le jeu stupide auquel il était contraint, aurait dit « KAMERUNAIS », avec K et U pour faire comme Ernest OUANDIE qui avait choisi d’être fusillé en public sans bandeau à Bafoussam afin que la jeunesse de notre temps garde dans la lueur de ses yeux, le crime de Ahmadou Ahidjo contre le peuple que nous constituions. Malheureusement, NGANANG a prêté le flanc à la « complomanie » à combattre. La magistrature suprême n’est pas seulement interdite aux Bamilékés, mais à tous ceux qui aspirent au changement véritable, à une alternative réelle.

Le dernier point sur lequel nous divergeons est « cet axe nord-sud dit Aujoulatiste ». Revenons sur notre Histoire récente et faisons honneur aux hommes comme Alexandre BEYIDI et Abel EYINGA, je ne tente pas de remonter à Léonard MBOULI qui sont des Hommes du Sud opposés au camp de AUJOULAT. Ils étaient bien du Sud, mais pourchassés comme les Bamilékés et bien d’autres. « FANON », je sais que tu lis énormément, tu as sans aucun doute lu l’Historien Simon NKEN dans son second et dernier ouvrage consacré à Louis-Paul Aujoulat. La notion d’axe nord-sud est une invention qui intervient après son retour en Europe. Si, les personnages comme FOUDA et autres avaient refusé l’offre de Um, pour celle d’Aujoulat, André-Marie MBIDA était le personnage principal du Sud qui renversa Aujoulat qui pour se venger, avait choisi Ahidjo, Homme du Nord qu’il considérait plus malléable. C’est d’ailleurs ce que fit Ahidjo pour choisir Paul BIYA, qu’il croyait manipuler en gardant le parti l’UNC devenu RDPC après son éviction. A Neuilly/Seine en 1991, j’ai eu la chance de rencontrer Madame Germaine AHIDJO, qui s’était exclamé en écoutant mon nom : « ELONG ». Mon fils, es-tu de NKONGSAMBA ? Cet exemple pour affirmer que le choix de BIYA par Ahidjo n’avait rien d’un axe prédéterminé par AUJOULAT. Le choix de Madame Ahidjo était porté sur Feu Samuel EBOUA et elle ne s’en cache pas. C’est son feu mari qui a choisi la calamité qui s’agrippe aujourd’hui au pouvoir. J’apprendrai plus tard, que pour taire ceux qui contestaient Ahmadou AHIDJO dans le camp Aujoulatiste, les millions de CFA furent distribués à tour de bras et la tentative d’approcher les patriotes du camp indépendantiste comme le Docteur MOUMIE ou Um à qui l’on ne proposait pas uniquement les millions pour se taire, échoua.

La quadrature du cercle est AUJOULATISTE et s’oppose à la vision du Bassa Um NYOBE, du Bamoun Roland Félix MOUMIE, du Bamiléké Ouandié ou des Béti feu Abel EYINGA, et feu Alexandre BIYIDI. La manipulation de la tribu comme simple arme d’exécution des tâches subalternes pour exacerber les différences entre les citoyens grugés ne doivent pas nous empêcher de différencier l’arbre de la forêt qu’elle cache.

EMEH ELONG
Membre du FRONT UNI POUR UNE ALTERNATIVE AU CAMEROUN
Membre Du CODE
Président de la section de France de l’UPC.



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