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26
nove
2014

Le surpoids responsable de 500.000 cancers par an dans le monde

Les pays riches sont les plus affectés, et les femmes davantage que les hommes.

Un demi-million de nouveaux cancers diagnostiqués chaque année dans le monde seraient dus au surpoids ou à l’obésité. Telle est la conclusion d’une étude publiée dans la revue « Lancet Oncology » par des chercheurs du Centre international de recherche sur le cancer (Circ), à Lyon.

Menés par Melina Arnold, sous la direction de Isabelle Soerjomataram, ils ont estimé le nombre de nouveaux cancers dus au surpoids ou à l’obésité. L’étude a mis en parallèle la répartition des indices de masse corporelle dans la population mondiale en 2002 avec des estimations de l’incidence et la mortalité de 27 cancers dix ans après, en 2012. L’équipe a aussi calculé la proportion de cancers qui auraient pu être évités si la population avait maintenu son poids de 1982.

Surtout dans les pays riches

L’écart de dix ans entre les deux registres étudiés est nécessaire pour évaluer le risque de développer une maladie comme le cancer. « Le risque est souvent décalé dans le temps, et être trop gros aujourd’hui n’augmente pas le risque de se voir diagnostiquer un cancer aujourd’hui », explique Catherine Hill, épidémiologiste à l’Institut Gustave-Roussy.

Selon l’étude, 3,6 % des nouveaux cas de cancers chez les plus de 30 ans seraient imputables à l’excès de poids, avec une incidence beaucoup plus importante dans les pays riches que dans les pays pauvres : 64 % des cancers liés au surpoids, selon les auteurs, sont ainsi diagnostiqués en Amérique du Nord et en Europe. Les femmes sont par ailleurs davantage concernées que les hommes, en particulier dans les pays riches où 8 % des nouveaux cancers seraient chez elles dus au surpoids, contre « seulement » 3 % chez ces messieurs. « Cela s’explique assez simplement, précise Catherine Hill, parce que les localisations tumorales dans lesquelles le surpoids joue un rôle concernent davantage les femmes. »

Les cancers favorisés par le surpoids sont les tumeurs de l’œsophage, colorectales, du rein, du pancréas, de la vésicule biliaire (chez les femmes), ainsi que les cancers du sein postménopause, du corps de l’utérus et des ovaires.

Un rôle difficile à élucider

Le surpoids est défini à partir de l’indice de masse corporelle (IMC), soit le poids en kilogrammes divisé par la taille (en mètre) au carré. Si l’IMC est égal ou supérieur à 25 on est en surpoids, à partir de 30 on est obèse. Ainsi, un adulte de 1,75 m sera considéré en surpoids s’il pèse plus de 77 kg, et obèse à partir de 92 kg. Dans le monde, l’obésité a doublé depuis 1980 et concernerait aujourd’hui un peu plus de femmes (300 millions) que d’hommes (200 millions). Quant au surpoids, il concernerait 1,4 milliards d’adultes de plus de 20 ans, soit 35 % d’entre eux.

Si le rôle de l’excès de poids dans certains cancers est indiscutable, il est en revanche plus difficile de l’expliquer, notamment parce que le surpoids est souvent accompagné d’autres facteurs de risques comportementaux ou environnementaux. Par ailleurs, ajoute Catherine Hill, « on ne sait pas, ajoute si c’est le poids maximum atteint qui joue, ou le temps passé en étant obèse. »

Le tabac, toujours le premier facteur de risque

Les spécialistes soupçonnent en particulier trois mécanismes : un excès d’hormones sécrétées par les tissus adipeux, des problèmes d’inflammation chronique, et des facteurs mécaniques favorisés par le surpoids (par exemple, le reflux gastro-œsophagien qui serait impliqué dans l’apparition d’un cancer de l’estomac). Par ailleurs, l’obésité semble aggraver le pronostic, avec un retard de diagnostic et des traitements pas toujours adapté au poids du patient, les nouveaux médicaments étant testés sur des personnes de corpulence normale.

Reste que si l’obésité est un facteur de risque important de cancer, il augmente surtout la mortalité cardio-vasculaire, rappelle Benjamin Cairns (Université d’Oxford) dans un commentaire publié par le Lancet Oncology au côté de l’étude du Circ. Quant aux facteurs favorisant le cancer, le tabac, suivi par l’alcool, tiennent encore largement la corde : chaque année en France, le tabac serait responsable de, 30 % des décès par cancer. Soit 44 000 morts.

Source : Le Figaro Santé



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