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4
juil
2016

Les entreprises se bousculent déjà à Téhéran

L’Iran constitue un marché de 80 millions de consommateurs qui s’ouvre aux investissements étrangers.

La perspective d’une levée des sanctions contre l’Iran, après l’accord conclu en juillet, stimulait déjà depuis plusieurs mois l’appétit pour ce marché de 80 millions de consommateurs. Asphyxiée depuis des années, cette puissance régionale a besoin des investissements étrangers pour moderniser ses infrastructures, réduire le poids de l’État dans une économie épuisée par les sanctions, la récession, la chute des prix du pétrole, le chômage et l’hyper-inflation. « L’accord nucléaire est une opportunité que nous devrions utiliser pour développer le pays, améliorer le bien-être de la nation et créer stabilité et sécurité dans la région » a déclaré le président iranien, Hassan Rohani.

D’ici à la fin du mois, il a prévu une tournée en Italie puis en France qui pourrait s’avérer fructueuse pour plusieurs entreprises. Airbus pourrait bien en être un des premiers bénéficiaires : samedi, en prévision de cette levée des sanctions, Abbas Akhoundi, ministre iranien des Transports, a d’ores et déjà annoncé l’achat de 114 avions civils, au constructeur européen. Cette possibilité avait été évoquée en novembre par Hassan Rohani, avant sa visite en France, annulée au dernier moment en raison des attentats de Paris. L’Iran a un besoin urgent de renouveler et moderniser sa flotte vieillissante. Celle-ci est estimée à seulement 160 appareils, un faible nombre au regard des besoins. Elle est principalement composée, outre une soixantaine d’Airbus, de Boeing de plus de 35 ans d’âge, dont certains seraient cloués au sol. « Nous avons pris des contacts, oui. C’est potentiellement un gros marché pour Airbus et ses concurrents » déclarait récemment Fabrice Brégier, PDG du groupe. Selon la direction de l’aviation civile iranienne, les compagnies aériennes nationales sont prêtes à acheter entre 400 et 500 avions neufs dans les dix ans à venir. Mais la concurrence risque d’être rude et ce quels que soient les secteurs d’activité. En effet, depuis juillet, plusieurs pays ont dépêché des délégations politiques et commerciales, pour tenter de reconquérir le terrain perdu au profit des émergents (Chine, Turquie) et de la Russie.

En septembre, une délégation du Medef composée de 130 entrepreneurs, où tous les secteurs étaient représentés, de l’agroalimentaire aux infrastructures, s’était rendue à Téhéran et Macchad, deuxième ville du pays. La fédération du commerce extérieur allemande BGA, estime, quant à elle, qu’il sera difficile à l’Allemagne de redevenir le premier partenaire de l’Iran car les Chinois en ont profité pour s’engouffrer dans la brèche. L’Allemagne espère néanmoins exporter vers l’Iran entre 5 et 10 milliards d’euros dans les années qui viennent, notamment avec les machines-outils. Le ministre de l’Économie Sigmar Gabriel a annoncé dimanche qu’il serait sur place début mai pour hâter le processus.

Problème du financement

Dans l’automobile, les Français sont bien placés. Renault négocie une prise de participation minoritaire au capital de l’entreprise publique Pars Khodro. « Oui l’Iran est un marché très prometteur. Il représente plus d’un million de voitures, avec un potentiel de 1,5 à deux millions », a reconnu le PDG de Renault, Carlos Ghosn, en marge du salon automobile de Detroit. Le renforcement du partenariat de Renault avec le groupe Saipa Pars Khodro devrait être annoncé lors de la visite de Rohani, au cours de laquelle « de nombreuses lettres d’intention seront signées » selon un homme d’affaires à Téhéran. PSA pourrait aussi renouer son partenariat historique avec le même Khodro, malgré un départ d’Iran en 2012 qui avait irrité les autorités. Ces derniers mois, les entreprises françaises intéressées par le marché iranien s’inquiétaient du problème du financement.

Les Américains interdisant toute transaction financière avec l’Iran, les entreprises se demandaient comment elles allaient emprunter pour financer des projets en Iran, ou tout simplement recevoir l’argent de leurs clients iraniens. Le retrait officiel des sanctions, ce week-end, lève partiellement ces doutes.

Source : Le Figaro



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