L'article

23
mai
2016

Les présidents vivent-ils moins longtemps ?

Être élu à la tête d’un pays raccourcirait la durée de vie par rapport à la population générale.

Dans son édition de Noël qui offre son traditionnel lot d’études humoristiques ou insolites, The British Medical Journal (BMJ) a retenu une étude américaine originale qui compare l’espérance de vie de 279 dirigeants élus à la tête de 17 pays à celle de 261 candidats ayant échoué à accéder au pouvoir.

En pondérant les données avec différents facteurs (sexe, âge, espérance de vie au moment de la dernière élection...), les chercheurs sont parvenus à la conclusion que les dirigeants élus entre 1722 et 2015 avaient vécu en moyenne 2,7 ans de moins que leurs adversaires malheureux. Les auteurs de l’étude en concluent que les vainqueurs des élections « peuvent effectivement vieillir plus rapidement » et qu’ils « ont une mortalité accélérée par comparaison aux candidats non élus ».

Les résultats de l’étude ne doivent toutefois pas être extrapolés, avertissent les chercheurs, dans la mesure où leur travail porte quasiment exclusivement sur des pays européens, ainsi que sur les États-Unis et le Canada. Ils relèvent également que les modalités de scrutin sont différentes selon les pays et qu’elles ont évolué au fil du temps.

Une autre étude concentrée sur l’espérance de vie des présidents américains avait, à l’inverse, conclu à un effet positif du pouvoir sur la longévité. Les résultats publiés en 2011 montraient que 23 des 34 présidents décédés de mort naturelle ont vécu plus longtemps que l’espérance de vie moyenne.

Les députés britanniques mieux lotis

Dans une autre étude également publiée dans the BMJ, des chercheurs britanniques se sont intéressés cette fois à la mortalité de près de 5000 membres du Parlement britannique (Members of Parliament, MPs), entre 1945 et 2011. Ils ont découvert que le taux de mortalité des parlementaires était inférieur de 28% à celui de la population générale, voire de 37% lorsqu’il s’agissait uniquement des Lords, les parlementaires britanniques nommés à vie par la reine sur proposition du Premier ministre. Plus étonnant, l’écart d’espérance de vie entre la population et les parlementaires s’est sensiblement accrue au cours de la période étudiée, avec une stabilisation à partir des années 2000.

Lorsque l’on s’intéresse à l’appartenance partisane des uns et des autres, les parlementaires conservateurs sont les plus favorisés, même si leur longévité accrue peut, selon les chercheurs, s’expliquer par d’autres facteurs comme un niveau d’éducation ou socio-économique plus élevé. Les auteurs en concluent avec une ironie toute britannique que « les inégalités sociales se portent bien parmi les parlementaires britanniques et qu’au moins en termes de mortalité, les MPs n’ont jamais été aussi bien lotis ».

Source : Le Figaro Santé



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