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25
nove
2014

Malnutrition : l’industrie alimentaire incriminée par l’OMS

L’OMS et l’organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) ont mis en cause ce mercredi un système alimentaire mondial trop industrialisé, qui favoriserait l’obésité tout en étant incapable d’éradiquer les problèmes de sous-alimentation.

« Une partie de notre monde meurt de faim pendant que l’autre partie se gave jusqu’à l’obésité. L’industrialisation croissante du système alimentaire mondial y est pour quelque chose. » C’est avec ces mots que Margaret Chan, directrice générale de l’organisation mondiale de la santé (OMS), a ouvert la deuxième conférence internationale sur la nutrition (CIN2) qui se déroulait de mercredi à vendredi au siège de l’organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) à Rome.

500 millions d’adultes en surpoids

Au cœur des débats : le thème de la malnutrition. Les dirigeants ont évoqué le problème de la sous-alimentation, qui toucheraient 805 millions de personnes dans le monde parmi lesquelles 161 millions d’enfants, d’après les chiffres avancés par la FAO. Mais ce sont surtout les 500 millions d’adultes et 42 millions d’enfants en surpoids qui ont mobilisé l’attention des 172 pays présents à la conférence.

Parmi les responsables désignés par l’OMS, l’industrie alimentaire se place en première ligne. « Le système alimentaire mondial ne fonctionne plus, à cause de sa dépendance à une production industrialisée de nourriture toujours moins chère et mauvaise pour la santé », a expliqué Margaret Chan. Dans un monde toujours plus régit par la vitesse, les gens n’avaient plus le temps de cuisiner, d’où la présence de plus en plus massive de nourriture industrielle dans nos assiettes, a précisé la directrice de l’OMS. « Il faut aider les industries à préparer des plats moins gras, moins sucrés, moins salés, et à les rendre appétissants », a-t-elle ajouté.

Soixante recommandations

« Les pays du monde ont la créativité nécessaire pour travailler avec la société civile, la communauté scientifique et le secteur privé pour trouver les bonnes solutions », a assuré Mme Chan. C’est dans cette optique que les représentants des 172 pays ont adopté la Déclaration de Rome sur la nutrition et établit un ensemble de 60 recommandations pour lutter contre la sous-alimentation, les carences alimentaires et l’obésité. Les états s’y engagent à « éliminer la faim à l’échelle mondiale et à prévenir toute forme de malnutrition » ainsi qu’à « investir davantage » dans une nutrition correcte, avec un effort particulier envers les enfants et les mères. Concernant les méfaits de l’obésité, les recommandations portent sur la publicité ou encore les excès de matières grasses, de sucre et de sel.

« Il y a déjà assez de nourriture pour que tout le monde mange correctement, et nous pouvons devenir la génération qui aura relégué la faim et la malnutrition dans l’histoire », a insisté José Graziano da Silva, directeur général de la FAO.

Le Pape en guest star

Outre les ministres et autres hauts représentants d’États, la CIN2 a accueilli de nombreux invités d’honneur parmi lesquels la reine Letizia d’Espagne, le roi du Lesotho Letsie III, Melinda Gates ou encore l’économiste Jeffrey Sachs.

Mais l’intervention la plus attendue était celle du Pape François ce jeudi qui, à grand renfort de formules chocs, a tenu à soulever le problème des lobbys alimentaires qui bloqueraient selon lui la lutte contre la faim dans le monde. Il a par ailleurs encouragé la collaboration entre États, organisations internationales, société civile, monde agricole et monde de l’entreprise pour réfléchir aux politiques alimentaires.

Source : Le Figaro Santé



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