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25
nove
2015

Mettre un terme aux pipis au lit

L’énurésie concerne 10% des enfants de 5 à 10 ans mais il existe des armes efficaces : la modification de certaines habitudes et une prise en charge médicamenteuse.

Quand un enfant fait régulièrement pipi au lit, c’est toute la famille qui en pâtit : le petit qui dort mal et se sent humilié, les parents réveillés en pleine nuit et qui se demandent ce qui ne va pas chez leur progéniture. Des recherches ont montré que l’énurésie (le nom savant du pipi au lit) a tendance à disparaître spontanément, avec un taux de guérison de l’ordre de 15 % par an. Mais cela ne doit pas inciter à « laisser faire » car une prise en charge améliorera le confort de tous et accélérera la sortie de crise.

L’énurésie isolée, c’est-à-dire celle qui n’est pas liée à une autre maladie, touche 9% des enfants de 5 à 10 ans, selon une étude Sofres-Médical. Et 1% des adultes connaîtraient au moins une fuite nocturne par mois !

On a tendance à penser que ces accidents sont le fruit d’un trouble psychologique - un déménagement, le divorce des parents, la perte d’un membre de la famille… « En réalité, ce choc psychologique va seulement révéler une dysfonction préexistante de la vessie, explique le Pr Étienne Bérard, spécialiste des troubles de la miction au CHU de Nice. Il faut certes rassurer l’enfant sur ses angoisses mais cela ne suffit pas et il faut explorer les causes physiologiques sans quoi le problème reviendra plus tard, potentiellement à l’âge adulte ».

Pas de boissons en soirée

La modification de certaines habitudes au quotidien peut déjà réduire les « accidents ». C’est d’ailleurs par-là que commencent les spécialistes lors des consultations. Leurs conseils sont simples : il faut faire boire l’enfant suffisamment pour son âge (45 à 60 ml/kg/jour) mais en insistant sur l’hydratation matinale (un tiers du total de la journée) et en limitant au maximum les boissons après 18 heures. Lui apprendre à aller régulièrement aux toilettes à chaque récréation, même s’il n’a pas envie, pour s’habituer à contrôler sa vessie. Mieux vaut aussi privilégier les eaux peu minéralisées et éviter en fin de journée les boissons sucrées et le lait qui augmentent la production d’urine. « Ce sont de petits gestes mais qui peuvent déjà faire beaucoup », souligne le Dr Christian Castagnola, vice-président de l’Association française d’urologie. Attention aussi à vérifier que l’enfant n’est pas constipé et ne souffre pas d’irritations sur les parties génitales.

Si malgré cela, le pipi au lit perdure, il est recommandé de s’adresser à un pédiatre ou un urologue spécialiste de ces questions. Outre un rappel des règles citées plus haut, le médecin réalisera un examen clinique et s’assurera que l’enfant ne souffre pas non plus d’apnée du sommeil ou de problèmes ORL qui gênent sa respiration la nuit , car la rétention de dioxyde de carbone induite entraîne une surproduction d’urine.

Médicaments

Le spécialiste pourra s’appuyer dans sa prise en charge sur deux types de traitements, selon le trouble qu’il perçoit. La desmopressine, qui se présente sous forme de comprimés à faire fondre sous la langue, est une hormone qui réduit la production d’urine la nuit. « Le traitement dure au minimum 3 mois, et l’on peut augmenter les doses. Par la suite, on fait des pauses régulières pour voir si le problème persiste sans le médicament », explique le Dr Castagnola. Cela permet de résoudre le problème d’énurésie dans 60 à 70% des cas, indique l’Association française d’urologie dans ses recommandations publiées en 2010.

Les enfants auxquels la desmopressine ne suffit pas peuvent présenter une vessie trop petite. C’est le cas d’environ 30% des enfants qui consultent. La prescription d’oxybutynine visera alors à favoriser le remplissage de la vessie en diminuant ses contractions. Détecteur d’humidité

Une autre option, mécanique celle-là, est destinée plus particulièrement aux enfants dont le sommeil est tellement lourd qu’ils ne se réveillent pas quand leur vessie se vide. Elle consiste à glisser un détecteur d’humidité dans leur couche/le sous-vêtement, qui émettra une alarme sonore dès les premières gouttes d’urine afin de conditionner l’enfant. « C’est très utilisé dans les pays anglo-saxons, où cela donne des résultats intéressants », note le Pr Bérard. En France, on lui préfère la desmopressine qui dispose d’une autorisation de mise sur le marché pour l’énurésie. « Concernant l’alarme, il faut quand même prévenir les parents que pendant le premier mois, leur enfant ne se réveillera pas au son de l’alarme, alors qu’eux, si », souligne le Pr Bérard.

Enfin, récemment, des chercheurs égyptiens ont testé l’application d’un champ magnétique dans le bas du dos chez des enfants souffrant d’énurésie. La thérapie consistait en une dizaine de séances de stimulation magnétique indolores, réparties sur 2 semaines. Sur les 44 participants, la moitié a reçu le traitement tandis que l’équipe médicale faisait seulement croire aux autres qu’ils l’avaient reçu. Un mois après la thérapie, l’énurésie avait disparu dans le groupe traité, mais avait réapparu dans le groupe placebo. Toutefois, les résultats de cette étude restent à confirmer par des expériences de plus grande ampleur.

Source : Le Figaro Santé



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