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13
déce
2014

Museveni appelle les africains à quitter la CPI

Le président ougandais Yoweri Museveni a déclaré vendredi qu’il initie une démarche pour amener les africains à se retrirer de la Cour Pénale Internationale qu’il a accusée de déstabiliser les Etats africains.

Le président ougandais est vent debout contre la Cour pénale internationale. Lors d’une déclaration à Nairobi, à l’occasion des 51 ans de l’indépendance du Kenya, Yoweri Museveni a promis vendredi 12 décembre de mobiliser ses pairs africains contre la CPI, qu’il définit comme « un outil mis en place pour viser le continent ». Il s’exprimait aux côtés de son homologue kényan Uhuru Kenyatta, contre lequel la Cour a décidé d’abandonner les poursuites le 5 décembre dernier.

Le président ougandais a décidé de passer à l’action. Fin janvier 2015, au prochain sommet de l’Union africaine (UA), il déposera une motion pour que tous les Etats africains se retirent de la Cour pénale internationale (CPI). L’argument avancé par Yoweri Mueveni pour expliquer ce changement de cap est la partialité de la Cour, qui a selon lui été utilisée par les Occidentaux comme un « outil » pour « viser » l’Afrique, et même pour « pour déstabiliser les Etats africains », ajoute-t-il. Et de prendre en exemple le cas du président du Kenya Uhuru Kenyatta, poursuivi alors qu’il était en poste, et finalement libéré de toute procédure le 5 décembre.

Yoweri Mueveni y voit le signe d’une forme d’irresponsabilité de la CPI. Mais le président ougandais n’est pas le premier à fustiger la Cour pénale internationale. Il est déjà arrivé que l’Union africaine accuse la CPI de « racisme ». Il y a un an, l’UA avait même demandé officiellement une suspension du procès des deux dirigeants kényans poursuivis, requête finalement rejetée par les Nations unies. Le continent reste cependant divisé sur le sujet. Les débats au sein de l’Union africaine l’ont déjà montré, et rien ne dit que les 34 Etats d’Afrique qui ont soutenu la création de la CPI soient prêts à faire front commun contre l’institution internationale.

"Je déposerai une motion à la prochaine réunion de l’Union africaine (UA) pour que tous les Etats africains se retirent de la Cour. Ils pourront ainsi se débrouiller avec leur propre Cour", a indiqué Museveni applaudi par l’assistance.

"La CPI déstabilise les Etats africains. Nous leur avons dit d’attendre la fin de mandat de Kenyatta et Ruto avant de les juger, ils ont refusé", a ajouté plus loin M. Museveni, parlant aux côtés de M. Kenyatta. "Et maintenant, regardez, ils ont retiré les accusations portées contre M. Kenyatta".

Le président kényan, qui s’était réjoui d’être "innocenté" par la CPI, était soupçonné de crimes contre l’humanité pour son rôle présumé dans les violences postélectorales de fin 2007-début 2008 au Kenya, qui avaient fait plus de 1.000 morts et 600.000 déplacés. Les procédures engagées contre le vice-président kényan, William Ruto, poursuivi devant la CPI pour des accusations similaires, continuent.

L’UA a par le passé accusé la CPI de "racisme", affirmant qu’elle s’en prenait en priorité aux Africains. Fin 2013, elle avait demandé une suspension du procès des dirigeants kényans, une requête rejetée par l’ONU. L’Union africaine doit tenir son prochain sommet les 30 et 31 janvier dans ses quartiers généraux de la capitale éthiopienne, Addis Abeba.

34 pays africains comptent parmi les 122 Etats qui ont ratifié le traité fondateur de la CPI, et un retrait africain de la Cour pourrait sérieusement miner le crédit de l’institution.

Source : RFI et la Voix de l’amérique



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