L'article

10
août
2009

Musique : Le charme de Nyamè opère

Avec Valsero et X-Maleya, le chouchou du makossa a séduit un public majoritairement composé d’adolescents. Un titre et ils étaient tous conquis ! Reprenant en chœur le refrain de ce titre qui les fait vibrer depuis plusieurs mois déjà, " pardon madame ouvre moi la porte… ", de Hugo Nyamè, la nouvelle coqueluche du Makossa, les personnes ayant effectué le déplacement du palais polyvalent des sports de Yaoundé où l’artiste se produisait vendredi dernier dissimulaient mal leur plaisir.

Ses éternelles lunettes noires accrochées sur le bout du nez, dreadlocks fièrement dressés sur le crâne, le chanteur, malgré la prestation en play-back, a donné à entendre à ce cher public venu le voir jouer, mais surtout, venu le juger sur scène, comme c’est le cas de Corine Melingui, 19 ans et vient d’avoir son Bac D.

Surexcitée dans sa petite culotte noire, son bustier vert citron et une greffe multicolore tissée sur ses cheveux, l’adolescente confie candidement : "Il chante trop bien et il est trop beau. C’est pour quoi je tenais absolument à être là aujourd’hui étant donné que ce n’est pas tous les jours qu’il vient en spectacle à Yaoundé et que aller le voir à Douala est un peu compliqué pour moi." Comme plusieurs admirateurs donc, la jeune fille, après cette première chanson de l’artiste va quitter la salle, ravie. Les trois heures d’attente passées dans une salle de spectacle où les techniciens n’affairaient encore à l’heure annoncée pour le spectacle (18h) ont vite été oubliées.

C’est que le plaisir a été intense pour ce public jeune, pour la plupart, qui avant le passage de la tête d’affiche de ce vendredi, a accompagné avec plaisir le groupe X-Maleya tout droit venu de Brazzaville, la capitale congolaise où ils ont assisté à la 7ème édition du festival panafricain de musique (Fespam). Alors qu’hystériques, des adolescentes tiraient vers elles les jeunes chanteurs comme pour les garder pour elles toutes seules, les jeunes hommes eux, se contentaient de chanter à tue-tête, le visage illuminé et la paume des mains rouge d’avoir autant applaudi. "C’est géant, ça change de les voir et de chanter avec eux. On a l’impression que c’est une nouvelle chanson qu’on est en train de chanter", lance Hervé Mam, visiblement heureux de partager ce moment qu’il dit "inoubliable". La chorégraphie montée par les musiciens pour l’occasion n’était pas étrangère à cette émotion perçue parmi le public.

Paul Biya

Et alors que jusque-là, les spectateurs sont restés assis à leur place le plus souvent, et ce malgré les appels incessants de Amah Pierrot, autre artiste invité de ce spectacle, qui a réussi à lever quelques-uns de leurs chaises, ça a été le délire à l’entrée de l’autre star du hip-hop, et nouvelle coqueluche de ces jeunes en jeans taille-basse et basket : Valsero. Criant leur plaisir de voir leur idole sur scène, ils n’ont pas manqué de l’accompagner. Reprenant les titres de son album "Politikement instable", ceux pour qui il dit que sa musique est pour "les jeunes ce qu’est une bible pour les chrétiens", le suivent dans tous les coins de la scène.

Alors que l’artiste entame son titre "ne me parlez plus du Cameroun", une cinquantaine de jeunes massés dans les gradins du palais des sports de Yaoundé reprend les paroles avec une euphorie qui laisserait croire que ce sont eux qui les ont écrites : "Il y a trop de trafic, corruption, vol, chômage, arnaque, gabegie […] Voilà de quoi est fait le vert rouge jaune. […] L’enfer c’est ici et pas ailleurs […] " Debout, ils accompagnent leur chanteur, les bras levés et ne résistent pas à l’envie d’aller avec lui "affronter" le président de la république quand le chanteur qui se présente comme un "camerounais sans avenir qui essaie de combattre le système" entame sa " lettre au président ".

Micro à bout de bras, il se poste devant la photo du président de la République installée dans la salle. C’est alors qu’une foule d’adolescents surexcités se masse atour de lui et l’accompagne dans son chant. Le portrait géant est pris d’assaut par quelques-uns. Il faudra que la sécurité intervienne pour calmer les ardeurs de ceux là qui commencent à donner de coups de poings enragés sur le portrait qui tangue dangereusement. Le passage d’autres jeunes artistes dont Ass la reine (du bikutsi) et " One love ", ancien lauréat du concours de la chanson Mützig viendra calmer les ardeurs et donner un nouveau souffle au spectacle qui se terminera dans les coups de une heure du matin. Malgré la fatigue, le public et les organisateurs (ets Ndame Nkouta) s’en iront, le regard brillant de joie pour l’un et satisfait d’avoir rempli la salle aux ¾ pour l’autre.

post scriptum :

Source : Quotidienmutations



repondre Réagir à cet article    

Les commentaires (0)

> L'ARTICLE EN IMAGE
> L'AUTEUR
> Audience
  • 181 visites
> Faire suivre l'info

ARTICLES SIMILAIRES


 
Administration