L'article

30
mai
2016

La nouvelle carte bancaire sécurisée

Plusieurs banques sont en train de tester la technologie ultra sécurisée du « cryptogramme dynamique » auprès de leurs clients. Une super carte bancaire plus chère à produire, dont les consommateurs espèrent ne pas avoir à payer la facture.

Aurons-nous bientôt une super carte bancaire dans notre portefeuille ? Depuis le mois d’octobre, BPCE expérimente une nouvelle technologie developpée par Oberthur Technologies, Motion Code, auprès de 1000 clients dans des agences Banque populaire et Caisse d’épargne. Dans la foulée, BNP Paribas a lancé le test de cette carte innovante auprès d’un millier de ses clients en France, suivi de la Société générale, depuis le 1er janvier 2016.

Cette solution remplace par un cryptogramme dynamique le fameux code statique à 3 chiffres situé au dos de la carte bancaire et utilisé pour valider un paiement en ligne. Concrètement, le code de sécurité, qui s’affiche sur un mini-écran, est régulièrement et automatiquement modifié. « Cette innovation limite fortement la possibilité d’usurpation du code de sécurité, que ce soit de visu ou lors d’achats en ligne. La carte devient dissuasive pour les fraudeurs », commente Nicolas Raffin, directeur du marketing et de l’innovation de l’activité technologies d’Oberthur Technologies, qui évoque une baisse de « 70 à 80% du nombre de fraudes », grâce à la technologie Motion Code. Le géant mondial de la carte à puce Gemalto fait également le pari du cryptogramme dynamique et a développé sa propre solution.

La fraude à la carte bancaire coûte très cher aux banques. Pour l’ensemble des cartes émises en France, le montant total de la fraude s’élevait à 395,6 millions d’euros en 2014, contre 376,6 millions en 2013, selon le dernier rapport de l’Observatoire de la sécurité des cartes de paiement. « Le traitement de chaque cas de fraude peut représenter un coût de 80 à 90 euros, entre les différentes étapes de la procédure avec le client, la réémission de la carte, son envoi », souligne Nicolas Raffin. Une facture qui risque de flamber, dans un contexte de croissance soutenue des paiements par carte en France, portés notamment par le e-commerce. Le montant de ces paiements atteignait 575,9 milliards d’euros en 2014, contre 549,2 milliards en 2013.

Qui paiera l’addition ?

La carte « anti-fraude » proposée par les fabricants a donc de quoi intéresser les banques. Reste à les convaincre de payer plus cher pour cette technologie. « Plus complexe, notre carte va en effet coûter plus cher que la carte bancaire traditionnelle », souligne le responsable d’Oberthur Technologies. Confiant, il espère malgré tout « une généralisation à grande échelle de la carte à cryptogramme dynamique en 2016 » en France, et sur d’autres marchés comme le Royaume-Uni. « Des contrats sont en cours de négociation un peu partout », assure-t-il.

Les banques restent plus prudentes sur une date de lancement. BNP Paribas estime qu’il est « trop tôt pour savoir s’il y aura un déploiement et quand ». « Ce test, qui cible tous les profils de clientèle, devrait se poursuivre jusqu’au printemps 2016 », précise de son côté le groupe BPCE. « Notre stratégie commerciale n’est pas encore arrêtée, car nous attendons les retours des clients à l’issue de ce test, sans doute dans la deuxième moitié de l’année. » BPCE affirme toutefois souhaiter que, si la super carte bancaire est déployée, « elle reste une carte accessible ». Seule la Société générale affiche sa volonté, à l’issue de l’expérimentation, de « commercialiser cette carte d’ici à la fin de l’année 2016 ». Si les modalités commerciales de la super carte ne sont pas « définies », la banque compte « la proposer au plus large public ». « Plus les clients la prendront, moins cette solution sera chère. »

Une chose est sûre : à l’autre bout de la chaîne, les consommateurs refuseront de payer l’addition, déjà échaudés par l’explosion des frais de tenue de compte ces derniers mois. « L’obligation de sécurité est intrinsèque à la carte », assénait récemment Serge Maître, secrétaire général de l’Association française des usagers des banques (AFUB), sur Europe 1. « C’est à la banque d’assurer la sécurité des moyens de paiement qu’elle met à notre disposition. »

Source : Le Figaro



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