L’ex-Sgpr, principal accusé dans le dossier, et l’ex-Adg de la Camair ont été salués par une salve d’applaudissements hier au tribunal.
C’est dans une ambiance de kermesse que s’est ouverte hier, lundi 16 juillet 2012, l’audience criminelle du Tgi du Mfoundi siégeant dans le cadre des malversations autour de l’acquisition de l’avion présidentiel. Pour répondre des faits de complicité en coaction de détournement de deniers publics et coaction de détournements de deniers publics, Marafa Hamidou Yaya, le principal accusé, Yves Michel Fotso et trois autres coaccusés dont Assene Nkou, en fuite à l’étranger, Chapus Jean Louis et Kounda Julienne. Seuls les deux premiers nommés et dame Kounda ont répondu présents à cette première audience dite de cadrage et qui s’est déclinée en deux temps forts.
Premier temps fort, l’arrivée des forces de l’ordre constituées d’une vingtaine d’élèves gendarmes qui débarquent autour de 11heures, heure à laquelle s’ouvrent les portes de la grande salle des audiences de la cour d’appel du Centre. La salle est aussitôt prise d’assaut par l’immense foule de curieux et autres sympathisants qui attendaient depuis les premières heures de la matinée. Une foule qui a commencé à se poser des questions sur la présence effective de celui qu’ils appellent « notre président » à ce procès.
Et c’est un ouf de soulagement qui parcoure la salle d’audience, déjà pleine comme un œuf, lorsque l’arrivée des deux accusés principaux accusés est annoncée depuis l’extérieur par une clameur qui met en branle toute la salle d’audience. Il est alors 12h45mn lorsque Marafa Amidou Yaya et Yves Michel Fotso sont accueillis par une salve d’applaudissements de la part de ceux qui attendent déjà depuis 9heures. Survient alors une ruée vers l’intérieur de la salle de tous ceux qui scrutaient depuis l’extérieur l’arrivée des « deux héros du jour ».
La trentaine de gendarmes éprouve tout le mal du monde à contenir tous ces sympathisants qui tiennent à tout prix à se frayer une place, même debout, à l’intérieur. Des caméras et des objectifs d’appareils photos crépitent et les flashes de tous ces appareils qui shootent à tout rompre les deux accusés illuminent une salle d’audience survoltée. Les remontrances de cet adjudant chef qui commande le piquet d’honneur ne sont pas assez expressives pour décourager la foule de photographes improvisés. Chacun veut avoir la photo de Marafa, même en se servant du téléphone portable.
Sympathisants
C’est sur ces entrefaites qu’un sympathisant survolté lance : « M. le Président, nous attendons la 5ème lettre » et qui répond par la suite à ceux qui lui demandent de se taire, sous peine d’interpellation : « C’est mon Président, je préfère qu’on m’arrête pour lui. Je suis venu le voir, j’ai abandonné mon travail pour cela ». Des propos immédiatement salués non seulement par des applaudissements nourris de la salle d’audience, mais aussi par un large sourire et un regard très approbateur et expressif du « Président » Marafa. S’en suivront pour les deux accusés des embrassades, congratulations, encouragements, poignets de mains et autres longs échanges avec des avocats ainsi que plusieurs proches.
C’est vers 14heures que le collège des trois juges fait son entrée dans la grande salle des audiences, sous la houlette du président du Tgi du Mfoundi en personne, Gilbert Schlick. A ses côtés, les juges Noah et Elong. A l’exception du dernier cité, c’est la même collégialité qui a acquitté, le 03 mai dernier, Jean Marie Atangana Mebara dans le cadre du même dossier, qui est reconduite. Après lecture de l’affaire inscrite au rôle, le président Schlick s’assure que les trois accusés présents devant la barre sont tous assistés. Il constate que des six accusés cités, trois sont présents et trois absents. Les lettres de constitution sont déposées. Ainsi l’on apprend que Marafa sera défendu par le Bâtonnier Monthe Patrice, Me Abdul Bagui et Barrister Ndiva Kofele.
Du côté de l’Etat, partie civile au procès, c’est maîtres Ngongo Ottou, Nomo Beyala, Yossa et Kamdem, entre autres, qui sont constitués. A la question du tribunal de savoir si les parties ont déjà communiqué réciproquement les listes des témoins, le Ministère public déclare qu’il a communiqué trois listes de témoins correspondant aux trois accusés présents devant la barre. Soit au total, précise le procureur Sooh, 14 témoins à faire comparaître.
Alors que les conseils des deux autres accusés renvoient la communication de leurs listes de témoins à la prochaine audience, motif pris de la consultation du dossier d’accusation, Me Monthe fait valoir que l’accusé Marafa n’entend citer aucun témoin. Sauf si, avise Me Bagui, l’on en éprouve la nécessité à l’occasion des témoins de l’accusation.
« Sur ce, déclare le président Schlick, nous remettons la cause sous huitaine, soit le mardi 24 juillet 2012, pour permettre à la défense de prendre connaissance du dossier d’accusation, communiquer la liste des témoins et pour que le tribunal auditionne les premiers témoins de l’accusation ».
Dès le mardi 24 juillet, précise le tribunal, les audiences, se dérouleront en session jusqu’à vendredi. En dépit de l’opposition véhémente de la défense qui entendait obtenir un renvoi à deux ou trois semaines, histoire de mieux s’imprégner du volumineux dossier d’accusation, c’est cette date qui sera finalement retenue par le tribunal, conforté en cela par les deux représentants du Ministère public qui entendent en découdre au plus vite pour ne plus être accusés de dilatoire.
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